Le syndicat des pilotes de la Middle East Airlines a menacé hier de recourir à l’escalade si la direction ne revenait pas sur sa décision d’imposer de nouvelles conditions de travail. Cette annonce a toutefois coïncidé avec la normalisation du trafic aérien à partir de la matinée d’hier. Lors d’une conférence de presse, le président du syndicat, Mahmoud Houmani, a déclaré que les pilotes envisageaient «une escalade, car la direction poursuit sa politique de diktat en modifiant unilatéralement la convention collective». Il n’a pas précisé la forme que prendrait cette escalade. Jeudi, les pilotes et le personnel navigant avaient décrété une heure de retard sur douze vols au décollage de Beyrouth. Ce mouvement a pris fin hier à 6 heures du matin. Selon M. Houmani, le conflit porte principalement sur les heures de vol que la direction veut porter de 60 à 72 par mois. «Nous avons proposé de faire des heures supplémentaires gratuites durant la période de négociations, mais la direction a décliné cette offre», a-t-il ajouté. Le pilote Ali Sabbah a précisé, de son côté, que l’action de ses collègues était appuyée par les autres syndicats d’employés de la MEA. «Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu besoin de leur participation (au dernier mouvement de protestation), mais nous sommes sûrs qu’en cas de besoin le reste du personnel se tiendra à nos côtés», a déclaré M. Sabbah, qui est coordinateur entre les syndicats de pilotes, du personnel au sol et du personnel navigant. La direction de la MEA était parvenue le 6 juillet à un accord sur les modalités de licenciement de 1 200 employés au sol et navigant qui ont obtenu des indemnités supplémentaires. Au moment où M. Houmani tenait sa conférence de presse, le PDG de la MEA, Mohammed Hout, recevait une délégation de 14 ingénieurs de vol qui avaient présenté leur démission en accord avec les propositions d’indemnisation que leur avait offertes la direction de la compagnie. Interrogé sur cette coïncidence, M. Houmani a déclaré : «Nous avions appris que M. Hout avait convié (les ingénieurs de vol) à une rencontre aujourd’hui à l’heure même de cette conférence de presse. En dépit de cela, nous prendrons toujours en compte les droits de ces aviateurs dans nos revendications», a-t-il dit. «Ils ont cédé devant le fait accompli, mais cela ne nous empêchera pas comme syndicat de réclamer leurs droits», a-t-il ajouté. Se montrant compréhensif à l’égard des 14 ingénieurs, il a précisé qu’ils avaient dû «signer dans les temps impartis leur lettre de démission afin de ne pas perdre leur droit aux indemnités qu’on leur proposait. Hélas, ils ont dû le faire pour ne pas avoir à faire face à des complications par la suite. Nous continuerons toutefois à les considérer comme faisant partie du syndicat». Au cours de la rencontre chez le PDG, ce dernier, entouré des 14 ingénieurs, a réitéré son appel au dialogue à l’adresse des pilotes, tout en estimant que ce dialogue devrait avoir lieu loin des médias. Admettant, «avec regret, qu’il faut parfois prendre des mesures douloureuses», il a toutefois ajouté : «Nous n’avons pas demandé l’impossible aux pilotes dans le cadre de la restructuration de la compagnie. Tout ce que nous avons proposé, c’est qu’ils assurent quelques heures supplémentaires avec le maintien des salaires respectables qu’ils touchent», a-t-il dit.
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