Les Girondins de Bordeaux célébreront demain soir au stade Chaban-Delmas le 120e anniversaire de leur naissance officielle avec un match de football de gala contre l’équipe portugaise du Benfica Lisbonne précédé d’une rencontre opposant entre eux leurs glorieux anciens. Dirigeants et joueurs au fameux maillot bleu marine au scapulaire blanc – qu’Alain Afflelou a changé en bordeaux et blanc le temps d’une brève présidence – sont les héritiers directs du FC Girondins-Omnisports, une équipe du quartier populaire des Capucins inscrite en 1881 dans un ersatz de championnat local. La section football, créée en 1920 sous le nom encore en cours de Girondins de Bordeaux FC, était entrée dans l’histoire par un désastre : défaite 12 à 0 contre la Section Burdigalienne. En 1941, les Girondins remportaient la Coupe de France de la zone occupée, appelée coupe Charles Simon, et devenaient neuf ans plus tard champions de France pour la première fois grâce en particulier à l’intenable Néerlandais De Harder, avant de connaître une nouvelle traversée du désert. « Vins-Saucissons » Bordeaux allait en effet attendre plus de 30 ans pour goûter aux délices d’un nouveau titre, collectionnant les deuxièmes places et les finales de Coupes perdues, subissant successivement la domination de Reims, Saint-Étienne et Nantes. «C’était l’époque des “vins-saucissons” dans les trains de nuit. On parlait plus d’entrecôtes-frites que de diététique...», se souvient Gilbert Moévi, arrière droit de la formation des années 60 réputée pour sa rugosité. Puis vint Claude Bez à la fin des années 70. «Avec ses grosses moustaches, sa passion, il a tout révolutionné. Son but était de faire des Girondins un club omnisports comme le FC Barcelone, son modèle. On y est jamais parvenu», regrette encore Didier Couécou, son directeur sportif, entraîné avec son président dans la tourmente des déboires financiers. Mais avec Aimé Jacquet aux commandes, le club trusta les titres : trois de champion de France (1984, 85, 87), deux en Coupe de France en 1986 et 1987 (2-0) et l’Europe de 1982 à 1989. «C’était l’époque de l’inflation. De 60 000 F (9 146 euros) par mois, on est passé à 500 000 F (76 224 euros). Bez te regardait dans les yeux, te jaugeait et disait : tapez-là», se rappelle Patrick Battiston. Depuis, Zinédine Zidane, Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu sont passés par là, éliminant 3-0 le grand Milan AC en Coupe de l’UEFA en mars 1996, perdant la même année la finale de la compétition face au Bayern Munich. Bordeaux s’est emparé d’un dernier titre, ravi à Marseille à l’ultime seconde du dernier match du championnat 1998/99.
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