Les responsables taliban et leurs partisans à Kaboul sont restés sourds à l’exigence du président Bush d’extrader dans les plus brefs délais Oussama Ben Laden en ce vendredi de prière. La réponse a été unanime à la mosquée Wazir Akbar Khan dans la capitale afghane. Elle a pris la forme d’un défi à l’Amérique. «Êtes-vous prêts pour le jihad (guerre sainte) ?». Le même cri a fusé immédiatement, répété par trois fois : «Oui nous le sommes !». Les cris d’«Allah u Akbar» (Allah est grand) n’ont cessé de retentir dans la mosquée, émaillant chaque intervention du mollah. «Le “moujahid Oussama” est un prétexte à leur hostilité à l’islam», a-t-il affirmé, parant l’homme le plus recherché du monde du qualificatif de «combattant de Dieu». Au Pakistan voisin, le représentant des taliban n’a pas dit autre chose. «Sans preuve, non», a catégoriquement répondu l’ambassadeur du régime des taliban à Islamabad, Abdul Salam Zaeef, lorsque des journalistes lui ont demandé si les taliban étaient prêts à remettre Ben Laden, recherché «mort ou vif» par les États-Unis après les attentats du 11 septembre à New York et à Washington. «Notre position à ce sujet est que si l’Amérique a des éléments et des preuves, elle doit les produire et nous sommes prêts au procès d’Oussama Ben Laden à la lumière» de ces informations, a dit M. Zaeef dans une conférence de presse. Il a estimé que l’édit des ulémas (théologiens musulmans), prononcé jeudi pour encourager Ben Laden à quitter l’Afghanistan de son plein gré, n’était qu’une «recommandation» et un «avis», précisant au passage que les chefs religieux afghans n’avaient fixé «aucune limite dans le temps» pour la mise en œuvre de leur décret. Plus tôt, dans une déclaration relayée par l’agence Afghan Islamic Press (AIP), proche des taliban et dont le siège est au Pakistan, M. Zaeef avait dit que remettre ben Laden à Washington ou le bouter hors d’Afghanistan serait «une insulte à l’islam et à la charia (loi islamique)». Après les déclarations de l’ambassadeur du régime des taliban au Pakistan, la Maison-Blanche a renouvelé ses exigences à la milice islamiste intégriste au pouvoir à Kaboul. «S’ils continuent à abriter des terroristes, le message du président est clair : vous serez défaits», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer. De son côté, un porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé que la reddition de Ben Laden n’est pas «négociable». Par ailleurs, les taliban ont franchi vendredi un nouveau pas dans l’isolement de leur pays en demandant aux Nations unies de suspendre toutes leurs communications entre Kaboul et le monde extérieur, a indiqué vendredi une porte-parole de l’Onu. «Les Nations unies ont diffusé une note verbale demandant aux autorités des taliban de n’autoriser qu’une radio haute fréquence dans chaque bureau de l’Onu pour poursuivre des opérations d’urgence», a-t-elle dit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les responsables taliban et leurs partisans à Kaboul sont restés sourds à l’exigence du président Bush d’extrader dans les plus brefs délais Oussama Ben Laden en ce vendredi de prière. La réponse a été unanime à la mosquée Wazir Akbar Khan dans la capitale afghane. Elle a pris la forme d’un défi à l’Amérique. «Êtes-vous prêts pour le jihad (guerre sainte) ?». Le même cri a fusé immédiatement, répété par trois fois : «Oui nous le sommes !». Les cris d’«Allah u Akbar» (Allah est grand) n’ont cessé de retentir dans la mosquée, émaillant chaque intervention du mollah. «Le “moujahid Oussama” est un prétexte à leur hostilité à l’islam», a-t-il affirmé, parant l’homme le plus recherché du monde du qualificatif de «combattant de Dieu». Au Pakistan voisin, le représentant des taliban...