Le marché des changes de Beyrouth continuait d’être frappé d’indécision, dans l’attente de savoir la nature des représailles américaines aux attentats terroristes contre les États-Unis du mardi 11 septembre. De ce fait, les opérateurs libanais se sont contentés encore hier d’expédier leurs affaires courantes en manipulant leurs positions de changes sous le rapport LL/ dollar et euro/dollar. Cela étant, et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, celui-ci continuait à être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de deux ans, et à être négocié dans les transactions interbancaires au haut de cette fourchette. Mais, en raison de la réticence des opérateurs aussi bien à la demande qu’à l’offre de cette monnaie contre la livre libanaise et même contre l’euro, le volume des échanges est resté très mince, ne dépassant pas quelque six millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Volatilité des marchés des changes internationaux À l’étranger, les marchés internationaux des changes restaient volatils hier, les cambistes retenant leur souffle dans la perspective d’une réplique militaire américaine aux attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis. Bien que le dollar ait fortement reculé contre la devise nippone à moins de 116,00 yens, son plus bas depuis le 21 février dernier, il a présenté des signes de résistance face aux monnaies européennes. L’euro, notamment, a en effet évolué en dents de scie durant toute la journée d’hier, les cambistes restant attentifs aux développements concernant une possible riposte militaire américaine. D’après les analystes, la décision des dignitaires religieux musulmans afghans de demander à Oussama Ben Laden de partir de son plein gré d’Afghanistan n’a guère rassuré les marchés, surtout après qu’elle eut été rejetée par l’Administration américaine. Cette situation d’incertitude n’est pas très favorable au billet vert a indiqué une analyse de la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC), même si pour le moment les devises évoluent dans des marges étroites en attendant de recevoir un message plus clair, a-t-elle ajouté. L’euro n’a pas pu donc profiter de la rechute des marchés boursiers américains en subissant quelques prises de bénéfices en rapport avec la baisse des Bourses européennes. L’indice Dow Jones, principal indicateur de Wall Street, et l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq ont tous deux accusé hier de sérieuses pertes à leurs plus bas niveaux depuis l’automne 1998, déprimés par les perspectives économiques américaines après les déclarations du président de la Réserve fédérale (Fed) Alan Greenspan devant le Sénat. Alan Greenspan a estimé que les attentats du 11 septembre auraient à court terme un impact important sur l’économie américaine, tout en se disant confiant dans les capacités de son pays à absorber les effets dévastateurs des attaques. Le marché du dollar devait être également sous pression après l’annonce d’un recul nettement plus important que prévu de 6,9 % des mises en chantier de logements aux États-Unis en août contre 2,4 % en juillet. Mais l’euro n’a guère profité de ces événements, les chiffres de la croissance européenne risquant d’être affectés par les attaques de la semaine dernière aux États-Unis. «Les actes de terrorisme et leurs conséquences vont peser sur la confiance dans la zone euro et ses perspectives de croissance à court terme», a estimé hier la Banque centrale européenne (BCE) dans son rapport mensuel de septembre. Compte tenu donc de toutes ces considérations, le dollar est resté coincé hier dans des marges étroites face aux autres grandes monnaies, à l’exception du yen, se négociant à New York, comme suit : – 0,9260 pour un euro contre 0,9275, la veille – 1,4655 pour un sterling contre 1,4685 – 2,1120 DM contre 2,1090 – 7,0840 FF contre 7,0725 – 1,5895 FS contre 1,5940 – 2 091,00 lires contre 2 087,65 – 116,00 yens contre 117,60. Bourse de Beyrouth : c’est toujours le statu quo La Bourse de Beyrouth a connu encore hier une nouvelle journée de stabilité, les mêmes valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs dernières cotations du début de la semaine. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 53,24 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit, comme d’habitude, dans un volume d’affaires très maigre avec 17 092 actions d’une valeur de 33 409 dollars seulement. Les marchés boursiers américains au plus bas depuis octobre 1998 Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont lâché pied hier, les principaux indicateurs de Wall Street et du Nasdaq ayant fléchi à leurs plus bas niveaux depuis octobre 1998, déprimés par les mauvaises perspectives économiques après les déclarations hier du président de la Fed devant le Sénat. Les marchés américains étaient également sous pression après l’annonce d’un recul nettement plus important que prévu des mises en chantier de logements aux États-Unis le mois dernier. Ce chiffre a eu autant plus d’impact que le secteur immobilier était jusqu’à présent l’un des derniers remparts de la croissance grâce notamment aux faibles taux de financement. Certes, les investisseurs ont été plongés dans l’incertitude parce qu’ils ne savent pas