Le ministre syrien des Affaires étrangères Farouk el-Chareh a déclaré hier à Berlin que le plateau du Golan devait retourner à la Syrie, répondant au Premier ministre israélien Ariel Sharon qui avait affirmé mardi soir qu’il fallait rendre «irréversible» sa colonisation par Israël. «Le plateau du Golan doit retourner à la Syrie un jour ou l’autre, c’est notre réponse», a déclaré M. el-Chareh à la presse après un entretien entre le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer et le président syrien Bachar el-Assad. «Nous avons parlé du processus de paix qui est bloqué et du danger de l’escalade à cause de l’attitude agressive du gouvernement israélien», a ajouté le ministre syrien, soulignant que la Syrie était «totalement contre un affrontement militaire». «Nous ne ferons rien qui pourrait contribuer à une escalade ou pourrait y aider», a-t-il affirmé avant de condamner les incursions de l’aviation israélienne au Liban-Sud. Mais le chef de la diplomatie syrienne a ajouté que «si Sharon est prêt à en provoquer une (confrontation) et à déclencher une guerre, je pense qu’il le paiera très cher». Plus tôt hier, le directeur de la radio et de la télévision officielles syriennes Fayez al-Sayegh avait de son côté déclaré que la paix ne sera possible que si Israël restitue les territoires arabes occupés et met fin à son «expansionnisme». «La coexistence ne sera pas possible sous la guerre et l’agression, elle peut l’être avec une paix juste et globale qui restitue la terre et les droits (aux Arabes) et qui met fin aux activités expansionnistes menées par Israël au vu et au su du monde entier», a affirmé M. Sayegh, dans un éditorial publié dans le quotidien officiel as-Saoura. Sur le plateau du Golan, les propos du Premier ministre israélien ont suscité hier la satisfaction des colons mais aussi la colère des habitants druzes de ce plateau occupé par l’État juif. «Le danger d’un retrait du Golan est passé. Il y a quelques années vous, habitants du Golan, avez lutté face à la menace de retrait et je vous dis que ce danger n’existe plus aujourd’hui», a dit M. Sharon, cité hier par la presse. Ces déclarations «ne sont pas surprenantes», a affirmé un représentant des quelque 18 000 colons du Golan, le maire de Katzrin Samy Bar-Lev. «Nous savons depuis des années que c’est bien son opinion, et maintenant il est de notoriété publique que la colonisation du Golan n’est plus remise en question», a-t-il dit, en se félicitant que «le gouvernement ait décidé de poursuivre le développement du Golan et les investissements dans ce territoire». Les habitants druzes ont en revanche exprimé leur mécontentement. Un dirigeant religieux du chef-lieu du Golan, Majdal Chams, a comparé le plateau au bourbier du Liban-Sud, dont Israël s’est retiré en mai 2000, après 18 ans d’occupation. «Le sort d’Israël sur le Golan ne sera pas meilleur que celui qu’il a subi au Liban», a menacé cheikh Souleimane al-Maket, sans plus d’explication. La France a également critiqué hier la décision du Premier ministre israélien Ariel Sharon d’accroître le nombre de colonies juives dans le Golan. «La paix globale que nous recherchons, fondée sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et le principe de la terre contre la paix, suppose la restitution du Golan à la Syrie selon des modalités à négocier entre les parties», a déclaré François Rivasseau, porte-parole du Quai d’Orsay. «Les propos de Monsieur Sharon ne vont clairement pas dans le bon sens», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre syrien des Affaires étrangères Farouk el-Chareh a déclaré hier à Berlin que le plateau du Golan devait retourner à la Syrie, répondant au Premier ministre israélien Ariel Sharon qui avait affirmé mardi soir qu’il fallait rendre «irréversible» sa colonisation par Israël. «Le plateau du Golan doit retourner à la Syrie un jour ou l’autre, c’est notre réponse», a déclaré M. el-Chareh à la presse après un entretien entre le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer et le président syrien Bachar el-Assad. «Nous avons parlé du processus de paix qui est bloqué et du danger de l’escalade à cause de l’attitude agressive du gouvernement israélien», a ajouté le ministre syrien, soulignant que la Syrie était «totalement contre un affrontement militaire». «Nous ne ferons rien qui...