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Actualités - Chronologies

Les films à la télé - Deux chefs-d’œuvre de la comédie musicale

Certes, la semaine n’est pas totalement dépourvue de raisons d’ouvrir son poste de télé. Il y a «Speechless», une sympathique comédie; «Steel Magnolias», un émouvant mélodrame avec Julia Roberts encore à ses débuts; un excellent film noir «Mulholland Falls»; un trépidant «Terminal Velocity» et même un Quentin Tarantino pour les fans de ce réalisateur. Mais face à ces deux chefs-d’œuvre que sont «Seven Brides for Seven Brothers» et surtout «Singin' in the Rain», référence en la matière, tous les autres films ne peuvent que pâlir en comparaison! Une histoire d’amour sur fond de tensions politiques, ainsi se présente Speechless de Ron Underwood. Les amoureux sont Michael Keaton et Geena Davis. Ils se rencontrent, par hasard, s’éprennent l’un de l’autre sans se douter que dans la course au Sénat qui se joue dans l’Arizona, ils font partie des camps adverses. L’un et l’autre sont chargés de la rédaction des discours des deux candidats antagonistes... Cette comédie, qui dépend beaucoup du charisme de ses deux interprètes, absolument formidables ici, comporte une critique pertinente des mœurs politiques telles qu’elles se pratiquent aux USA. On entre dans les coulisses d’un nid de crabes où tous les coups bas sont permis. Cela dit, l’histoire n’est pas toujours cohérente à force d’hésiter entre le pamphlet et le simple divertissement mais l’ensemble demeure fort agréable à suivre. Diffusion lundi à 21h30 sur LBCI Nous baignons dans le mélodrame avec Steel Magnolias de Herbert Ross, un film de femmes destiné à un public féminin. Premier attrait de cette comédie de mœurs: cinq actrices célèbres, d’âge et de tempérament différents et complémentaires. Tout en rivalisant de talent, aucune ne cherche à tirer la couverture à elle, et c’est cette complicité des personnages qui évite à Herbert Ross de tomber dans le cliché du pittoresque. Dans cette petite ville de Louisiane, en dehors des remous familiaux et sentimentaux, rien ne vient troubler l’ordre de la middle-class américaine, un parti pris du scénariste Robert Harling, qui a adapté son roman autobiographique comme s’il s’agissait d’une pièce de boulevard, loin des problèmes sociaux ou raciaux de l’Amérique profonde, utilisant la recette «du rire aux larmes et retour» qui a si bien réussi à Tendres passions. De même, les hommes demeurent en retrait, enfantins ou irresponsables, pour mieux appuyer l’expression sudiste «steel magnolias», ces fleurs de fer, qui désignent leurs courageuses et envahissantes compagnes. Les conventions de la narration et la sagesse d’une réalisation solide, au service de stars féminines flamboyantes, mettent en valeur leur bagout, leur charme et leur punch, tout en ayant l’air de faire un clin d’œil à David Byrne, car on ne retient finalement de l’aventure que le rire, qui triomphe dans cette pétillante «True Story». Diffusion lundi à minuit sur LBCI The Hunter, c’est surtout l’occasion de revoir Steve McQueen; cet immense acteur dans son dernier (et plus mauvais, hélas!) film. Véritable chasseur de primes des temps modernes, Ralph Thorson traque impitoyablement les criminels tout en voyant arriver avec de plus en plus d’inquiétude le jour où sa compagne Dotty mettra au monde l’enfant dont il est le père... Tourné quelques mois après Tom Horn, Hunter est le dernier film de Steve McQueen. Effectuant lui-même ses propres cascades. McQueen interprète avec conviction le rôle de ce chasseur devenu presque anachronique et toujours déçu par le monde contemporain qui l’entoure. La mise en scène de Buzz Kulik est malheureusement sans surprises, en dehors d’un superbe numéro de McQueen sur le toit du métro de Chicago. À voir pour Steve McQueen Diffusion mardi à minuit sur LBCI L’originalité de Terminal Velocity est de nous raconter une histoire de complot qui se déroule en grande partie dans les airs... Ditch Brodie, instructeur de parachutisme aussi doué que casse-cou, a