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Actualités - Chronologies

Coalition antiterroriste : les Arabes restent prudents

Le monde arabe veut coopérer avec les États-Unis dans leur lutte contre le terrorisme où il trouve son propre intérêt dans la bataille contre l’intégrisme musulman, mais sans s’engager dans une coalition militaire aux objectifs à long terme inconnus, relèvent dimanche les analystes. Au moment où l’hostilité envers les États-Unis, accusés de soutenir sans réserve Israël, se fait de plus en plus sentir dans l’opinion publique arabe, les dirigeants arabes préfèrent se garder de s’enliser dans une campagne militaire américaine, d’autant qu’ils craignent les tentatives israéliennes de «récupérer» les attentats du 11 septembre, ajoutent ces analystes. Le président égyptien Hosni moubarak, dont le pays est l’un des principaux alliés des États-Unis dans le monde arabe et le deuxième bénéficiaire de l’aide étrangère américaine après Israël, a exprimé ouvertement l’opposition de son pays à toute coalition militaire antiterroriste hors du cadre de l’Onu. Le Maroc et la Jordanie, deux autres alliés des États-Unis, ont exprimé implicitement leurs réserves quant à un engagement militaire, alors qu’aucun autre pays arabe ne s’est déclaré disposé à s’associer à une action militaire. Le monarque marocain Mohammed VI a appelé Washington à privilégier la négociation, le souverain jordanien Abdallah II jugeant que les attaques du 11 septembre n’auraient pas eu lieu si les États-Unis avaient réglé les problèmes du Proche-Orient. Si une majorité des pays arabes s’était engagée, il y a plus de dix ans, dans la coalition anti-irakienne après l’invasion du Koweït, la conjoncture est aujourd’hui différente, affirme le général Ahmad Abdel Halim, du centre du Caire pour les études du Proche-Orient, un groupe de réflexion proche du gouvernement. «Lors de la guerre du Golfe, il s’agissait de récupérer la souveraineté d’un pays (le Koweït), qui avait été effacé de la carte par un autre pays. Mais, aujourd’hui, les Arabes ne peuvent pas faire partie d’une coalition dont les objectifs ne sont pas clairs et alors qu’Israël tente d’inclure des organisations palestiniennes comme le Hamas et le Jihad, ou le Hezbollah libanais, dans la liste des groupes terroristes», souligne-t-il. «Avant toute coalition antiterroriste, il faut qu’il y ait une définition claire du terrorisme qui ne confonde pas groupes terroristes et mouvements de résistance contre l’occupation tels que le Hamas, le Jihad et le Hezbollah», renchérit Makram Mohamed Ahmed, rédacteur en chef de l’hedomadaire al-Moussawar, considéré comme proche des hauts responsables égyptiens. «Si le groupe d’Oussama Ben Laden est le premier suspect dans les attentats du 11 septembre, les États-Unis sont le deuxième suspect, car ils ont laissé le feu brûler, en s’alignant sur Israël», estime-t-il. «Ben Laden a profité de l’injustice américaine pour duper de jeunes Arabes et les exploiter dans sa bataille idéologique contre les États-Unis», poursuit M. Ahmed, pour qui la lutte contre le terrorisme «requiert un rééquilibrage de la position américaine au Proche-Orient». Les pays arabes poursuivent cependant leur coopération sécuritaire avec les États-Unis, notamment dans le domaine de l’échange des informations. L’Égypte, où un bureau du FBI est opérationnel depuis février 1997, est l’un des pays clés dans cette coopération, deux organisations intégristes armées égyptiennes étant alliées du groupe al-Qaida de Ben Laden, la Jamaa islamiya et le Jihad.
Le monde arabe veut coopérer avec les États-Unis dans leur lutte contre le terrorisme où il trouve son propre intérêt dans la bataille contre l’intégrisme musulman, mais sans s’engager dans une coalition militaire aux objectifs à long terme inconnus, relèvent dimanche les analystes. Au moment où l’hostilité envers les États-Unis, accusés de soutenir sans réserve Israël, se fait de plus en plus sentir dans l’opinion publique arabe, les dirigeants arabes préfèrent se garder de s’enliser dans une campagne militaire américaine, d’autant qu’ils craignent les tentatives israéliennes de «récupérer» les attentats du 11 septembre, ajoutent ces analystes. Le président égyptien Hosni moubarak, dont le pays est l’un des principaux alliés des États-Unis dans le monde arabe et le deuxième bénéficiaire de...