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Actualités - Chronologies

Le coup d’éclat des Palestiniens donne une nouvelle ampleur à l’intifada

Le raid audacieux effectué par deux combattants palestiniens samedi matin dans le sud de la bande de Gaza constitue la première véritable action de guérilla depuis le début de l’intifada et, à ce titre, un saut qualitatif majeur pour la révolte palestinienne. Cette attaque spectaculaire, qui a coûté la vie à ses deux auteurs, mais aussi à trois soldats israéliens, dont un officier, a également mis en exergue de sérieuses failles dans la cuirasse de l’armée israélienne, dont la supériorité est pourtant énorme, et ne peut que contribuer à mettre à mal son image d’invincibilité. Elle apparaît comme le premier succès militaire des Palestiniens sur l’armée israélienne depuis le début de l’intifada, le 28 septembre, et comme un fiasco pour l’armée israélienne. Celle-ci restait sur deux ratés au cours des derniers jours, des raids d’hélicoptères visant à liquider deux activistes palestiniens, mercredi et jeudi, qui avaient manqué leur cible. «J’aurai espéré de meilleurs résultats», a admis lors d’un point de presse le chef de la région militaire sud d’Israël, qui comprend la bande de Gaza, le général Doron Almog. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête pour savoir comment les deux Palestiniens avaient pu s’infiltrer jusqu’au cœur d’une position militaire israélienne gardée par des soldats du régiment d’infanterie d’élite Givati sans être détectés et interceptés. Outre les trois soldats tués, sept autres ont été blessés. L’intifada avait vu, dans un premier temps, de jeunes Palestiniens affronter avec des pierres des soldats israéliens armés jusqu’aux dents, un combat inégal qui s’était traduit par la mort de nombreux manifestants. Mais les jets de pierre avaient ensuite rapidement cédé le devant de la scène aux embuscades tendues aux colons sur les routes des territoires occupés par des militants du Fatah, le mouvement du président Yasser Arafat, puis aux attentats à la bombe, notamment les attaques-suicide œuvres de kamikazes appartenant au Hamas et au Jihad islamique, deux organisations intégristes, et visant des civils en Israël même. Les seules actions pouvant être décrites comme des opérations de guérilla se limitaient à des bombes placées sur le parcours de patrouilles militaires et actionnées à distance, des jets de grenades et des tirs d’obus de mortier dans la bande de Gaza. Mais à aucun moment il n’y avait eu combat entre militants palestiniens et soldats de l’armée. Le raid de samedi constitue donc une grande première. Le général Almog a lui-même reconnu que les deux Palestiniens, armés de fusils d’assaut kalashnikov et de grenades, avaient «fait preuve d’une audace qu’on n’avait pas vue jusqu’à présent» en pénétrant au milieu de la nuit dans une position baptisée Marganit située dans le sud du bloc de colonies du Goush Katif. Il était trop tôt pour dire s’il s’agissait d’un tournant dans l’intifada ou d’un événement sans lendemain. Le général Almog semble pencher pour la première hypothèse, puisqu’il a prédit qu’il y aurait «d’autres événements de ce genre». Mais il est clair que l’événement, en raison de ses circonstances, a marqué les esprits en Israël, faisant resurgir le souvenir du bourbier libanais et le spectre du Hezbollah qui inspire aujourd’hui de nombreux Palestiniens. Le ministre israélien des Communications, Reuven Rivlin, a ainsi accusé les Palestiniens d’avoir recours «aux tactiques du Hezbollah». Le retrait unilatéral par Israël du Liban-Sud, en mai 2000, a été interprété par les Palestiniens comme l’armée israélienne battant en retraite face au Hezbollah et les dirigeants israéliens estiment que cela a donné des idées au président Yasser Arafat pour la bande de Gaza et la Cisjordanie. Mais plus que sur le plan militaire, les dirigeants israéliens craignaient l’impact de ce raid sur le plan psychologique, celui du moral des troupes et de la nation. «La question qui se pose n’est pas de savoir comment nous allons réagir militairement, mais mentalement», a ainsi commenté le ministre des Transports, Ephraïm Sneh, vice-ministre de la Défense lors du retrait du Liban. Il a notamment évoqué un danger «de fléchissement de la détermination de la nation» face à l’intifada.
Le raid audacieux effectué par deux combattants palestiniens samedi matin dans le sud de la bande de Gaza constitue la première véritable action de guérilla depuis le début de l’intifada et, à ce titre, un saut qualitatif majeur pour la révolte palestinienne. Cette attaque spectaculaire, qui a coûté la vie à ses deux auteurs, mais aussi à trois soldats israéliens, dont un officier, a également mis en exergue de sérieuses failles dans la cuirasse de l’armée israélienne, dont la supériorité est pourtant énorme, et ne peut que contribuer à mettre à mal son image d’invincibilité. Elle apparaît comme le premier succès militaire des Palestiniens sur l’armée israélienne depuis le début de l’intifada, le 28 septembre, et comme un fiasco pour l’armée israélienne. Celle-ci restait sur deux ratés au cours...