Les principaux mouvements islamistes radicaux sont au nombre de quatre, deux mouvements palestiniens, un libanais pro-iranien et un quatrième créé par le milliardaire d’origine séoudienne Oussama Ben Laden, trois d’entre eux ayant démenti tout rôle dans les attentats perpétrés mardi aux États-Unis. Par la voix de son ambassadeur à Islamabad Abdul Salam Zaeef, le régime taliban au pouvoir en Afghanistan, où vit Oussama Ben Laden, a démenti tout rôle du milliardaire d’origine séoudienne dans les attentats. À Gaza, dans les territoires occupés, le mouvement islamiste radical palestinien Hamas a affirmé n’avoir aucun lien avec les attentats, tout en indiquant que ces attaques devraient inciter Washington à réviser sa «politique dans le monde». L’autre mouvement radical palestinien, le Jihad islamique, s’est déclaré «contre la mort d’innocents», mais il a jugé que les attentats survenus mardi aux États-Unis sont la conséquence de «la politique américaine dans la région la plus chaude du monde», dans une allusion au Proche-Orient. Le mouvement chiite libanais Hezbollah s’est refusé à tout commentaire à la suite de la vague d’attentats sans précédent aux États-Unis. Les formations palestiniennes, le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) et le Jihad islamique, sont apparues dans les années 1980. Créé en 1980 et d’inspiration pro-iranienne, le Jihad est la première organisation intégriste palestinienne à s’être engagée dans la lutte armée contre Israël. Le Hamas a été créé au début de la première intifada (1987-1993) par la confrérie des Frères musulmans. Violemment opposé, comme le Jihad, aux accords israélo-palestiniens de 1993, le Hamas entend poursuivre son combat jusqu’à la création d’un État islamique sur toute la Palestine. Les deux mouvements ont également quelques permanences dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban, qui avait servi de bases lors de la guerre civile (1975-90) à diverses organisations ayant revendiqué des attentats antiaméricains et anti-israéliens au Proche-Orient et dans le monde. Parmi elles, «Septembre Noir» aujourd’hui disparu, qui a revendiqué l’attentat de Munich en 1973 contre les athlètes israéliens lors des Jeux olympiques, ainsi que le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui avait détourné et détruit trois avions de ligne américains sur la Jordanie en 1970 et qui est basé à Damas. Un autre groupuscule, le Jihad islamique, a revendiqué en 1983 les attentats contre l’ambassade des États-Unis et les QG américain et français de la Force multinationale déployée à Beyrouth après l’invasion israélienne du Liban en 1982. Ces attentats avaient fait plus de 400 morts. Ce groupe clandestin, qui a également revendiqué de nombreuses prises d’otages occidentaux au Liban dans les années 80, est distinct du mouvement palestinien du même nom. De son côté, le Hezbollah libanais, créé en 1984 au Liban par les Pasdaran (gardiens iraniens de la révolution), n’a jamais revendiqué des attentats contre Israël hors du Liban, mais a constitué le fer de lance de la lutte contre l’armée israélienne qui occupait le Liban-Sud, jusqu’à son retrait en mai 2000. Le Hezbollah est hostile aux taliban, qui donnent refuge en Afghanistan à Oussama Ben Laden. Cet islamiste, dont la tête est mise à prix par Washington pour les attentats antiaméricains en Afrique en 1998, a promis à plusieurs reprises d’infliger des coups durs aux aux États-Unis. Cet islamiste milliardaire, déchu de sa nationalité séoudienne, est recherché par la justice américaine pour les attentats de Nairobi et Dar es-Salaam, qui ont fait 224 morts et des milliers de blessés. Les États-Unis ont offert une récompense de 5 millions de dollars pour toute information qui conduirait à son arrestation. Ben Laden est également soupçonné d’être le commanditaire d’une attaque à l’explosif contre le destroyer américain USS Cole dans le port d’Aden, au Yémen, qui a fait 17 tués parmi les militaires américains le 12 octobre 2000. S’ajoute à cette liste l’organisation séparatiste des rebelles musulmans d’Abu Sayyaf aux Philippines, responsable de plusieurs enlèvements d’otages occidentaux et asiatiques.
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