La désertification progressive qui frappe le Liban a motivé la mise au point d’un plan quinquennal de reboisement sur tout le territoire, sous la supervision des ministères de l’Environnement et de l’Agriculture, avec un budget de 25 milliards de livres. Pour assurer un plus grand succès à cette entreprise, le syndicat des horticulteurs du Liban a organisé, en coopération avec le ministère de l’Environnement, un séminaire les 11 et 12 juin dernier, dont les recommandations viennent d’être publiées. Elles portent sur tous les secteurs concernés par le reboisement, les aspects techniques, les problèmes potentiels… Les recommandations s’attardent notamment sur la gestion d’un tel plan, insistant sur la nécessité de former un comité technique pour le reboisement, par une décision du ministère de l’Environnement (ou de toute autorité en la matière désignée par décret du Conseil des ministres). Parmi les missions assignées à ce comité, décider d’une politique nationale de reboisement, rédiger un guide sur ce sujet, fixer les étapes et les priorités de cette entreprise, travailler sur un plan préventif contre les incendies. Il devra aussi s’occuper des critères de choix des plants et arbres ainsi que ceux de l’exécution du projet, décider de l’emplacement des sites, insister sur l’importance de l’entretien des plantations, impliquer la société civile locale. Ce comité devrait être formé de représentants des ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, de l’Intérieur, de la Défense, du Plan vert, de l’Office de la recherche scientifique agricole et toute autre administration concernée, des syndicats et secteurs en relation avec le reboisement, de la société civile, ainsi que des experts. En matière de collaboration, les recommandations ont insisté sur la signature d’un protocole entre les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture, pour que l’exécution de ce plan en soit facilitée. Les routes sont du ressort du Plan vert, alors que la plupart des prérogatives sont aux mains du ministère de l’Agriculture. Les recommandations du séminaire évoquent également le rôle que peuvent jouer dans ce processus les municipalités et les associations civiles, les premières pouvant notamment offrir des terrains et assurer la protection des sites. Cette dernière tâche consiste à empêcher les troupeaux de chèvres d’entrer au site reboisé et de brouter les jeunes plants, d’assurer une prévention contre les incendies, d’appliquer les lois relatives à la protection des forêts. Considérant que les municipalités devraient jouer un rôle essentiel dans la prévention contre les incendies, les congressistes ont appelé les ministères de l’Environnement et des Municipalités à les doter des moyens nécessaires pour y faire face, et à former leur personnel. D’autres idées pour une meilleure exécution du plan ont été présentées : pour la Défense civile, une augmentation de ses effectifs, une plus grande formation de ses membres à la lutte contre les flammes, une amélioration du matériel, une multiplication de ses centres, notamment près des forêts. Pour le ministère de l’Agriculture, une augmentation du nombre des gardes forestiers qui seraient formés et dotés d’un matériel moderne, la construction de centres d’observation dans les différentes régions, avec assez de prérogatives pour pénaliser les contrevenants dans les forêts. Pour l’armée, il faudrait, selon les conférenciers, lui donner les prérogatives nécessaires pour arrêter les contrevenants dans les bois qui tombent dans leur champ d’action, et former certains de ses membres à la lutte contre les incendies. Dans tous les cas, il faut à tout prix que la loi soit appliquée avec fermeté si l’on veut conserver les acquis d’un plan de reboisement. Les pénalités, selon les recommandations, devront être dissuasives. Les autorités devront frapper fort et vite. Pour ce qui est des villes et des villages, le reboisement aurait des avantages sanitaires (les arbres contribuent à la réduction de la pollution) et urbanistiques. Il serait bon que la plus grande partie des bords de routes et des places soit plantée. Un plan d’urgence consisterait à reboiser certains grands axes : de Masnaa jusqu’à Beyrouth, de Tyr jusqu’à Beyrouth, des frontières nord jusqu’à la capitale. Revêtir les villes et villages de vert devrait également passer par la création d’un bureau technique qui aurait une mission de consultation et de surveillance. Par ailleurs, certaines recommandations générales ont été faites : ne plus accepter de plants venus de l’étranger alors que les pépinières libanaises en regorgent. Imposer des conditions plus strictes sur l’importation des plants et imposer des taxes élevées sur ce genre de marchandises. Ne plus gaspiller de l’argent pour la création de pépinières non spécialisées et encourager la production locale dans les formations existantes. Mettre une liste des espèces en voie de disparition ou en danger. Inviter les municipalités à créer des jardins publics. Imposer la présence d’un spécialiste dans l’exécution de tout projet de reboisement. Préparer un plan directeur pour tout le territoire libanais.
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