L’Eurogroupe insiste sur la lutte contre les paradis fiscaux
le 19 septembre 2001 à 00h00
La lutte contre les paradis fiscaux et la déréglementation financière doit devenir une priorité pour empêcher le financement du terrorisme, affirme le ministre belge des Finances et président de l’Eurogroupe Didier Reynders dans un entretien mardi au Corriere della Serra. «Les paradis fiscaux, le recyclage de l’argent sale et la volatilité des marchés favorisent la spéculation et ouvrent des espaces au financement du terrorisme», explique-t-il dans le quotidien italien. Didier Reynders se déclare toutefois opposé à la mise en œuvre de la taxe Tobin sur la spéculation financière. L’idée de cette taxe, émise dans les années 1970 par le prix Nobel d’économie américain James Tobin, a comme double objectif de freiner les flux de capitaux spéculatifs à court terme et de financer le développement des pays pauvres en s’appliquant uniquement aux transactions sur les monnaies et non aux autres marchés (comme par exemple celui des matières premières). «Le 1er octobre, je vais rencontrer Tobin à (l’université américaine de) Yale, mais je ne soutiens pas la mise en œuvre de son projet de taxe», déclare le ministre belge. «Le problème est la volatilité des marchés. Si nous devons trouver une solution, je considère comme étant utile de discuter de la taxe Tobin, comme de toute autre mesure qui pourrait se révéler efficace», ajoute-t-il. Le président de l’Eurogroupe se déclare également opposé à toute modification du pacte de stabilité signé entre les pays ayant adopté la monnaie unique et fixant des objectifs en matière de réduction des déficits publics et de l’endettement. «Il n’est pas question de modifier le pacte de stabilité. Mais dans son cadre, il a un espace de flexibilité, quoique très restreint», souligne-t-il. «Si nous faisons le contraire, nous adresserons un signal erroné qui ne ferait rien pour rassurer», affirme-t-il. Didier Reynders reconnaît toutefois qu’il n’est «pas certain que l’Union européenne parviendra cette année à l’objectif d’une croissance de 2%, après ce qui s’est passé aux États-Unis». Il avait déjà fait ce constat lundi lors d’une conférence de presse à Bruxelles avec le commissaire européen aux Affaires économiques Pedro Solbes. Le ralentissement économique, accentué par les conséquences des attentats du 11 septembre aux États-Unis, a relancé le débat sur l’opportunité de laisser filer les déficits publics et donc sur la nécessité de respecter à la lettre les promesses liées au pacte de stabilité. La question se pose en particulier en Italie et en Allemagne, et dans une moindre mesure en France.
La lutte contre les paradis fiscaux et la déréglementation financière doit devenir une priorité pour empêcher le financement du terrorisme, affirme le ministre belge des Finances et président de l’Eurogroupe Didier Reynders dans un entretien mardi au Corriere della Serra. «Les paradis fiscaux, le recyclage de l’argent sale et la volatilité des marchés favorisent la spéculation et ouvrent des espaces au financement du terrorisme», explique-t-il dans le quotidien italien. Didier Reynders se déclare toutefois opposé à la mise en œuvre de la taxe Tobin sur la spéculation financière. L’idée de cette taxe, émise dans les années 1970 par le prix Nobel d’économie américain James Tobin, a comme double objectif de freiner les flux de capitaux spéculatifs à court terme et de financer le développement des pays...
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