Phoolan Devi, 38 ans, la reine des bandits indiens, abattue mercredi par plusieurs tueurs à New Dehli, était entrée dans la légende comme meurtrière mais aussi comme défenseur des opprimés. Élue au parlement fédéral indien en 1996 sur son programme de défense «des femmes et des opprimés», réélue en 1999, cette ancienne «femme-bandit» illettrée, accusée du massacre de 22 hommes en 1981, avait passé onze ans en prison avant de se présenter aux élections. Députée de Mirzapur, non loin de Bénarès, elle était encore sous le coup de nombreuses inculpations pour des motifs allant du «meurtre collectif» à l’enlèvement et au vol à main armée. Née d’une famille de très basse caste, Phoolan Devi est une héroïne pour de nombreux membres des classes les plus défavorisées de la société indienne pour avoir dénoncé les «oppresseurs» des hautes castes. Mariée à 11 ans à un homme qui a trois fois son âge, elle s’enfuit et est enlevée par une bande de hors-la-loi qui écument la région accidentée du Chambal dans le centre de l’Inde. Quelques années plus tard, son amant, un bandit, est assassiné par une bande rivale. Conduite de force dans le village de Behmai, victime de mauvais traitements, elle est régulièrement violée par les villageois. En 1981, elle constitue sa propre bande et, pour se venger, tue, à coups de fusil, 22 villageois de Behmai, dans l’État d’Utar-Pradesh où elle sera élue députée quinze ans plus tard. Personnage médiatique en Inde et à l’étranger, la rebelle au ruban rouge, après avoir pris le maquis, se rend à la police, en 1983, la poitrine barrée d’une cartouchière, au cours d’une véritable cérémonie. Après avoir passé 11 ans en prison sans être jugée pour certains de ses crimes, elle avait été libérée en 1994 sur décision de la Cour suprême, après que Mulayam Singh Yadav, alors chef du gouvernement provincial de l’Uttar-Pradesh, eut abandonné les poursuites. Mariée quelques mois après sa libération, Phoolan Devi avait fondé une organisation de défense des «opprimés», avant d’entrer en politique sous la bannière du parti de Mulayam Singh Yadav, le Samajwadi Party (parti socialiste), une formation qui défend les intérêts des basses castes. Ironiquement, son adversaire à Mirzapur, le député sortant Virender Singh, est un thakur, une haute caste de propriétaires terriens à laquelle appartenaient ses 22 victimes présumées. Leurs veuves n’avaient pas oublié et 18 d’entre elles entamèrent une campagne contre Phoolan Devi pour la renvoyer en prison. Mais les autorités les ont empêchées de se rendre à Mirzapur, pour éviter des troubles. L’ex-reine des bandits reconvertie avait fait campagne en se présentant comme le champion des castes défavorisées. La vie aventureuse de Phoolan Devi a fait l’objet de plusieurs films, dont La Reine des bandits, salué par la critique, et d’une autobiographie Moi, Phoolan Devi, reine des bandits.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Phoolan Devi, 38 ans, la reine des bandits indiens, abattue mercredi par plusieurs tueurs à New Dehli, était entrée dans la légende comme meurtrière mais aussi comme défenseur des opprimés. Élue au parlement fédéral indien en 1996 sur son programme de défense «des femmes et des opprimés», réélue en 1999, cette ancienne «femme-bandit» illettrée, accusée du massacre de 22 hommes en 1981, avait passé onze ans en prison avant de se présenter aux élections. Députée de Mirzapur, non loin de Bénarès, elle était encore sous le coup de nombreuses inculpations pour des motifs allant du «meurtre collectif» à l’enlèvement et au vol à main armée. Née d’une famille de très basse caste, Phoolan Devi est une héroïne pour de nombreux membres des classes les plus défavorisées de la société indienne pour avoir...