Le Fonds monétaire international (FMI) envisage un ralentissement prolongé de l’activité économique mondiale et s’apprête à réviser à la baisse ses prévisions de croissance en 2001 et 2002 pour la zone euro, rapporte le quotidien Financial Times Deutschland (FTD). En raison de «l’inhabituelle grande incertitude et de risques» pesant sur l’économie mondiale, le FMI envisage deux scénarios, poursuit le quotidien en citant un rapport de l’institution dont la presse italienne s’était déjà fait l’écho mercredi. Le premier scénario se fonde sur une reprise modérée de l’activité économique aux États-Unis et dans la zone euro, tandis que le second, plus alarmiste, tient compte d’une reprise moins bonne que prévu de la productivité aux États-Unis, selon le document que s’est procuré le quotidien. Cette seconde hypothèse «pourrait entraîner un affaiblissement beaucoup plus prononcé et plus long de l’économie mondiale – à l’image de celui du début des années 80 et du début des années 90», prédit le FMI dans son rapport. Ce document devrait être adopté la semaine prochaine par la direction de l’institution et présenté fin septembre à la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Compte tenu du tassement de la conjoncture, le FMI va réviser à la baisse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro à 2 % cette année contre 2,4 % précédemment et à 2,4 % en 2002 contre 2,8 % selon une estimation publiée au printemps, selon le rapport cité par le FTD. Pour l’Allemagne, première économie de la zone euro, l’institut va revoir également à la baisse ses dernières estimations. Il table désormais sur une croissance de 1,2 % cette année (contre 1,9 % auparavant) et de 2,1 % en 2002 (contre 2,6 %), ajoute le quotidien. En revanche, les prévisions du FMI pour la première puissance économique mondiale, les États-Unis, restent inchangées avec une croissance de 1,5 % cette année et 2,5 % l’an prochain, poursuit le journal. À l’inverse, l’institut se montre très pessimiste pour le Japon. Ce pays pourrait «entrer en récession pour la quatrième fois en l’espace d’une décennie». Le FMI table à présent sur un recul de la croissance du PIB japonais de 0,2 % cette année, contre une légère croissance dans ses estimations printanières. En 2002, il table sur une légère reprise de la croissance de 0,5 %, insuffisante pour redonner suffisamment de tonus à l’économie, souligne le quotidien. Le tassement de l’activité économique mondiale est dû notamment à trois facteurs, selon le document du FMI : l’augmentation des prix du pétrole en 2000, des doutes concernant la profitabilité des entreprises à l’origine de la chute des places financières, ainsi que la politique monétaire restrictive aux États-Unis et en Europe au cours des années 1999 et 2000. L’institution estime par ailleurs que le dollar est surévalué par rapport à l’euro, ce qui freine la reprise aux États-Unis et réduit les marges de manœuvre pour une baisse des taux d’intérêt en Europe, poursuit le quotidien au style indirect. Le FMI préconise de nouveaux assouplissements monétaires aux États-Unis dans l’hypothèse où la reprise tarderait à venir. La Réserve fédérale (Fed) américaine a déjà abaissé ses taux à sept reprises cette année. Et pour redonner du tonus à l’économie, l’institution préconise entre autres un desserrement du cordon monétaire. La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi ses taux d’un quart de point de base pour la deuxième fois cette année.
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