L’annonce de la tenue du prochain sommet du G8 à Kananaskis, une petite station touristique au pied des Rocheuses, a été une grande surprise pour ses résidents qui voient d’un œil plus ou moins bon la perspective d’accueillir un tel événement après les violences de Gênes. Devant les débordements croissants suscités désormais par toutes les grandes rencontres économiques internationales, le Premier ministre canadien Jean Chrétien a préféré choisir ce village situé dans un parc de l’Alberta, à une heure de route de Calgary, dans l’ouest du Canada. «Là où nous allons, il n’y a que 350 chambres, a affirmé aux journalistes le Premier ministre à Gênes. Si vous voulez venir, il faudra apporter votre sac de couchage»... Le responsable administratif de Kananaskis, Craig Reid, semblait se résigner à l’idée de voir débarquer en juin 2002 les grands dirigeants de la planète. «Ce n’était certainement pas l’usage prévu pour le parc lors de sa création, a souligné M. Reid. Mais c’est un fait accompli, le Premier ministre les a invités, alors nous allons nous préparer et les accueillir». De son côté, le directeur d’un groupe écologiste de la région, Stephen Legault, a jugé «ce lieu de rendez-vous inadéquat». Les Albertains se sont toujours battus pour que ce parc provincial demeure une terre sauvage, a-t-il fait valoir. Avec ses paysages admirables, Kananaskis est surtout prisé par les amateurs de nature et des sports de plein air, même si le complexe a déjà vu défiler il y a trois ans les ministres des Finances de l’Apec (Forum de coopération économique de la zone Asie-Pacifique). La venue d’un sommet d’envergure internationale est perçue comme un cadeau du ciel pour les rares hôteliers du coin qui n’envisagent pas pour autant les déploiements policiers et les scènes de violence récurrentes depuis Seattle. «C’est une bonne nouvelle, ça a vraiment été une surprise pour nous et un grand honneur», affirme Dale Dyck, le directeur général du Delta Lodge, le plus grand hôtel du parc avec 320 chambres. Blaise Draper, qui dirige le Kananaskis Mountain Lodge, un autre hôtel de 90 chambres, indique pour sa part ne pas comprendre pourquoi de tels événements ne se tiennent pas régulièrement dans un endroit aussi isolé, où la sécurité des participants semble plus facile à assurer qu’en ville. Kananaskis n’a pas de municipalité, ni de commerces, ni à proprement parler d’habitants. Seuls quelques 400 travailleurs de l’industrie touristique y séjournent pendant la durée de leurs contrats. Après l’annonce canadienne, la gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) s’est montrée de son côté confiante pour les conditions de sécurité. «Peu importe l’endroit, chaque site amène un type de sécurité différent», explique Mike Gaudet, un porte-parole de la gendarmerie à Ottawa, soulignant que le Premier ministre avait parlé d’un sommet de taille plus modeste que celui de Gênes. Après avoir été mise lourdement à l’épreuve par des milliers de manifestants antimondialisation lors du sommet des Amériques en avril dans la ville de Québec, la police canadienne a précisé qu’elle allait très prochainement commencer à étudier le terrain pour être fin prête le jour J.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’annonce de la tenue du prochain sommet du G8 à Kananaskis, une petite station touristique au pied des Rocheuses, a été une grande surprise pour ses résidents qui voient d’un œil plus ou moins bon la perspective d’accueillir un tel événement après les violences de Gênes. Devant les débordements croissants suscités désormais par toutes les grandes rencontres économiques internationales, le Premier ministre canadien Jean Chrétien a préféré choisir ce village situé dans un parc de l’Alberta, à une heure de route de Calgary, dans l’ouest du Canada. «Là où nous allons, il n’y a que 350 chambres, a affirmé aux journalistes le Premier ministre à Gênes. Si vous voulez venir, il faudra apporter votre sac de couchage»... Le responsable administratif de Kananaskis, Craig Reid, semblait se résigner à...