Le calme est revenu hier sur le marché des changes de Beyrouth, consécutivement à la contraction de la demande du dollar et à la rareté de son offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Dans ces conditions, l’action de la BDL restait déterminante de la tendance. En se déclarant ainsi prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, celle-ci est parvenue à le maintenir au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais en raison de la pénurie d’offre en cette monnaie en dehors de la BDL, les établissements de crédit ont été amenés à s’approvisionner auprès de cette dernière et au point supérieur de sa fourchette d’intervention. Cela étant et compte tenu aussi du faible potentiel de la demande, le volume des échanges ne devait guère dépasser quelque six millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. Effritement du dollar À l’étranger, l’euro a progressé hier en fin de journée sur les marchés des changes internationaux, encouragé par un repli de l’inflation en Allemagne et en France, les opérateurs estimant que ce phénomène pourrait renforcer les chances d’une baisse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés ont, en outre, peu réagi à l’intervention dans l’après-midi d’hier du président de la Réserve fédérale Alan Greenspan devant la commission bancaire du Sénat américain, celui-ci ayant essentiellement réitéré les propos qu’il avait tenus la semaine dernière auprès de la Chambre des représentants du Congrès. Selon les cambistes, les opérateurs ont été rassurés hier par le ralentissement de l’inflation aussi bien en Allemagne qu’en France. À cet égard, ils ont été sensibilisés par l’annonce officielle que les prix à la consommation dans la première économie européenne auraient diminué en rythme annuel de 3,1 % en juin à 2,7 % en juillet, à un moment où ils apprenaient que les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont nettement progressé en juin, de 1,5 %, par rapport à mai pendant que les prix à la consommation restaient stables avec une hausse de 2,1 % pendant la même période. Par ailleurs, le discours au Sénat du président de la Fed sur la santé de l’économie américaine n’a guère influencé les cours des devises. «Ce discours était la copie conforme de celui de la semaine dernière, il n’avait rien de nouveau», a souligné une note de la banque Standard Chartered. Le président de la Fed a réaffirmé qu’un nouvel assouplissement de la politique monétaire restait possible face aux incertitudes considérables sur la situation économique. Cela étant, et compte tenu aussi de l’accélération du mouvement de baisse des Bourses américaines, le dollar devait se négocier à New York sur un ton faible comme suit : – 0,8760 pour un euro contre 0,8690, la veille – 1,4240 pour un sterling contre 1,4205 – 2,2325 DM contre 2,2505 – 7,4880 FF contre 7,5480 – 1,7190 FS contre 1,7345 – 2 210,35 lires contre 2 228,15 – 123,90 yens contre 124,45. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie hier de la baisse des actions B de Solidere de 5 1/4 à 5 1/8 dollars et de celles de Lebanon Holdings de 5,00 à 4 1/2 dollars, dans une proportion plus grande que la hausse des actions A de Solidere de 4 7/8 à 5,00 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,79 % à 54,96 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 121,95 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans un marché dénué d’animation avec 39 728 actions négociées d’une valeur totale de 113 493 dollars seulement. Rechute des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont continué de battre en retraite hier, les préoccupations sur la performance des sociétés qui y sont cotées reprenant le dessus en l’absence de déclaration nouvelle du président de la Fed au Sénat. De ce fait, les marchés boursiers américains ont surtout réagi hier aux mauvais résultats d’AT & T et de Lucent ainsi qu’aux prévisions pessimistes d’Amazon.com sur la deuxième moitié de l’année. Parmi les sociétés ayant publié leurs résultat, le groupe de télécommunications AT & T a vu son bénéfice chuter de 92 % au deuxième trimestre et a formulé un avertissement sur son chiffre d’affaires du troisième trimestre dans une proportion identique à celle observée au deuxième trimestre. Si l’économie américaine venait à s’affaiblir un peu plus, la baisse du chiffre d’affaires pourrait