Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Développement - La dollarisation n’est pas la panacée pour les PVD

L’ancrage d’une monnaie au dollar voire l’adoption du dollar ou d’une grande monnaie internationale, de plus en plus répandu dans les pays en développement pour rendre leur économie crédible, n’est pas la panacée, selon une étude du Centre de développement de l’OCDE, mardi. «L’indexation à des monnaies fortes, à l’aide de Currency Boards (comités monétaires), ou la dollarisation, est devenue la solution répandue dans l’espoir de gagner rapidement en crédibilité». «Or, il n’existe pas de voie rapide vers la crédibilité», relève l’étude, corédigée par Jorge Braga de Macedo, président du centre et professeur à la Nova University de Lisbonne. «Les solutions extrêmes, flottement pur ou stricte indexation, n’offrent ni sécurité ni stabilité, pas plus que la durabilité», relève l’ouvrage. Ainsi, l’exemple récent de l’Argentine, ancrée au dollar, ou celui du franc CFA, ancré au franc français il y a une dizaine d’années et à l’époque surévalué, montrent que ces solutions peuvent rapidement devenir extrêmement contraignantes. Autre possibilité, le flottement pur de la monnaie, qui n’a jamais duré dans les pays en développement car les coûts – engendrés par le manque de coordination avec les autres économies, l’imprévisibilité ou encore les effets néfastes sur l’investissement – ont conduit au retour à un régime interventionniste, selon l’étude. Pour Jorge Braga de Macedo, «la mise en place d’institutions est plus importante que l’index de référence». Ainsi, l’expérience du SME (Système monétaire européen) et de la zone euro pourraient inspirer les pays en développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. «L’expérience européenne est plus pertinente que ce qu’on a pu penser pour les économies en développement engagées dans l’intégration régionale», estiment les auteurs. «Les avantages de ce régime sont multiples : il confère aux autorités nationales le pouvoir d’initier des réformes institutionnelles, les indicateurs de références sont approuvés conjointement et la régulation se fait par surveillance réciproque», affirment-ils. L’inconvénient est que ce processus est long, reconnaissent les auteurs, mais «il vaut mieux construire la crédibilité plutôt que de l’emprunter et ne pas exclure trop hâtivement des choix, au prétexte de vouloir rejoindre une voie rapide imaginaire vers la crédibilité», plaident-ils. Ont également contribué à l’étude Daniel Cohen, conseiller spécial du Centre de développement de l’OCDE et professeur d’économie à l’École normale supérieure, ainsi qu’Helmut Reisen, chef de division au centre et professeur d’économie à l’Université de Bâle. William Branson, consultant au centre et professeur d’économie à Princetown University, de même que Guillermo Calvo, professeur d’économie de University of Maryland at College Park et économiste en chef de la Banque interaméricaine de développement, et Brigitte Granville, chef du Programme économique international du Royal Institute of International Affairs, y ont également participé.
L’ancrage d’une monnaie au dollar voire l’adoption du dollar ou d’une grande monnaie internationale, de plus en plus répandu dans les pays en développement pour rendre leur économie crédible, n’est pas la panacée, selon une étude du Centre de développement de l’OCDE, mardi. «L’indexation à des monnaies fortes, à l’aide de Currency Boards (comités monétaires), ou la dollarisation, est devenue la solution répandue dans l’espoir de gagner rapidement en crédibilité». «Or, il n’existe pas de voie rapide vers la crédibilité», relève l’étude, corédigée par Jorge Braga de Macedo, président du centre et professeur à la Nova University de Lisbonne. «Les solutions extrêmes, flottement pur ou stricte indexation, n’offrent ni sécurité ni stabilité, pas plus que la durabilité», relève...