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Actualités - Chronologies

Turquie - La livre plonge, les marchés doutent du gouvernement

La livre turque a accéléré sa chute face au dollar mardi, les marchés restant sourds aux nouvelles assurances du Premier ministre Bülent Ecevit sur la mise en œuvre des douloureuses réformes préconisées par le Fonds monétaire international (FMI) pour sortir d’une grave crise. «Malgré toutes les entraves et cette atmosphère de pessimisme, le gouvernement est déterminé à mettre en œuvre sans faille le programme économique», a répété M. Ecevit devant la presse. Ces propos n’ont pas apaisé la tension qui règne sur les marchés depuis le début de la semaine dernière, liée à un manque de confiance persistant dans la détermination du gouvernement de coalition à mener à bien des réformes structurelles. Sur le marché interbancaire, le dollar s’échangeait à 1 472 000 livres turques (TL) dans l’après-midi, contre 689 000 TL avant la crise qui a éclaté fin février, soit une dépréciation record de 53,1 % de la devise locale. Les taux d’intérêt restaient très élevés, à 108 % pour des bons du Trésor arrivant à maturité en mars prochain, contre 95-100 % la semaine dernière. M. Ecevit a évoqué des raisons «psychologiques» pour expliquer l’incertitude des marchés, soulignant que les indicateurs macroéconomiques enregistraient des progrès. Il a accusé «certains milieux», sans les nommer, de tenter d’entraver les réformes économiques en «propageant le pessimisme et des scénarios» sur les marchés. Une délégation du FMI, avec lequel Ankara a conclu un nouveau programme d’austérité en mai, a entamé lundi une mission d’une dizaine de jours à Ankara pour surveiller la mise en œuvre du programme. Selon les analystes, la confiance des marchés, déjà volatils, a été durablement ébranlée par les tiraillements au sein du gouvernement : l’un de ses partenaires, le Parti de l’action nationaliste (MHP, ultranationaliste) accuse le FMI de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Turquie et s’oppose au ministre de l’Économie Kemal Dervis, qui plaide pour une mise en vigueur stricte du programme. La situation en Argentine a aussi contribué à la tension, que n’a pas même apaisée le déblocage par le FMI et la Banque mondiale la semaine dernière de 3,2 milliards de dollars de crédits. La Bourse d’Istanbul, très incertaine, a terminé mardi en baisse de 4,3 %. «La Banque centrale intervient sur le marché lors d’enchères avec des sommes limitées. Il faudrait qu’elle injecte des sommes plus importantes pour endiguer la flambée du dollar», a estimé Engin Arvas, cambiste à Korfezbank, sur la chaîne d’information NTV. Pour Tayfun Oral, directeur général à Ata investissement, il y a deux raisons à la chute de la livre : «Des spéculations, et la crainte d’un moratoire sur le remboursement de la dette publique», même si le gouvernement rejette actuellement cette éventualité. Selon lui, pour regagner la confiance «perdue», le gouvernement devrait procéder à un vaste remaniement, d’ailleurs souhaité par les marchés depuis le début de la crise fin février.
La livre turque a accéléré sa chute face au dollar mardi, les marchés restant sourds aux nouvelles assurances du Premier ministre Bülent Ecevit sur la mise en œuvre des douloureuses réformes préconisées par le Fonds monétaire international (FMI) pour sortir d’une grave crise. «Malgré toutes les entraves et cette atmosphère de pessimisme, le gouvernement est déterminé à mettre en œuvre sans faille le programme économique», a répété M. Ecevit devant la presse. Ces propos n’ont pas apaisé la tension qui règne sur les marchés depuis le début de la semaine dernière, liée à un manque de confiance persistant dans la détermination du gouvernement de coalition à mener à bien des réformes structurelles. Sur le marché interbancaire, le dollar s’échangeait à 1 472 000 livres turques (TL) dans...