Le député Riad Seif est un industriel qui avait fondé ses espoirs de libéralisation sur l’accession de Bachar el-Assad à la présidence en juillet 2000. Sa déception le radicalise et le pousse dans les rangs de l’opposition. Son parcours est celui d’un self-made-man. Né en 1947 dans une famille modeste de Damas, il commence à travailler dès l’âge de 12 ans dans une fabrique de textile. À 16 ans il ouvre un atelier qui devient en dix ans une usine produisant les «chemises 400» (Shirts Four Hundred), une des plus grandes marques syriennes. Le vent commence à tourner en 1989. Le gouvernement durcit les taxes et les règles sur les exportations et décrète des impôts à effets rétroactifs. Seif essuie des pertes colossales, mais parvient en 1990 à décrocher avec des partenaires une licence de production locale de la célèbre marque Adidas. Sa réussite l’entraîne à entamer une carrière politique. Lors des élections législatives de 1994, il est élu parmi les candidats «indépendants», c’est-à-dire ceux qui ne sont pas affiliés au parti Baas au pouvoir et les petites formations qui lui sont alliées. Il est élu de nouveau au Parlement en 1998 et ses interventions deviennent plus osées. Sans remettre en question le régime, il critique durement la politique économique du gouvernement. Il est surpris aussitôt après par des impôts exorbitants, qu’il interprète comme des pressions politiques. Il est forcé à vendre progressivement ses parts dans l’usine Adidas et, en 1999, il liquide ses dernières actions pour se consacrer à la politique. Après la mort du président Hafez el-Assad en juin 2000, il entame ouvertement son action pour les libertés, encouragé par le discours d’investiture de son successeur et fils, Bachar el-Assad, qui s’était engagé à «respecter l’opinion des autres». Il a aussitôt tenté de constituer avec des intellectuels une association dont le but était «d’informer la société syrienne sur ses droits», mais il n’obtient pas d’autorisation. Il est forcé en septembre 2000 à se rabattre sur la formule des débats, qu’il organise à son domicile. Un mouvement informel et pacifique d’intellectuels pour la démocratie s’y rassemble périodiquement, s’exprimant avec une liberté sans précédent depuis l’instauration de la loi d’urgence, en 1963, après la prise du pouvoir par le parti Baas. M. Seif poursuit parallèlement son action au Parlement, où il appelle en novembre à «mettre fin au monopole politique» du Baas. L’interdiction des débats, en février, le radicalise. «C’est la fin du printemps de Damas», dit-il alors.
Le député Riad Seif est un industriel qui avait fondé ses espoirs de libéralisation sur l’accession de Bachar el-Assad à la présidence en juillet 2000. Sa déception le radicalise et le pousse dans les rangs de l’opposition. Son parcours est celui d’un self-made-man. Né en 1947 dans une famille modeste de Damas, il commence à travailler dès l’âge de 12 ans dans une fabrique de textile. À 16 ans il ouvre un atelier qui devient en dix ans une usine produisant les «chemises 400» (Shirts Four Hundred), une des plus grandes marques syriennes. Le vent commence à tourner en 1989. Le gouvernement durcit les taxes et les règles sur les exportations et décrète des impôts à effets rétroactifs. Seif essuie des pertes colossales, mais parvient en 1990 à décrocher avec des partenaires une licence de production locale de...
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