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Actualités - Chronologies

Plusieurs pays arabes pourraient être la cible des Américains

Même si l’Afghanistan apparaît comme l’objectif principal, beaucoup de pays arabes ou musulmans risquent de devenir des cibles d’une guerre américaine contre le terrorisme, soulignent des analystes. L’Irak, la Somalie, le Soudan, la Libye et la Syrie pourraient avoir à faire face à des pressions diplomatiques et financières, et même à une action militaire dans les cinq prochaines années, lorsque les États-Unis auront terminé la première phase de leur campagne, selon ces experts. Le message qui sera adressé en lançant une campagne contre l’Afghanistan sera de coopérer avec les États-Unis et leurs alliés, ou de subir les conséquences d’une attitude contraire, estime Charles Heyman, ex-officier de l’armée britannique, qui collabore à l’annuaire Jane’s World Armies. «Si vous accueillez des terroristes internationaux, vous serez dans la ligne de mire, tel sera le message», a déclaré M. Heyman, contacté par téléphone du Caire à Shrewsbury, en Grande-Bretagne. Pour lui, l’Afghanistan constitue «certainement la phase numéro un» d’une campagne de cinq ans, dont une deuxième phase inclura le Soudan, la Somalie, l’Irak, ainsi que la Libye et la Syrie. Ces pays figurent parmi les 22 membres de la Ligue arabe et ont été accusés de liens avec les groupes islamistes armés, ces dernières années. Le Soudan a dénoncé à plusieurs reprises les attentats-suicide sur New York et Washington, apparemment dans le but de diminuer les risques de frappes américaines. Les relations soudano-américaines ont connu une nette amélioration dernièrement, et Khartoum a pris ses distances avec les mouvements intégristes. En 1998, les forces américaines avaient bombardé une usine pharmaceutique de Khartoum, qu’ils accusaient d’aider à produire des armes chimiques au profit d’Oussama Ben Laden, aujourd’hui suspect numéro un dans les attentats du 11 septembre. La fabrication de ces armes n’a jamais été prouvée, et Khartoum a toujours démenti ces allégations. Pour le représentant palestinien auprès de la Ligue arabe, Mohammed Sobeih, l’inquiétude est générale dans les pays arabes, d’actions militaires américaines. «Nous craignons qu’ils attaquent ce qu’ils appellent les camps d’entraînement», a indiqué M. Sobeih. Les Arabes se sont déclarés prêts à coopérer pour retrouver et punir les terroristes, mais non à soutenir des attaques sur des civils innocents, a-t-il ajouté. Washington a déployé une armada, apparemment dirigée vers l’Afghanistan, où les taliban offrent un refuge à Ben Laden, un extrémiste d’origine séoudienne qui a juré de mener une guerre sainte contre les États-Unis. Le secrétaire d’État américain à la Défense Donald Rumsfeld a mis l’accent mercredi sur le fait que la campagne militaire ne se limiterait pas uniquement à Ben Laden. Le président George W. Bush «a clairement souligné que nous devons mener cet effort, cette cause, cette campagne contre la racine du problème, c’est-à-dire les terroristes et les pays qui les abritent», a-t-il affirmé. Les États-Unis n’ont cependant pas désigné d’autres pays que l’Afghanistan, et le vice-président américain Dick Cheney a affirmé dimanche que son pays n’avait pas de preuves liant l’Irak aux attentats. Cependant, des informations indiquant que l’un des auteurs des attentats, l’Égyptien Mohammed Atta, avait rencontré un responsable des renseignements irakiens il y a un an, ont soulevé la question d’une implication irakienne éventuelle, même si elle a été démentie par Bagdad. Concernant la Somalie, les agences d’aide internationales n’ont pas écarté l’hypothèse que Ben Laden ait pu à un moment ou un autre trouver refuge dans ce pays déchiré où opèrent des islamistes. Tout comme l’Afghanistan et le Soudan, la Libye est un pays qui a déjà subi des frappes américaines, pour son soutien présumé au terrorisme. L’Onu a toutefois suspendu ses sanctions contre la Libye lorsque Tripoli a livré deux Libyens, accusés dans l’attentat de Lockerbie, en 1988. Et bien que la Syrie ait amélioré ses relations avec Washington ces dernières années, Damas demeure le siège de plusieurs groupes palestiniens que les États-Unis considèrent comme des mouvements terroristes.
Même si l’Afghanistan apparaît comme l’objectif principal, beaucoup de pays arabes ou musulmans risquent de devenir des cibles d’une guerre américaine contre le terrorisme, soulignent des analystes. L’Irak, la Somalie, le Soudan, la Libye et la Syrie pourraient avoir à faire face à des pressions diplomatiques et financières, et même à une action militaire dans les cinq prochaines années, lorsque les États-Unis auront terminé la première phase de leur campagne, selon ces experts. Le message qui sera adressé en lançant une campagne contre l’Afghanistan sera de coopérer avec les États-Unis et leurs alliés, ou de subir les conséquences d’une attitude contraire, estime Charles Heyman, ex-officier de l’armée britannique, qui collabore à l’annuaire Jane’s World Armies. «Si vous accueillez des terroristes...