Goran Ivanisevic a dû vaincre ses démons intérieurs pour battre Patrick Rafter en finale lundi, remporter le tournoi de tennis sur gazon de Wimbledon et obtenir enfin la consécration qu’il méritait. Une heure après le match, le géant croate a évoqué longuement sa plus grande victoire : «Juste après avoir gagné, toute ma carrière est repassée en flash-back dans ma tête, toutes ces finales perdues. Je ne savais pas où aller, j’aurais pu rester éternellement sur ce court central. C’était si bon de toucher le trophée». «Avant, j’étais toujours le deuxième, les gens me respectaient mais cela ne suffisait pas. L’an dernier, j’ai participé à la parade des champions, j’étais heureux de marcher avec eux mais j’espérais encore pouvoir mettre mon nom sur le trophée. Mon rêve s’est réalisé et maintenant, quoi qu’il arrive dans ma vie, je resterai un champion de Wimbledon». Irréprochable depuis le début de la quinzaine, Goran le volcanique a quand même disjoncté pendant cette finale, quand une double faute a permis à Rafter de mener 4-2 au quatrième set, service à suivre. «J’ai fait quelques coups stupides et je me suis retrouvé dans une situation délicate. Et puis cette femme très laide, sérieuse, effrayante, m’a compté une faute de pied, la première du tournoi. Et sur mon deuxième service, une espèce de tapette, avec ses cheveux sur le haut du crâne, a dit que la balle était une faute, alors qu’elle était sur la ligne». « Ça devait être moi » Goran a jeté sa raquette, tapé dans le filet avec le pied, crié et craché, puis il s’est ressaisi : «J’ai perdu ce jeu, mais je me suis tout de suite calmé, et je me suis dit : Tu ne peux pas te permettre de faire le dingue, c’est trop important». «Tout était sous contrôle», assure Goran. Pourtant, il n’avait dormi que deux heures la nuit précédente, «réveillé à 01h30, en croyant qu’il était 9 heures». Et il avait de nouveau mal à l’épaule, depuis le deuxième set : «J’ai pris beaucoup de cachets contre la douleur et j’ai servi encore plus d’aces». À 8-7 dans le cinquième, Goran a gâché trois balles de match : «Mon bras était si raide, la balle si lourde, je n’arrivais plus à la lancer». Au bout du suspense, Goran a gagné et couru embrasser son père : «On a tout traversé ensemble, y compris la merde, mais il a toujours cru que je pouvais y arriver». Depuis le début de ce tournoi, Goran aussi y croyait : «J’étais sûr que ça devait être moi, tout se passait comme je voulais, par exemple la pluie contre Henman. J’ai pris une photo de moi avec le trophée et toute ma famille, elle restera au-dessus de mon lit pour le restant de mes jours. Et je vais me promener partout avec un logo “Wimbledon 2001” cousu sur la manche». «Je m’en fiche complètement si je ne touche plus jamais une raquette, si je ne joue plus jamais au tennis», disait Ivanisevic au début de cette conférence de presse aux allures de consultation chez le psy. Vers la fin, il a laissé s’exprimer «l’autre» Goran : «J’ai toujours voulu revenir pour défendre le titre, être le premier à fouler le gazon du court central, le premier lundi». Rendez-vous en 2002.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Goran Ivanisevic a dû vaincre ses démons intérieurs pour battre Patrick Rafter en finale lundi, remporter le tournoi de tennis sur gazon de Wimbledon et obtenir enfin la consécration qu’il méritait. Une heure après le match, le géant croate a évoqué longuement sa plus grande victoire : «Juste après avoir gagné, toute ma carrière est repassée en flash-back dans ma tête, toutes ces finales perdues. Je ne savais pas où aller, j’aurais pu rester éternellement sur ce court central. C’était si bon de toucher le trophée». «Avant, j’étais toujours le deuxième, les gens me respectaient mais cela ne suffisait pas. L’an dernier, j’ai participé à la parade des champions, j’étais heureux de marcher avec eux mais j’espérais encore pouvoir mettre mon nom sur le trophée. Mon rêve s’est réalisé et...