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Actualités - Chronologies

L’Allemagne, médiatrice malgré elle au Proche-Orient

L’Allemagne réunifiée paraît désormais assumer malgré elle sur l’échiquier diplomatique la place qui revient à une grande puissance européenne, comme le démontre la médiation réussie au Proche-Orient de son ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer. «Chapeau !», titre le quotidien General Anzeiger paru hier. Si la réussite de la dernière médiation de M. Fischer, lorsqu’il était intervenu au pied levé après l’attentat-suicide du 1er juin à Tel-Aviv pour prévenir un dérapage de violence, a pu être considérée comme un coup de chance, «cela n’est certainement pas le cas cette fois-ci», estime le journal. Lors de sa deuxième tournée au Proche-Orient en moins de trois mois, le ministre allemand a atteint mardi un des buts qu’il s’était fixés: rapprocher Israéliens et Palestiniens. Le président palestinien Yasser Arafat a annoncé qu’il était d’accord pour rencontrer le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres, probablement à Berlin, à une date non précisée. Joschka Fischer ne cesse pourtant de répéter qu’il n’entend pas assumer un rôle de médiateur au Proche-Orient, que «le rôle principal» revient aux États-Unis et que l’Allemagne se contente d’apporter une contribution à la paix. Mais son voyage intervient alors que l’absence de la nouvelle Administration américaine dans la région se fait criante. Les pays arabes réclament avec une insistance croissante l’implication de l’Europe. Et l’Allemagne, que son passé lie de facto à l’État juif, a la confiance d’Israël. «Nous soutenons fermement le droit à l’existence d’Israël et le droit de ses citoyens à vivre dans des frontières sûres, en paix avec ses voisins», avait déclaré en mai M. Fischer devant l’American Jewish Committee à Washington. Cette position de l’Allemagne «est non négociable et continuera de déterminer le caractère unique de nos relations avec Israël», avait-il affirmé. Si elle repose sur ces bases immuables, la diplomatie de l’Allemagne d’aujourd’hui tranche toutefois avec l’extrême prudence de celle du chancelier Helmut Kohl (1984-1998), qui entretenait des relations amicales avec les pays de la région mais refusait de se mêler des conflits. Berlin n’a plus peur de juger : «Le gouvernement israélien n’a pas le droit de faire certaines choses, pas plus que les Palestiniens n’ont le droit d’imposer la terreur en Israël», déclarait début août le numéro deux du ministère allemand, Ludger Volmer. Cette attitude a «pour cadre une diplomatie européenne plus active», basée sur la déclaration de Berlin où, en mars 1999, les Quinze avaient affirmé le droit des Palestiniens à «un État viable» issu de négociations avec Israël, relève Volker Perthes, expert pour le Proche-Orient de la Fondation allemande des sciences politiques (SWP). Au Proche-Orient comme dans tous les domaines de politique étrangère, l’Allemagne n’entend pas faire cavalier seul. Joschka Fischer, qui endosse selon M. Perthes le costume d’«un ministre européen des Affaires étrangères», a le soutien de Paris. Il s’est entretenu avant son départ lundi avec son homologue français des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Pour le chercheur du SWP, l’Allemagne ne risque pas de faire de l’ombre à la France sur ce terrain. Les méthodes employées sont certes «très différentes» mais complémentaires, et les deux pays ont selon lui une conception semblable du «but à atteindre et de la stratégie pour y parvenir». De cet investissement accru de l’Allemagne au nom de l’Europe, les pays arabes espèrent voir émerger un véritable contrepoids aux États-Unis, classiquement alliés d’Israël, souligne M. Perthes. «Ils vont être déçus», estime-t-il. Paris et Berlin veulent au contraire travailler «dans un esprit de coopération» avec Washington, «impliquer les États-Unis dans la responsabilité» du processus de paix au Proche-Orient. M. Fischer en a fait son mantra : le rôle des États-Unis dans la région est «irremplaçable».
L’Allemagne réunifiée paraît désormais assumer malgré elle sur l’échiquier diplomatique la place qui revient à une grande puissance européenne, comme le démontre la médiation réussie au Proche-Orient de son ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer. «Chapeau !», titre le quotidien General Anzeiger paru hier. Si la réussite de la dernière médiation de M. Fischer, lorsqu’il était intervenu au pied levé après l’attentat-suicide du 1er juin à Tel-Aviv pour prévenir un dérapage de violence, a pu être considérée comme un coup de chance, «cela n’est certainement pas le cas cette fois-ci», estime le journal. Lors de sa deuxième tournée au Proche-Orient en moins de trois mois, le ministre allemand a atteint mardi un des buts qu’il s’était fixés: rapprocher Israéliens et Palestiniens. Le...