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Actualités - Chronologies

Parade militaire sous surveillance policière au sanctuaire Yasukuni

Uniformes immaculés, des vétérans japonais de la Seconde Guerre mondiale ont fièrement paradé hier sur le parvis du sanctuaire de Yasukuni à Tokyo, consacré aux anciens combattants nippons mais aussi à des criminels de guerre. Plusieurs dizaines de septuagénaires nostalgiques ont commémoré le 56e anniversaire de la capitulation nippone (15 août 1945) à Yasukuni où le Premier ministre Junichiro Koizumi s’était rendu lundi, déclenchant une tempête de protestations dans toute l’Asie. Le rôle de Yasukuni comme monument aux morts national est très contesté parce que depuis 1978, 1 068 criminels de guerre y sont honorés dont 14 anciens dirigeants nippons exécutés à la fin de la guerre. Aux yeux du reste de l’Asie, ce sanctuaire symbolise le passé militariste et colonial du Japon. Une série de ministres se sont rendus hier au sanctuaire portant à 10 sur 17 le nombre de membres du gouvernement Koizumi à avoir visité ce lieu. Rigoureusement alignés sur trois rangées, 26 ex-soldats ont défilé derrière le drapeau de la marine impériale frappé du soleil levant, de triste mémoire en Asie. Ils ont chanté l’hymne de leur corps d’armée au son du clairon devant plusieurs milliers de personnes, avant de saluer en levant en l’air leurs anciens fusils à baïonnette. La police était très mobilisée pour éviter tout dérapage avec 2 300 agents, dont des policiers antiémeutes. Ils ont dû intervenir pour séparer des manifestants pacifistes et des activistes de droite qui avaient commencé à se bousculer devant le sanctuaire. Kazuo Shinkai, 74 ans, vient tous les ans d’Okayama, à 550 km à l’ouest de Tokyo, pour rendre hommage à 200 de ses camarades tombés au champ de bataille et ne comprend pas les controverses soulevées par le sanctuaire de Yasukuni. «Partout dans le monde, dans chaque pays, il est naturel de commémorer ceux qui ont sacrifié leur vie pour la nation. Je ne suis ni de droite ni de gauche. Je pense juste qu’il est de mon devoir d’honorer mes camarades morts à la guerre dans mon vieil uniforme», a-t-il déclaré. Kanichi Kinoshita, 74 ans, qui vit à Saitama (nord de Tokyo), porte son vieil uniforme kaki et son sac-parachute. Vétérinaire à la retraite, il raconte qu’il avait été sélectionné comme pilote kamikaze, mais que la guerre s’est terminée avant que son tour n’arrive. «Je suis venu m’excuser auprès de deux camarades tués à Okinawa. Le jour de leur départ, je leur avais promis d’aller les retrouver à Okinawa mais la guerre a cessé et je n’ai pas tenu ma promesse. Je me sens coupable», explique-t-il. Pour cet ancien soldat, le Japon doit ignorer les objections des autres pays aux cérémonies de commémoration du temple Yasukuni. «Le Japon est un pays avancé, on ne peut pas s’incliner comme cela devant les pays voisins», lance-t-il.
Uniformes immaculés, des vétérans japonais de la Seconde Guerre mondiale ont fièrement paradé hier sur le parvis du sanctuaire de Yasukuni à Tokyo, consacré aux anciens combattants nippons mais aussi à des criminels de guerre. Plusieurs dizaines de septuagénaires nostalgiques ont commémoré le 56e anniversaire de la capitulation nippone (15 août 1945) à Yasukuni où le Premier ministre Junichiro Koizumi s’était rendu lundi, déclenchant une tempête de protestations dans toute l’Asie. Le rôle de Yasukuni comme monument aux morts national est très contesté parce que depuis 1978, 1 068 criminels de guerre y sont honorés dont 14 anciens dirigeants nippons exécutés à la fin de la guerre. Aux yeux du reste de l’Asie, ce sanctuaire symbolise le passé militariste et colonial du Japon. Une série de ministres se sont...