accepté d’organiser le premier saut de Chris Marrow, une très belle jeune femme. Mais celle-ci se jette dans le vide avant son ordre. Son parachute ne s’ouvre pas et elle s’écrase au sol. Ditch, jugé coupable de négligence, risque d’être condamné pour homicide involontaire. Trouvant l’affaire suspecte, il mène sa propre enquête et découvre que Chris, toujours vivante, travaille pour le KGB. Il se trouve alors pris dans les rouages d’un complot visant à briser la paix entre la Russie et les États-Unis. Si le scénario flirte avec les archétypes (ici la mafia russe dans le rôle du méchant), en revanche, quel brio dans les scènes d’action! Et au moins une trouvaille d’anthologie: la séquence finale. Diffusion jeudi à 21h30 sur Future TV Les vampires sont de retour avec Sleepwalkers de Mick Garris. Charles Brady et sa mère Mary arrivent à Travis, une petite ville de l’Indiana. Ce sont, en fait, les derniers survivants d’une race de chasseurs nocturnes, les «félidés», qui ont besoin de l’énergie vitale des humains pour survivre. À peine établis, Mary se trouve en manque de fluide et charge Charles, avec qui elle entretient des relations sexuelles, de lui trouver une vierge pour assouvir ses appétits, faute de quoi elle dépérira non sans s’être transformée au préalable en monstrueux félin. Travaillant sur un scénario écrit spécialement par Stephen King, Mick Garris réussit parfaitement à intégrer des éléments fantastiques dans le quotidien le plus banal d’une petite ville. En ce sens, Charles et Mary sont des «monstres inorthodoxes»: de simili-vampires qui préfèrent le fluide vital (comme les «scanners» de Cronenberg) au sang des loups-garous potentiels qui cherchent un modèle de métamorphose plutôt chez les félins que chez les canins, mais aussi des victimes (ils sont sous le coup d’une fatalité) plutôt que des conquérants prosélytes. On sait que le fantastique, plus qu’aucun autre genre, pose à l’être humain des questions fondamentales: sur son devenir par le biais de la science-fiction (moins liée aujourd’hui à la conquête de l’espace qu’aux manipulations génétiques), mais aussi sur ses origines, son identité biologique et sexuelle. Le devenir animal de Charles et Mary Brady les place dans un univers où l’inceste n’a plus de raisons d’être tabou (de plus, en tant que mutants, rien n’indique qu’ils soient réellement liés par le sang) car il n’est plus dépendant d’un ordre social fondé sur la productivité (les monstres forment tout au plus des clans, jamais de vraies sociétés). Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Seven Brides for Seven Brothers, de Stanley Donen, est un de ces chefs-d’œuvre de l’âge d’or de la comédie musicale hollywoodienne. L’action se déroule dans le bon vieil Ouest où vivent sept frères, aussi roux les uns que les autres. Ils habitent dans la montagne, loin de la ville, et rêvent tous de trouver l’épouse idéale. Mais où la trouver? Lorsque l’aîné d’entre eux rencontre sa Juliette sous les traits d’une maîtresse d’école, les autres frères décident d’avoir recours aux grands moyens: ils enlèvent six jeunes filles de la ville voisine. L’hiver empêchant les poursuivants de récupérer les victimes, ceux-ci décident d’attendre le printemps. Mais lorsque le printemps arrive, l’amour aura fleuri... Sur le thème de «L’enlèvement des Sabines», cette comédie doit davantage son succès et sa réputation à la chorégraphie de Michael Kidd. La scène de la construction de la grange est à cet égard un modèle du genre. Les danseurs volent littéralement dans l’espace composant un ballet acrobatique à couper le souffle. L’équilibre entre la comédie de mœurs (l’éducation des sept frères!) et le comique de situations est parfaitement tenu. Un enchantement! Diffusion vendredi à minuit sur Future TV Enfant terrible du cinéma américain, chouchou de la critique française, Quentin Tarantino nous propose avec Jackie Brown une histoire policière comme il les aime. Hôtesse de l’air sur une petite compagnie mexicaine, Jackie Brown, la quarantaine séduisante, arrondit