Le Courant patriotique libre (CPL - aouniste) a estimé hier que «l’illusion de l’État de droit et des institutions entretenue par le pouvoir s’était effondrée» avec l’arrestation des militants du «courant indépendantiste souverainiste», à savoir les FL et le courant aouniste. «Le dernier déguisement derrière lequel le pouvoir cachait son visage policier est tombé», a poursuivi le CPL. «Il n’a pas réussi à saisir le sens des slogans favorables à la souveraineté et à la liberté d’expression et a eu peur de la rencontre des gens dans un climat de liberté, de réconciliation et de libre arbitre», a ajouté le CPL. «C’est pour cela qu’il s’est jeté sur le courant souverainiste, dévoilant son véritable aspect répressif et a incarcéré tous ses dirigeants, croyant ainsi mettre fin à la dynamique du courant et à sa demande légitime d’édifier un Liban démocratique, souverain et civilisé», a-t-il souligné. Dénonçant le «pouvoir importé», le CPL a appelé «la société civile dans toutes ses composantes à réagir contre les mesures policières par un mouvement civil global et actif pour arriver aux buts nationaux». Il a par conséquent appelé à la participation au sit-in organisé aujourd’hui jeudi devant l’Ordre des avocats, au Palais de Justice, à Beyrouth, à 10h. De son côté, le comité des juristes au sein du CPL a appelé à la libération immédiate de tous les prisonniers, à la cessation des poursuites contre les militants FL et aounistes et à la traduction en justice de tous les responsables des arrestations. Le comité a enfin appelé tous les syndicats professionnels, les partis et les courants politiques «à faire face aux arrestations illégales». Pour sa part, le général Michel Aoun a affirmé que «l’escalade se poursuivra par des manifestations populaires auxquelles le CPL devrait appeler dans les prochains jours». Contacté par L’Orient-Le Jour, le général Aoun a confirmé l’arrestation de la quasi-totalité des dirigeants du courant aouniste, parmi lesquels MM. Georges Haddad, Hikmat Dib, Mario Aoun, Gebran Bassil, Naïm Aoun, Fady Abou Jamra et Tony Harb. Il a par ailleurs affirmé que les soins étaient refusés à certains malades parmi les personnes arrêtées. Le général Aoun a appelé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les organisations sanitaires locales et internationales «à assumer leurs responsabilités et à s’informer de l’état de santé des personnes interpellées», mettant en garde les «geôliers» contre toute détérioration de leur santé. Le Rassemblement pour le Liban (RPL - aouniste, basé en France) a quant à lui dénoncé «les arrestations arbitraires qui ont visé plusieurs centaines d’opposants politiques au régime en place au Liban», parmi lesquelles celle du secrétaire général du RPL, Nadim Freiha, qui possède la nationalité française. «Nous ne pouvons qu’être inquiets sur le sort des personnes arrêtées et devant ces méthodes staliniennes utilisées par un pouvoir aux abois contre ses opposants politiques qui réclament l’indépendance, la souveraineté et le retrait des troupes syriennes du Liban. Ceci montre une fois de plus aux yeux de la communauté internationale le vrai visage d’un régime dictatorial et de l’idée qu’il a faite des valeurs universelles de droit de l’homme, de tolérance et de liberté», a estimé le RPL. Il a appelé «les instances internationales, et plus particulièrement les autorités françaises, à intervenir très rapidement auprès du pouvoir libanais pour libérer ces prisonniers politiques», en affirmant qu’il a entamé «une campagne d’actions auprès des officiels français et des médias pour les informer de la situation sur place». Le Bureau central de coordination national (BCCN) a estimé que les arrestations des aounistes et des FL visaient «à entâcher la rencontre entre le patriarche Sfeir et le député Walid Joumblatt dans la Montagne». «Le pouvoir a cherché à annihiler les effets positifs de cet événement à travers une réaction primaire et qui fait fi des libertés et des droits de l’homme les plus élémentaires», a poursuivi le BCCN. «Mais ce comportement ne fera que consacrer l’unité entre les Libanais et les mobiliser, toutes appartenances confondues, dans le cadre du combat pour la liberté, la souveraineté, l’indépendance et la libre décision», a conclu le BCCN.
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