Aux premières heures de la journée d’hier, Jarid Maldonado est encore à la recherche de sa mère, dont il n’a aucune nouvelle depuis l’effondrement de la tour jumelle du World Trade Center où elle travaillait, mardi matin. Cela fait 16 heures que le jeune homme, âgé de 23 ans, essaye en vain de la localiser. Il est neuf heures du matin mardi quand Maldonado, parcourant en voiture l’autoroute du West Side new-yorkais, assiste à la première des deux explosions frappant le World Trade Center (WTC), percuté par un avion de ligne détourné par des terroristes. Au 71e étage de l’une des tours jumelles, travaille sa mère, Myrna Agosto. «J’ai vu l’explosion et j’ai paniqué. La seule chose que j’avais à l’esprit était de la sauver. Je ne pensais pas de façon rationnelle. C’était de l’émotion pure, explique-t-il. J’espère simplement qu’elle ne va pas me quitter. Tout ce que je sais à ce stade, c’est que cela s’est produit il y a de nombreuses heures et elle m’aurait appelé. À présent, je ne sais plus quoi penser. Je ne sais pas quoi faire». Maldonado s’est alors précipité sur les lieux du drame et s’est retrouvé au milieu de l’impressionnant nuage de fumée et de débris qui s’est engouffré dans les rues de New York après la chute des bâtiments. «Je suis allé assez près de la tour, et c’est à ce moment-là que la deuxième s’est effondrée. Je n’ai pas pu m’empêcher de rester là, à regarder, pendant une trentaine de secondes. Cela défiait la réalité», dit-il. J’en ai assez d’attendre Maldonado raconte sa quête désespérée dans un centre ad hoc mis en place par la police, qui tente de recueillir des témoignages très détaillés sur les personnes disparues. Les témoins sont priés de remplir des formulaires et de répondre aux questions des enquêteurs en vue d’alimenter une base de données destinée à accélérer l’identification des victimes. De l’autre côté de la rue, l’hôpital Bellevue, sur l’East Side de Manhattan, accueille déjà son lot de blessés. Des volontaires, postés à l’entrée, ont des listes portant le nom de quelque 400 personnes hospitalisées dans trois autres établissements. Quand Maldonado est enfin parvenu au centre d’information, déchiré par l’incertitude planant sur le sort de sa mère, il avait déjà appelé lui-même, avec l’aide de sa famille, 70 hôpitaux du secteur. Il avait également composé le numéro de son téléphone portable, écumé les sites Internet à la recherche d’informations sur la tragédie, regardé la télévision pendant des heures et arpenté les rues, en vain. «Je suis allé dans tous les hôpitaux, dit-il. Je suis venu ici parce que je ne savais pas quoi faire. Je suis venu ici parce que j’en ai assez d’attendre à la maison».
Aux premières heures de la journée d’hier, Jarid Maldonado est encore à la recherche de sa mère, dont il n’a aucune nouvelle depuis l’effondrement de la tour jumelle du World Trade Center où elle travaillait, mardi matin. Cela fait 16 heures que le jeune homme, âgé de 23 ans, essaye en vain de la localiser. Il est neuf heures du matin mardi quand Maldonado, parcourant en voiture l’autoroute du West Side new-yorkais, assiste à la première des deux explosions frappant le World Trade Center (WTC), percuté par un avion de ligne détourné par des terroristes. Au 71e étage de l’une des tours jumelles, travaille sa mère, Myrna Agosto. «J’ai vu l’explosion et j’ai paniqué. La seule chose que j’avais à l’esprit était de la sauver. Je ne pensais pas de façon rationnelle. C’était de l’émotion pure,...
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