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Actualités - Chronologies

L’Alliance affiche sa prudence pour une mission incertaine

Mission limitée dans le temps, simple collecte d’armes sans contrainte ni pression: les premiers militaires de l’Otan, arrivés en Macédoine, ont prévenu qu’ils n’allaient «pas à la guerre» et ont laissé planer doute et incertitude sur leur opération. «Nous récoltons les armes que l’on voudra nous donner, on ne vient pas faire de l’interposition, on ne vient pas imposer un cessez-le-feu», a résumé le commandant Hervé Fouilland, porte-parole du détachement français. Seize Français, seize Tchèques et une quarantaine de Britanniques se sont posés vendredi soir à Skopje. Ils constituent les premiers détachements d’une avant-garde de 400 militaires, qui doit préparer le déploiement probable d’une force de 3 500 hommes de l’Otan, dont la mission Récolte essentielle consistera à récupérer des armes volontairement remises par la guérilla albanaise. «Nous ne sommes pas ici pour une mission de désarmement ou de maintien de la paix. Si le Conseil de l’Otan prend la décision de déployer la force, notre tâche sera de collecter les armes, remises par les groupes albanais», a aussi averti le général Barney White-Spunner, qui commandera les forces britanniques, soit le gros du contingent de l’Otan. Le succès de l’opération, qui doit encore recevoir le feu vert définitif du Conseil de l’Otan, semble réellement reposer sur la bonne volonté des deux camps, mais surtout des Albanais de l’Armée de libération nationale (UCK). Contrôlant une partie du territoire macédonien, ils pourraient être réticents à remettre volontairement leurs armes en quantité suffisante. «C’est une mission fondamentalement nouvelle», estime le colonel Philippe Bras, qui commandera le bataillon français de la force, composé d’environ 530 hommes, pour la plupart des légionnaires du 2e Régiment étranger d’infanterie de Nîmes (Sud). «C’est une mission dans laquelle on essaiera d’intervenir en préalable à la crise pour aider, à la demande du gouvernement macédonien, à la mise en œuvre de l’un des volets d’un accord politique», a-t-il précisé. Les militaires de l’Otan comptent sur la relative précocité de leur intervention pour, en partie, assurer son succès. Contrairement aux autres conflits dans les Balkans, l’Alliance atlantique interviendra avant qu’une guerre n’éclate, dans le but de rétablir la stabilité de la Macédoine. «S’il n’y pas de bonne volonté de part et d’autre, ils ne vont jamais se réconcilier», explique un officier de l’avant-garde de l’Otan. Les militaires de l’Otan se retrouvent au centre d’une contradiction. Les Macédoniens en attendent un désarmement énergique, ou au moins substantiel de l’UCK. La guérilla albanaise rêve d’une sanctuarisation de ses conquêtes, de la création d’un petit Kosovo, sous protection internationale. Or l’Otan a décidé que son opération serait limitée dans le temps. Elle ne doit durer qu’un mois, ce qui offre peu de garanties à l’UCK. Les militaires de l’Alliance atlantique n’excluent cependant pas qu’elle soit prolongée au-delà de ce délai. «Une évaluation sera faite au bout de 30 jours, puis les autorités de l’Otan en tireront les conclusions», a déclaré le colonel Philippe Bras.
Mission limitée dans le temps, simple collecte d’armes sans contrainte ni pression: les premiers militaires de l’Otan, arrivés en Macédoine, ont prévenu qu’ils n’allaient «pas à la guerre» et ont laissé planer doute et incertitude sur leur opération. «Nous récoltons les armes que l’on voudra nous donner, on ne vient pas faire de l’interposition, on ne vient pas imposer un cessez-le-feu», a résumé le commandant Hervé Fouilland, porte-parole du détachement français. Seize Français, seize Tchèques et une quarantaine de Britanniques se sont posés vendredi soir à Skopje. Ils constituent les premiers détachements d’une avant-garde de 400 militaires, qui doit préparer le déploiement probable d’une force de 3 500 hommes de l’Otan, dont la mission Récolte essentielle consistera à récupérer des armes...