Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Se sentant menacé, le Soudan proteste de ses bonnes intentions

Le Soudan, bombardé en 1998 par les États-Unis dans le cadre d’accusations concernant Oussama Ben Laden, proteste de ses bonnes intentions, à l’évidence pour prévenir d’éventuelles représailles des États-Unis sur son sol après les attentats du 11 septembre. Bien que les responsables du régime islamiste soudanais affirment ne pas redouter une nouvelle frappe américaine, la prudence et les déclarations rassurantes sont de rigueur à Khartoum. Le milliardaire d’origine séoudienne Oussama Ben Laden, principal suspect désigné par les États-Unis dans les attentats de New York et de Washington, a vécu de 1990 à 1995 au Soudan. Ce pays a fermement condamné les attentats, rappelé que les relations entre Khartoum et Washington sont en amélioration, placé au centre de ses priorités la protection des ambassades occidentales à Khartoum, et insisté sur le fait qu’il n’y a aucune raison pour le département d’État américain de le maintenir sur sa liste des pays soutenant le terrorisme. Washington n’a jusqu’à présent pas pointé le Soudan du doigt dans les attentats, ne désignant que Ben Laden. Le président Omar el-Bachir, qui a pris le pouvoir par un coup d’État en 1989, s’efforce de recoller les morceaux avec Washington et les pays occidentaux depuis décembre 1999, date à laquelle il a écarté du pouvoir l’idéologue islamiste, Hassan al-Tourabi, actuellement assigné à résidence. La Conférence populaire arabe et islamique, que M. Tourabi avait créée et qui accueillait des fondamentalistes et des groupes islamistes du monde entier, a été interdite deux mois après son éviction du poste de président du Parlement. Le général Bachir a condamné la semaine dernière les attentats et adressé ses condoléances aux familles des victimes et au peuple américain. Le Soudan «n’est pas un État terroriste, ne soutient pas le terrorisme, et ne se fait pas l’avocat d’actes visant des civils innocents», a-t-il assuré. Il a déclaré également que Washington devait se garder de toute réaction «émotionnelle». En août 1998, Les États-Unis avaient bombardé une usine pharmaceutique de Khartoum, utilisée, selon eux, par Oussama Ben Laden pour fabriquer des armes chimiques. Washington avait par la suite refusé l’envoi d’une commission d’enquête de l’Onu pour vérifier ces affirmations, qui ont été contestées par de nombreux diplomates occidentaux à Khartoum. En 1996, le Conseil de sécurité des Nations unies avait imposé des sanctions diplomatiques et économiques au Soudan, après le refus de ce pays de remettre des suspects dans une tentative d’assassinat du président égyptien Hosni Moubarak, le 26 juin 1995, à Addis Abeba. Les relations américano-soudanaises se sont depuis peu à peu améliorées. Le ministre soudanais des Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl cité par la presse, estime que le rapprochement amorcé entre Khartoum et Washington «exclut l’éventualité d’une frappe militaire contre le Soudan». Cinq jours avant les attentats aux États-Unis, le président George W. Bush avait annoncé une «initiative majeure» de son pays pour tenter de mettre fin à 18 ans de guerre civile au Soudan. Le président américain avait chargé un ancien sénateur républicain du Missouri, John Danforth, de mener cette initiative, pour tenter de faire la paix entre le gouvernement musulman de Khartoum et la rébellion du Sud, chrétienne et animiste.
Le Soudan, bombardé en 1998 par les États-Unis dans le cadre d’accusations concernant Oussama Ben Laden, proteste de ses bonnes intentions, à l’évidence pour prévenir d’éventuelles représailles des États-Unis sur son sol après les attentats du 11 septembre. Bien que les responsables du régime islamiste soudanais affirment ne pas redouter une nouvelle frappe américaine, la prudence et les déclarations rassurantes sont de rigueur à Khartoum. Le milliardaire d’origine séoudienne Oussama Ben Laden, principal suspect désigné par les États-Unis dans les attentats de New York et de Washington, a vécu de 1990 à 1995 au Soudan. Ce pays a fermement condamné les attentats, rappelé que les relations entre Khartoum et Washington sont en amélioration, placé au centre de ses priorités la protection des ambassades...