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Actualités - Chronologies

Ulster - Larmes et violences marquent - la rentrée scolaire

Les appels au calme se multipliaient hier en Irlande du Nord, après la diffusion d’images qui ont bouleversé l’opinion publique : des enfants catholiques en larmes, terrorisés par les invectives de loyalistes protestants massés sur le chemin de leur école à Belfast. Les violentes scènes de lundi se sont répétées mardi sur le chemin de l’école catholique Holy Cross au nord de Belfast : mêmes insultes hurlées par des loyalistes protestants surexcités, mêmes jets de bouteilles et pierres, et mêmes fillettes de 5 à 11 ans, apeurées, serrées contre leurs parents. Seule nuance par rapport à la veille : à la place des cordons de policiers qui formaient une haie pour protéger les enfants, quelque 70 véhicules blindés avaient été déployés, formant un cordon sanitaire. Les policiers ont chargé à plusieurs reprises des protestants déchaînés, après une nuit de violences au cours de laquelle une vingtaine de policiers ont été blessés. Le Royaume-Uni s’est réveillé mardi bouleversé par les images des fillettes terrorisées par le déchaînement de haine de leurs voisins loyalistes. Tous les journaux affichaient en une les visages crispés de peur des enfants. La situation dans le nord de Belfast est symptomatique des graves divisions qui persistent en Irlande du Nord entre communautés catholique et protestante : un quartier catholique, un autre protestant, séparés par une rue, sorte de «no man’s land». On ne se mélange pas et, côté protestant comme catholique, les milices paramilitaires exercent une police parallèle sur leurs territoires, n’hésitant pas à attiser les tensions. La dispute autour de l’école de Holy Cross – le refus par les protestants loyalistes de voir les catholiques et leurs enfants emprunter une portion de rue protestante pour se rendre à l’école – n’est qu’un prétexte pour raviver ces tensions. Les loyalistes du quartier affirment être eux-mêmes victimes de discriminations de la part des nationalistes catholiques qui s’opposeraient à leur passage dans le quartier catholique pour se rendre dans certains magasins. Les Églises catholique et protestante d’Irlande du Nord ont appelé au calme leurs communautés. «Ce type de protestation doit cesser», a déclaré l’évêque catholique de Down and Connor, Patrick Walsh, se déclarant «écœuré». Côté protestant, le chef de l’Église anglicane d’Irlande, l’archevêque Robin Eames, a estimé que «rien ne peut justifier des attaques contre de jeunes enfants, quelle que soit leur confession». La secrétaire d’État à l’Irlande du Nord chargée des questions de sécurité, Jane Kennedy, a appelé les communautés à «se retirer» et à entamer un dialogue. Martin McGuinness, numéro deux du Sinn Fein (aile politique de l’IRA), a affirmé que la situation pouvait «être résolue» si les «voix des représentants politiques des manifestants pouvaient s’élever pour défendre des enfants innocents». Le Premier ministre démissionnaire de la province, le protestant David Trimble, chef de l’UUP (modéré), a jugé la situation actuelle «terrible», évoquant un risque «sérieux de propagation dans d’autres écoles des environs». Le monde politique nord-irlandais était conscient mardi que les images des enfants diffusées dans le monde entier ont causé un tort considérable à l’image de l’Irlande du Nord, qui peine tant à établir la paix sur son territoire après trente années de troubles. La mort suspecte d’un adolescent de 16 ans, protestant, renversé mardi matin par une voiture alors qu’il circulait à vélo, laissait craindre un nouveau débordement de violence. La police enquête sur les circonstances de l’accident et a arrêté une femme. Des témoins ont affirmé que la voiture, émergeant d’un quartier catholique, avait délibérément renversé le jeune garçon. Un ami de la victime a affirmé : «Ce sera œil pour œil, dent pour dent».
Les appels au calme se multipliaient hier en Irlande du Nord, après la diffusion d’images qui ont bouleversé l’opinion publique : des enfants catholiques en larmes, terrorisés par les invectives de loyalistes protestants massés sur le chemin de leur école à Belfast. Les violentes scènes de lundi se sont répétées mardi sur le chemin de l’école catholique Holy Cross au nord de Belfast : mêmes insultes hurlées par des loyalistes protestants surexcités, mêmes jets de bouteilles et pierres, et mêmes fillettes de 5 à 11 ans, apeurées, serrées contre leurs parents. Seule nuance par rapport à la veille : à la place des cordons de policiers qui formaient une haie pour protéger les enfants, quelque 70 véhicules blindés avaient été déployés, formant un cordon sanitaire. Les policiers ont chargé à plusieurs...