quelle sera l’ampleur et la durée de la réponse militaire des États-Unis aux attaques terroristes. Cela d’autant qu’ils n’ont pas encore d’idée claire sur la portée économique des attentats. À cet égard, Alan Greenspan a fait savoir hier qu’il faudrait plusieurs semaines pour évaluer l’impact économique de ces attentats ainsi que le secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, qui a également reconnu que l’impact économique était incertain. De ce fait, l’analyste de Prudential Financial, Ralph Acampora, a averti hier que le pire pourrait encore venir malgré les baisses enregistrées depuis la réouverture des marchés américains lundi. Et d’ajouter qu’il est trop tôt pour se livrer à une chasse aux bonnes affaires. Enfin, les inquiétudes sur les bénéfices des entreprises continuaient de peser sur la tendance, faisant retomber l’indice composite Nasdaq au-dessous du seuil des 1 500 points (à 1 485 points en mi-séance) pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la baisse entre un plus haut à 8 748,82 points et un plus bas à 8 420,15 points, avant d’afficher en préclôture, à 23 h heure de Beyrouth, 8 463,88 points, en nouvelle baisse de 295,25 points sur la veille. Les Bourses européennes toujours dans le rouge Les Bourses européennes ont poursuivi leur glissade jeudi, entraînées par une nouvelle baisse des marchés américains, alors que la menace d’une récession se précise et que les incertitudes géopolitiques incitent les investisseurs à la plus grande prudence à l’approche du week-end. En Europe, l’indice européen DJ Euro Stoxx 50 se repliait de 2,35 %. La Bourse de Francfort cédait 5,74 %. La Bourse de Paris a terminé en baisse de 3,88 %, Londres a perdu 3,47 %, Milan 4,93 %, Madrid 3 %, Bruxelles 3,34 %, Amsterdam 5,14 % et la Bourse suisse 4,48 %. «On ne sait pas du tout ce qui va se passer lundi, mais objectivement on sera plus dans un monde en guerre que dans un monde en paix», a estimé un opérateur parisien. Après les attentats meurtriers du 11 septembre à New York et Washington qui auraient fait plus de 5 800 morts, les marchés doivent encaisser une baisse d’activité brutale et les surcroîts de sécurité dans plusieurs secteurs économiques. Les avertissements des sociétés sur leurs résultats pleuvent, dans des marchés déjà fragilisés avant les attentats commis aux États-Unis. Les craintes de récession pénalisent par ailleurs les secteurs dont l’activité est très sensible à la conjoncture économique, comme la publicité, les médias, l’automobile ou le luxe. Les compagnies aériennes et les constructeurs étaient particulièrement affectés jeudi : à Paris, Air France a dégringolé de 9,62 % et EADS de 8,35 %, à Londres British Airways a chuté de 12,33 %. À Francfort, Lufthansa abandonnait 12,37 %. Les compagnies pétrolières et parapétrolières étaient également sous pression. TotalFinaElf a glissé de 4,53 %, BP de 2,57 % et Royal Dutch/Shell de 6,82 %. Jeudi, l’annonce d’un recul plus fort qu’attendu des mises en chantier de logements aux États-Unis en août a porté un coup supplémentaire au moral des opérateurs. L’immobilier apparaissait comme l’un des derniers remparts de la croissance. Tokyo : en baisse avec les sociétés exportatrices La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse jeudi emmenée par les principaux exportateurs japonais, tels que Toyota Motor, déprimés par la spirale baissière de Wall Street, étouffant les gains des bancaires. La confiance des investisseurs, déjà mise à mal par les attentats contre les États-Unis, a été à nouveau érodée au vu de la baisse de 47,2 % de l’excédent commercial en août sur un an. «Avec les incidents aux États-Unis la semaine dernière, nous pouvons anticiper une baisse de la demande externe et interne. Nous prévoyons donc une tendance baissière de l’excédent courant», a noté Shinichi Sato, économiste chez Tokyo-Mitsubishi Securities. L’indice Nikkei a perdu 154,44 points, soit 1,55 %, à 9 785,16, après être tombé à 9 688,12, juste au-dessus du plus bas en séance de mercredi à 9 681,79. Toyota, premier constructeur automobile japonais et l’une des plus fortes capitalisations de la Bourse de Tokyo, a lâché 6,37 % à 2 940 yens, ce qui a contribué à faire perdre au Topix 13,14 points (1,27 %) à 1 024,92. Nissan Motor, numéro deux du secteur au Japon, a perdu 7,65 % à 471 yens, après s’être adjugé 1,19 % la veille. Les principales banques ont contré la tendance dans l’espoir d’une accélération de l’abandon de leurs mauvaises créances.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le marché des changes de Beyrouth continuait d’être frappé d’indécision, dans l’attente de savoir la nature des représailles américaines aux attentats terroristes contre les États-Unis du mardi 11 septembre. De ce fait, les opérateurs libanais se sont contentés encore hier d’expédier leurs affaires courantes en manipulant leurs positions de changes sous le rapport LL/ dollar et euro/dollar. Cela étant, et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, celui-ci continuait à être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de deux ans, et à être négocié dans les transactions interbancaires au haut de cette fourchette. Mais, en raison de la réticence des opérateurs aussi bien...