ses fins de mois en convoyant de l’argent liquide pour le compte d’Ordell Robbie, un arrogant et dangereux trafiquant d’armes. Jusqu’au jour où elle est cueillie à l’aéroport par un agent fédéral, Ray Nicolette, et un flic de Los Angeles, Mark Dargus, qui lui font comprendre qu’elle a tout intérêt à les aider à coincer Robbie. Pour l’heure, ce dernier partage son appartement de South Bay avec l’une de ses petites amies, Melanie, éternellement camée, et un ancien complice récemment sorti de prison, le taciturne Louis Gara... Hormis deux ou trois scènes et une convaincante interprétation, pas grand-chose à se mettre sous la dent dans cette petite histoire d’arnaque estampillée «seventies», longuement racontée par un Tarantino trop sage, qui ne surprend jamais. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Chef-d’œuvre incontournable de la comédie musicale, voici Singin’ in the Rain de Stanley Donen et Gene Kelly. Dire que le film est une réussite exceptionnelle, l’un des plus beaux de l’histoire du cinéma est aujourd’hui une évidence. Mais Singin’ in the Rain est avant tout la rencontre magique d’une équipe de génies: Gene Kelly et Stanley Donen, qui venaient de réaliser ensemble It’s Always Fair Weather. Singin’ in the Rain est tout à la fois une évocation nostalgique et volontiers parodique de la fin du cinéma muet et du début du parlant, et une éblouissante comédie musicale dont les numéros atteignent une perfection rarement égalée. Chaque nouvelle vision du film est un nouvel émerveillement, et le grand morceau Broadway Ballet – celui au cours duquel intervient Cyd Charisse – est un «raccourci» fabuleux des divers styles de la comédie musicale hollywoodienne, des luxueuses séquences à la Busby Berkeley. De même, la description du tournage d’un film au début du parlant est d’une exceptionnelle justesse. Ne manquez pas Singin’ in the Rain. C’est l’un des films les plus beaux – et les plus drôles – que l’on puisse voir. Diffusion samedi à minuit sur Future TV De temps en temps, le cinéma américian nous fait la surprise de nous donner un film qui retrouve une veine qui s’est, hélas, épuisée au profit du film policier «explosif»: celle du film noir qu’engendra dans les années 40 une littérature depuis reconnue, appréciée et... honorée. Mulholland Falls est un de ces films, tout à fait remarquable, qui reconstituent une époque et une atmosphère à jamais perdues. Los Angeles, au début des années cinquante. Face à la recrudescence du grand banditisme, la police crée une unité d’élite chargée de nettoyer la ville et d’en chasser la pègre par tous les moyens. Quatre hommes, choisis pour leur courage et leur intégrité, composent cette brigade spéciale. Leurs méthodes musclées et peu orthodoxes, mais d’une efficacité redoutable, les rendent vite légendaires. L’équipe de choc semble invulnérable, jusqu’au jour où Max Hoover, le chef d’équipe, marié mais coureur de jupons, se trouve directement impliqué dans une étrange affaire. Pour ses débuts hollywoodiens, le Maori Lee Tamahori, révélé avec They Were Warriors, rend hommage au film noir d’antan dans cette reconstitution soignée qui allie la fluidité du récit à d’incontestables qualités picturales. Diffusion samedi à minuit sur LBCI
Certes, la semaine n’est pas totalement dépourvue de raisons d’ouvrir son poste de télé. Il y a «Speechless», une sympathique comédie; «Steel Magnolias», un émouvant mélodrame avec Julia Roberts encore à ses débuts; un excellent film noir «Mulholland Falls»; un trépidant «Terminal Velocity» et même un Quentin Tarantino pour les fans de ce réalisateur. Mais face à ces deux chefs-d’œuvre que sont «Seven Brides for Seven Brothers» et surtout «Singin' in the Rain», référence en la matière, tous les autres films ne peuvent que pâlir en comparaison! Une histoire d’amour sur fond de tensions politiques, ainsi se présente Speechless de Ron Underwood. Les amoureux sont Michael Keaton et Geena Davis. Ils se rencontrent, par hasard, s’éprennent l’un de l’autre sans se douter que dans la course au Sénat...