même être plus importante, a prévenu AT & T. De son côté, Lucent Technologies a dégringolé aussi après avoir publié une perte nettement supérieure aux attentes à 35 cents par action et la suppression de 15 000 à 20 000 emplois supplémentaires dans les prochains mois, après les 19 000 emplois déjà supprimés depuis janvier dernier. Le titre d’Amazon.com a dégringolé aussi après avoir averti que son chiffre d’affaires serait inférieur aux attentes au second semestre. Parmi les autres sociétés ayant publié de mauvais résultats, Exxon Mobil, Chevron et American Home Products ont sensiblement perdu du terrain contrairement à Honeywell et McDonald’s. Dans ce contexte, l’indice composite Nasdaq a reperdu encore du terrain, à 1 950 points, ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a fluctué entre un plus haut à 10 423,80 points et un plus bas à 10 247,08 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 271,22 points, en baisse de 153,20 points sur la veille. Les Bourses européennes creusent leur recul Les Bourses européennes ont accentué leur recul mardi, dans le sillage de marchés américains affectés par la poursuite de la série noire dans les résultats trimestriels des entreprises. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice européen FTSE Eurotop 300 reculait de 1,41 % à 1 301,77 points, tandis que l’indice DJ Euro Stoxx 50, limité aux valeurs-vedettes de la zone euro, cédait 1,07 % à 3 934,64 points. Déjà échaudés dans la matinée par les «profit warnings» des groupes de construction mécanique Invensys et ABB, les marchés ont encore dû faire face aux mauvaises nouvelles annoncées par des sociétés américaines aussi importantes qu’AT & T, Amazon.com la veille et Lucent hier. Le géant allemand de l’électronique Siemens plongeait de 6,73 % dans l’attente des résultats de son troisième trimestre aujourd’hui, accusant ainsi la plus forte baisse des valeurs vedettes européennes. D’après un sondage effectué par Reuters, les analystes s’attendent à une forte baisse de son bénéfice net. En ce qui concerne les résultats des grandes sociétés européennes publiés hier, GlaxoSmithKline, deuxième groupe pharmaceutique mondial, a annoncé au titre de son deuxième trimestre un bénéfice en hausse de 13 % et s’est déclaré en mesure d’atteindre son objectif de croissance de 13 % du BPA hors exceptionnels sur l’ensemble de l’exercice. Ces chiffres étant simplement conformes aux analystes, le titre n’a pas échappé à un recul de 1,17 %, effaçant ainsi une légère progression enregistrée en séance. Tokyo : en hausse avec les bancaires La Bourse de Tokyo a terminé en hausse mardi, grâce aux valeurs bancaires qui ont regagné du terrain après avoir entraîné la veille le marché nippon à un plus bas de 16 ans. L’indice Nikkei a clôturé en nette hausse de 2,36 % (273,62 points) à 11 883,25 et l’indice Topix sur un gain de 1,38 % (16,10 points) à 1 179,86. Les investisseurs restent toutefois prudents et pensent que le rebond, qui pourrait n’être que technique, risque d’être de courte durée. Ils restent déçus que le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi n’ait toujours pas concrétisé ses projets de réformes financières. Le marché a peut-être spéculé sur l’effet haussier de commentaires qui pourraient éventuellement émerger d’une réunion de responsables de la coalition au pouvoir, prévue mercredi, et portant justement sur la faiblesse actuelle des cours. «Ils ont le dos au mur. Le marché suppose donc qu’une éventuelle mesure politique, telle qu’une baisse de la fiscalité sur les valeurs, pourrait être annoncée à l’issue de cette réunion», a commenté Tatsuyuki Kawasaki, de Kaneyama Securities. «Mais la tendance est toujours baissière», a-t-il ajouté. L’évolution du cours de la première banque mondiale en termes d’actifs, Mizuho Holdings, est révélatrice des mouvements de lundi et mardi, puisqu’elle entraîne lundi les bancaires et le Nikkei avec une hausse de 4,99 % à 442 000 yens, après avoir chuté la veille de plus de 7 %. «Le rebond des banques et du Nikkei est purement technique», a commenté Masaru Kazama, de Nissan Securities. «Nous attendons toujours des pouvoirs publics qu’ils fixent des étapes concrètes pour les réformes, mais nous n’avons que des paroles et pour les investisseurs, cela ne suffit pas», a-t-il ajouté.
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