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Actualités - Chronologies

Les étrangers invités à quitter le Pakistan

Les ambassades occidentales au Pakistan ont donné hier des consignes de départ du pays pour les familles et le personnel non essentiel, a-t-on appris de sources diplomatiques. Ces consignes se justifient par la possibilité de représailles des populations locales – enclines à la solidarité islamique – sur les résidents occidentaux au cas où les États-Unis mèneraient une attaque contre l’Afghanistan voisin, déclare-t-on de sources diplomatiques. Les mêmes sources insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un «ordre d’évacuation». D’ores et déjà, l’école britannique a fermé ses portes alors que les écoles américaine et française continuaient de fonctionner, a-t-on appris de même source. La plupart des entreprises privées étrangères auraient également conseillé aux familles expatriées de quitter le Pakistan. Un vol spécial de la British Airways pourrait emmener dès vendredi les premiers volontaires. «Nous avons déjà des volontaires, surtout des femmes et des enfants», a indiqué un diplomate européen. L’ambassade britannique, suivie par la plupart des chancelleries, a écrit à ses ressortissants (plusieurs milliers sur l’ensemble du territoire) pour expliquer qu’«à la lumière de la situation de sécurité», les Britanniques devraient considérer la possibilité de quitter le pays. Ce texte précise qu’«il est fermement conseillé» de partir immédiatement aux personnes présentes dans les provinces du Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, zones proches de l’Afghanistan. Une partie du personnel non essentiel de l’ambassade, volontaire pour le départ, «partira également», a annoncé la représentation diplomatique. L’Australie et le Canada ont pris la même initiative. «Il est important que ceux qui veulent partir le fassent maintenant, calmement, avant d’être confrontés à une éventuelle situation d’urgence», a dit un diplomate. Selon un diplomate européen, un sentiment de malaise s’est emparé de nombreux étrangers qui craignent des représailles de la population après l’initiative du président pakistanais de «soutien total» à la guerre antiterroriste que veulent déclencher les États-Unis. La décision des ambassades intervient au lendemain d’une manifestation antiaméricaine qui a rassemblé plus de 5 000 personnes à Karachi, la cité portuaire du sud du pays, véritable capitale économique où sont concentrées de très nombreuses entreprises. La police a empêché les manifestants de se rendre au consulat américain de la ville. Ces manifestations ont été pacifiques jusqu’à présent, mais selon les chancelleries occidentales, le recours à la violence n’est pas à exclure de la part des nombreux mouvements extrémistes religieux du Pakistan. Ce durcissement pourrait également s’appuyer sur la décision prise hier par le très influent conseil des ulémas du Pakistan de décréter un jihad «contre les États-Unis et ceux qui les soutiennent» dans le cas d’une agression contre un pays musulman. Le site Internet du ministère français des Affaires étrangères, actualisé hier, indique que «tout voyage au Pakistan est formellement déconseillé jusqu’à nouvel ordre». «Il est conseillé à tous les ressortissants français qui séjournent dans les régions frontalières de l’Afghanistan, le Balouchistan, les régions de la province frontalière du Nord-Ouest (NWFP) et les territoires du Nord (Northern Areas) de quitter ces régions sans délai. Tout déplacement dans ces régions est à proscrire», ajoute le site. Le Quai d’Orsay indique que «par ailleurs, il est fortement recommandé aux ressortissants français d’éviter les rassemblements (marchés, abords des mosquées, gares), notamment dans les grandes villes (Rawalpindi, Lahore, Karachi, Peshawar, Quetta)». Un attentat à la bombe a par ailleurs fait cinq morts et plusieurs dizaines de blessés hier matin dans un marché de Sialkot, dans le nord-est du pays. Cette ville est située près de la partie indienne du Cachemire, où des combattants islamiques luttent contre la présence des forces de New Delhi.
Les ambassades occidentales au Pakistan ont donné hier des consignes de départ du pays pour les familles et le personnel non essentiel, a-t-on appris de sources diplomatiques. Ces consignes se justifient par la possibilité de représailles des populations locales – enclines à la solidarité islamique – sur les résidents occidentaux au cas où les États-Unis mèneraient une attaque contre l’Afghanistan voisin, déclare-t-on de sources diplomatiques. Les mêmes sources insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un «ordre d’évacuation». D’ores et déjà, l’école britannique a fermé ses portes alors que les écoles américaine et française continuaient de fonctionner, a-t-on appris de même source. La plupart des entreprises privées étrangères auraient également conseillé aux familles expatriées de...