Zad Moultaka revient au pays, petites virgules et moments de bonheur dans sa vie parisienne et de plus en plus internationale… Enfant de chœur, enfant de cœur, il revient bercer nos attentes de ses mélodies. Brèves retrouvailles pour ce fils d’une importante famille théâtrale qui lui a inspiré ses plus belles notes. Musicales bien sûr ! Le jeune homme a 34 ans à peine. Discret, réservé, sûrement, peut-être un peu timide, comme provisoirement retranché dans un monde d’infini silence, il dissimule sa passion qui le consume, le démange, lui donne des ailes au bout de ses doigts fins qui s’envolent lorsqu’il compose et lorsqu’il interprète les airs qui le touchent. Artiste complet, tous les moyens d’expression sont beaux pour faire parler sa sensibilité. Outre la musique où il s’est taillé une place importante, Zad affectionne également la peinture et la scénographie. Autres mots, autres couleurs, pour une inlassable quête et une large palette de talents. Prodigue et prodige, Zad Moultaka s’est vite fait remarquer, d’abord par des parents attentifs et eux-mêmes artistes, Latifé et Antoine Moultaka. L’air de famille… Incontournable. Arrêt obligé sur un paysage familier. Quelque chose dans le front, dans le sourire, dans la sensibilité. Cette révolte intelligente, «je crois beaucoup en la révolte douce», celle qui se dresse contre l’ordre établi – par qui ? Il y avait bien sûr un piano à la maison, un entourage consentant, encourageant, une liberté sacrée dans l’air, «j’ai été nourri par ce sentiment de liberté, mais une liberté canalisée. Ce sentiment donne une très grande force». Et un jeune Zad de cinq ans, déjà très inspiré. Après voir essayé les casseroles, les verres «et tout ce qui faisait ressortir des sons», il se retourne vers le clavier. «On va naturellement et plus facilement vers le clavier. Le son est agréable. Mes rapports avec le clavier ont commencé très tôt». Des rapports amoureux, tendres et bien heureusement réciproques. À sept ans, le démon de l’écriture le saisit, «il y avait en moi un désir d’écrire des choses, surtout de les écrire». Ce qu’il fit. «C’était un petit peu chopinesque, du sous Chopin !». Quelques années plus tard, et toujours à la recherche d’un alphabet personnalisé et chantant, il est pris en charge par la regrettée Madeleine Medawar, «elle m’a préparé durant quatre ans», préparée surtout à partir en France où le jeune prodige poursuit sa formation, avant de se présenter au concours du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Trois très dures années plus tard il y décroche le premier prix de musique de chambre à l’unanimité, ainsi que le premier prix de piano, également à l’unanimité du jury, encouragé à renouveler et entamer un troisième cycle au CNPM. Travaux forcés, sans doute, mais qui porteront vite leurs fruits. Une carrière multiple Le CV de ce jeune artiste «né le 4 juin 1967, de nationalité libanaise» est déjà fort chargé. Outre un diplôme d’État d’enseignement de piano, obtenu en 1995, on peut lire sous la rubrique «Musique» un palmarès fort impressionnant qui a démarré en 1994. Et pour ne citer que quelques-unes de ces musiques, Neige en décembre au Festival d’Avignon, Le Pont de pierre et la peau de l’image, L’Oiseau bleu, Le Masque, l’Emigré de Brisbane ou encore Le Roi du poulpe. «Au début de ma carrière, j’avais mis de côté toute une partie de ma culture orientale ; elle est revenue à travers mon expérience théâtrale. Je me suis rendu compte que cette musique venait de mon inconscient». Quant aux musiques de films, on trouvera la musique pour Le Dialogue des ruines, le Musée national de Beyrouth, défi à l’oubli et Les Kidnappés de Bahij Hojeij. De 1988 à 1995, il égrène les concerts en France et dans toute l’Europe, «puis j’ai un peu freiné les concerts pour revenir à l’écriture». Son rêve d’enfant. «Depuis le début, j’ai été poussé par le désir de faire de la musique. Quand on est dans ce désir là, on ne sait pas vraiment ce que le futur nous réserve. En même temps, on a une seule envie, arriver. J’ai travaillé pour être plus proche de ce désir». Il a travaillé dur, multipliant les recherches, les enregistrements de CD et les longues réflexions. «L’écriture est très importante car elle donne la possibilité de se questionner». Pour accoucher, au bout du compte, d’une œuvre importante, Anashid, représentée à Baalbeck le 7 juillet 2000, suivie d’un CD que Zad est venu présenter au Liban, à la Galerie Jeannine Rebeiz, en juin dernier. «J’avais un sentiment de musique avec une voix de femme». Fadia Tomb el-Hajj sera cette voix, cette femme. Elle chantera des textes tirés du «Cantique des cantiques, «j’ai longtemps cherché un texte qui correspondait aux instruments que j’avais envie d’utiliser». Le succès de Anashid est une belle récompense pour ce jeune compositeur resté très discret. «On peut faire les choses sans forcément faire beaucoup de bruit. Dans le silence». Et dans la musique. Forcément.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Zad Moultaka revient au pays, petites virgules et moments de bonheur dans sa vie parisienne et de plus en plus internationale… Enfant de chœur, enfant de cœur, il revient bercer nos attentes de ses mélodies. Brèves retrouvailles pour ce fils d’une importante famille théâtrale qui lui a inspiré ses plus belles notes. Musicales bien sûr ! Le jeune homme a 34 ans à peine. Discret, réservé, sûrement, peut-être un peu timide, comme provisoirement retranché dans un monde d’infini silence, il dissimule sa passion qui le consume, le démange, lui donne des ailes au bout de ses doigts fins qui s’envolent lorsqu’il compose et lorsqu’il interprète les airs qui le touchent. Artiste complet, tous les moyens d’expression sont beaux pour faire parler sa sensibilité. Outre la musique où il s’est taillé une place...