Les champions du monde et d’Europe de football ont concédé samedi à Santiago leur troisième défaite de la saison contre le Chili (2-1), une sorte d’avertissement encore sans conséquence face à une formation très motivée et portée par un grand élan collectif. Avant-dernier du groupe éliminatoire d’Amérique du Sud, en pleine crise sportive et technique, le Chili a en effet su puiser des forces dans ses racines et son orgueil pour bousculer leurs prestigieux adversaires. Pris à la gorge d’entrée, les Français, comme devant l’Espagne le 28 mars à Valence (1-2), ont laissé entrevoir quelques failles dans une mécanique que l’on pensait bien huilée, ce qui a débouché sur des ratés au niveau du réalisme. «Nous n’avons pas su relever le défi technique des Chiliens», commentait à chaud Roger Lemerre, l’entraîneur, peut-être pas si fâché que cela par ce résultat. Surpris par «le jeu court, la technicité et la joie de jouer» des Chiliens, les champions du monde «ont manqué d’élan collectif» et «de réalisme» pour revenir dans le match. En fait, les camarades de Zinédine Zidane, sans doute en raison d’une préparation plus ou moins avancée en fonction de leurs championnats respectifs, ont souvent donné l’impression de ne pas jouer sur le même tempo. Pour certains également, la motivation était loin d’être à la hauteur de celle d’une équipe chilienne sublimée par le désir de rendre hommage à son capitaine Ivan Zamorano. Riche en enseignements «Venir d’aussi loin, faire 28 heures d’avion et repartir sans rien. On est en droit d’être amers. C’était peut-être dû à un manque de concentration», avouait Bixente Lizarazu toujours en colère d’avoir laissé échapper «une victoire largement à notre portée, quand on voit le potentiel de notre équipe». C’était oublier un peu rapidement que les Chiliens, même s’ils ont encaissé six buts en deux matches contre l’Argentine (4-1 et 2-0), ont quand même un fonds de jeu leur permettant de se surpasser, comme contre le Brésil le 15 août 2000 (3-0). «Je suis déçu, mais il n’y a rien à remettre en cause», affirmait Marcel Desailly au terme d’un match où la défense à parfois donné de la bande devant le jeu très technique et court des Sud-Américains, comme sur «le sublime et merveilleux» petit pont, selon Lemerre, que lui a infligé Zamorano avant d’offrir le premier but. Finalement, ce match, peut-être abordé un peu trop la fleur au fusil, aura été très riche en enseignements. Sans parler de «la glissade de Lebœuf», sur le second but, il aura notamment permis de revoir jouer ensemble Henry et Trezeguet, un attelage qui pourrait refaire parler de lui. Mais, déjà, il faut tourner la page, regagner la vieille Europe pour s’égailler dans les clubs jusqu’au prochain rendez-vous. «L’important, ce sera de répondre présent le jour J», essaie de se consoler Lizarazu, qui éprouve bien des difficultés à digérer cet échec. C’est sans doute le genre de réactions qui satisferont le sélectionneur. «C’est une dimension importante de voir vivre le groupe dans la défaite», souligne ainsi Roger Lemerre, attendant avec impatience le match contre l’Algérie le 6 octobre au Stade de France, à Saint-Denis (banlieue de Paris), pour voir comment les joueurs aborderont cette fois ce nouveau rendez-vous sans véritable enjeu.
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