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Actualités - Chronologies

Les Iraniens expriment leur sympathie pour les Américains

Au-delà des condoléances officielles, un geste déjà sans précédent, les Iraniens expriment nombreux leur sympathie pour les Américains endeuillés par les attentats, faisant subitement ressurgir les liens très forts qui unissent les deux peuples. Le slogan «À bas l’Amérique», qui accompagne systématiquement la prière du vendredi à l’Université de Téhéran, n’a pas été lancé vendredi matin par les organisateurs. Contrairement à une habitude jusqu’ici immuable, aucun religieux n’a exhorté la foule à scander quelque slogan que ce soit, ni «À bas l’Amérique», ni «À bas Israël», ni aucun autre. Dès mardi soir le président Mohammad Khatami avait condamné les attaques terroristes qui ont frappé New York et Washington. L’émotion des Iraniens avait été immédiate. Mardi, alors que le World Trade Center s’effondrait, les rues de la capitale iranienne se vidaient, chacun voulant savoir ce qui se passait, et se branchant sur la télévision iranienne – qui couvrait les événements en direct depuis New York, fait sans précédent –, ou sur les télés étrangères. Depuis, on ne parle que de ça, certains redoutant toutefois que l’Iran, toujours «terroriste» aux yeux de Washington, ne soit une cible de «représailles». «Ces attentats, c’était horrible. C’était un cauchemar. Nous avons tous pleuré», explique Behrouz, 35 ans, qui tient un «fast-food» dans le quartier Pasdaran, au nord-est de Téhéran. Coca-Cola et autres boissons américaines abondent dans son commerce, comme partout ailleurs, symboles de l’américanisation galopante de l’Iran, malgré l’absence de relations entre les deux pays. «C’est fantastique que Khatami ait condamné immédiatement. Cela va nous rapprocher des Américains», prédit un client, Attah, 46 ans, qui dit «avoir peur quand même que l’Iran soit frappé». Jeudi soir, sur une place de Téhéran, ils étaient plus de 200 jeunes, cierges à la main, garçons et filles ensemble, venus spontanément se recueillir dans le silence, et dire leur compassion à l’égard des Américains. La police, présente sur les lieux, n’est pas intervenue, alors que ce rassemblement, d’un genre totalement inédit sous le régime islamique qui considère les États-Unis comme un «ennemi», n’avait pas été autorisé. «Nous avons voulu montrer notre solidarité avec le peuple américain qui est dans la peine», a affirmé un des manifestants, Rostam, 19 ans. «C’est la première fois de ma vie qu’il est possible de montrer un tel sentiment», ajoute le jeune homme, né trois ans après la Révolution islamique, qui a désigné les États-Unis comme «le grand Satan». «Nous nous sentons proches des victimes des familles, mais cela n’a rien de politique et n’est nullement un soutien au gouvernement américain. C’est un geste vis-à-vis du peuple américain», a tenu à se justifier Parissa, 20 ans. Une étudiante présente, Massoumeh, 23 ans, soulignait même, comme le lui ont enseigné ses parents, que lorsqu’un Airbus d’Iran Air a été abattu dans le golfe Persique par la marine américaine en juin 1988, faisant 290 morts, dont 59 enfants, «il n’y a eu aucune sympathie de cet ordre» exprimée aux États-Unis. À la fin du rassemblement, une personne a annoncé que la communauté iranienne vivant aux États-Unis (plus d’un million de personnes) avait sollicité ses membres pour qu’ils donnent leur sang. «Nos liens avec les États-Unis, ce sont d’abord des contacts humains, à travers ces Iraniens de là-bas, riches, qui restent en contact avec le pays, reviennent souvent, envoient de l’argent», relève le politologue Iradj Rachti.
Au-delà des condoléances officielles, un geste déjà sans précédent, les Iraniens expriment nombreux leur sympathie pour les Américains endeuillés par les attentats, faisant subitement ressurgir les liens très forts qui unissent les deux peuples. Le slogan «À bas l’Amérique», qui accompagne systématiquement la prière du vendredi à l’Université de Téhéran, n’a pas été lancé vendredi matin par les organisateurs. Contrairement à une habitude jusqu’ici immuable, aucun religieux n’a exhorté la foule à scander quelque slogan que ce soit, ni «À bas l’Amérique», ni «À bas Israël», ni aucun autre. Dès mardi soir le président Mohammad Khatami avait condamné les attaques terroristes qui ont frappé New York et Washington. L’émotion des Iraniens avait été immédiate. Mardi, alors que le World Trade...