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Actualités - Chronologies

Le continent noir des neurosciences - L’exploration du cerveau

En mai passé a eu lieu à Toulouse (France) le premier colloque francophone mondial de neurosciences. Réunissant plus de 1500 spécialistes, cette assemblée constitue un événement majeur autant pour le monde scientifique que pour la francophonie, étant la première conférence scientifique d’une telle envergure. Axés sur le cerveau, tous les travaux accomplis jusqu’à présent n’arrivent pas cependant à élucider bon nombre d’interrogations concernant le fonctionnement de ce précieux organe. Les neurosciences représentent cet ensemble de disciplines diversifiées, attelées à l’étude et à l’exploration des arcanes de ce continent noir qui garde encore bien de secrets. Il y a en effet des questions cruciales qui se posent à l’heure actuelle concernant des maladies dégénératives graves, ignorées dans le passé, telles l’Alzheimer ou l’ESB. Mais il y a aussi une récrudescence de cancers cérébraux constatée dans les pays avancés dont on ignore toujours la cause. Afin d’explorer pour mieux avancer dans ces domaines n’ayant pas encore délivré tous leurs secrets, les chantiers de la recherche déplorent un effort colossal. Des pas en avant ont été réalisés. Mais le chemin est long et semé d’embûches. Ce grand congrès francophone a eu donc comme objectif de faire le point en resserrant les liens entre combattants d’une même cause. D’autant plus que le combat est dur et le chemin s’annonce long dans l’exploration de ce prodigieux ordinateur humain. Le premier pas décisif dans le domaine des neurosciences concernant la recherche sur le cerveau a été franchi voilà une vingtaine d’années, lorsque des cellules nerveuses embryonnaires in vitro ont été mises en culture. Il s’agissait de cellules fœtales de rat qui, en présence d’un milieu nutritif (glucose, minéraux, acides aminés), commencèrent à émettre des prolongements de neurones parcourus par d’influx nerveux ainsi que des prolongements du cytoplasme formant des arborisations et même des synapses (espaces entre les neurones) fonctionnelles. Par la suite, la progression des travaux a permis la pousse de neurones sur des surfaces artificielles ainsi que la spécification des substances fabriquées par le tissu nerveux et par ces cibles. Une nouvelle technique permet aujourd’hui la cohabitation des neurones biologiques avec des neurones électroniques connectés par des synapses artificielles. Le neurone biologique est relié au neurone artificiel par une microélectrode implantée dans son intérieur afin d’y délivrer du courant ou y recueillir les courants qu’il génère. Cet ensemble, toutefois, ne fonctionne que dans un système neuronal simple, tel celui des invertébrés dont les réseaux nerveux ne comportent que quelques neurones. Les essais en cours À l’heure actuelle, des neurones artificiels sont gravés sur circuits intégrés. Ils reproduisent les fonctions intervenant dans les modèles mathématiques de neurones. Ils sont programmables et simulent l’activité des neurones en temps réel. Il devient donc possible de rectifier certaines parties du réseau de neurones en cas de besoin. Une boucle neuronale a déjà été reconstituée en laboratoire et des essais sont à l’étude pour compléter le message électrique par des médicaments. Des études sont également poursuivies pour développer l’apprentissage dans le réseau des neurones. Il s’agit là de recherches interdisciplinaires dont les résultats au cours de ces dernières années sont particulièrement encourageants. Ainsi, le 28 juin 2000, des rétines artificielles ont été implantées sur trois patients atteints de rétinite pigmentaire pour la première fois dans les annales ophtalmologiques. L’événement a eu lieu aux États-Unis, au Chicago Medical Center. La puce mesurait trois millimètres de diamètre et était composée de 3500 microcellules solaires. Celles-ci délivrent des faibles courants électriques sous l’effet de la lumière au nerf optique. Des chercheurs belges, de l’université de Louvain, réussissaient la même année à brancher des électrodes pilotées par une puce directement sur le nerf optique d’une personne aveugle, afin de le relier à une micro-caméra. Le colloque de Toulouse a permis de faire le point sur les performances accomplies et les espoirs en cours de réalisation. Il a surtout convaincu, si besoin en était, que seule une collaboration internationale étroite permettrait d’accélérer le rythme des travaux et la réalisation des progrès dont l’humanité a un si grand besoin...
En mai passé a eu lieu à Toulouse (France) le premier colloque francophone mondial de neurosciences. Réunissant plus de 1500 spécialistes, cette assemblée constitue un événement majeur autant pour le monde scientifique que pour la francophonie, étant la première conférence scientifique d’une telle envergure. Axés sur le cerveau, tous les travaux accomplis jusqu’à présent n’arrivent pas cependant à élucider bon nombre d’interrogations concernant le fonctionnement de ce précieux organe. Les neurosciences représentent cet ensemble de disciplines diversifiées, attelées à l’étude et à l’exploration des arcanes de ce continent noir qui garde encore bien de secrets. Il y a en effet des questions cruciales qui se posent à l’heure actuelle concernant des maladies dégénératives graves, ignorées dans le...