Qu’elle soit désignée ou non comme ville organisatrice des Jeux olympiques d’été de 2008, Toronto a bien l’intention de faire la fête vendredi pour célébrer des années d’efforts et de mobilisation. Parodiant la phrase célèbre de Pierre de Coubertin, le fondateur des Jeux modernes, John Bitove, président du comité de candidature de la capitale économique du Canada, estime que l’essentiel est d’avoir participé à la course à la nomination. «Trop souvent, on ne prend pas le temps dans une vie de fêter ce que l’on a accompli. Dans la vie, tout n’est pas seulement affaire de victoire ou de défaite, même si on voudrait gagner à chaque fois», dit-il. Voilà pourquoi les habitants de Toronto ont bien l’intention de se rassembler vendredi devant l’écran géant installé face à la gare centrale pour rendre hommage à l’équipe qui a contribué à faire de la ville l’une des trois véritables prétendantes à la désignation avec Pékin et Paris. «En quatre ans, on a construit ici un état d’esprit, et c’est une des raisons principales qui nous réunira vendredi, une sorte de “Merci à Toronto”», explique Sandra Levy, ancienne concurrente olympique et membre de la commission d’animation. Pour autant, Toronto est loin d’avoir jeté l’éponge et affiche à l’approche du vote une solide confiance. «Si l’on examine l’histoire des désignations par le CIO, on s’aperçoit que cinq des six favoris n’ont pas été le vainqueur final», fait remarquer Bob Richardson, membre du comité de candidature. Les exemples récents abondent : Rome battue par Athènes pour les JO 2004, Turin coiffant Sion sur le poteau pour les Jeux d’hiver 2006. Solidarité totale Et Toronto estime ne pas manquer d’atouts. Techniquement, sa candidature n’a rien à envier à personne. Les épreuves se dérouleraient à 85 % dans la ville, le long du front de mer, et 75 % des installations sont déjà prêtes sept ans avant l’ouverture des Jeux. John Bitove insiste également sur la solidarité totale existant à tous les niveaux politiques autour de la candidadture de Toronto. La ville, la province et le gouvernement fédéral marchent à cet égard main dans la main, note-t-il. Le Premier ministre canadien Jean Chrétien et le Premier ministre de l’Ontario Mike Harris témoigneront ainsi vendredi à Moscou devant le Comité olympique international aux côtés du maire de Toronto, Mel Lastman, qui devrait faire dans la sobriété. Ce dernier a en effet porté un rude coup à sa ville par des commentaires peu opportuns sur l’Afrique le mois dernier avant de se rendre au Kenya. «Qu’est-ce que j’irais foutre à Mombassa ? J’ai une trouille dingue des serpents. Je m’imagine en train de mijoter dans une marmite d’eau bouillante avec tous ces indigènes dansant autour de moi», avait lâché le premier édile. Malgré des excuses publiques exprimées ensuite, le mal était fait, notamment auprès des délégués africains du CIO. Toronto pourrait souffrir également de la candidature du Canadien Dick Pound à la succession de Juan Antonio Samaranch à la tête du mouvement olympique. Pour Toronto, l’argument ne tient pas. «Un membre du CIO nous a dit : “Nous n’allons pas choisir un bon site et un mauvais président, ou vice versa”. Pour le CIO, les deux dossiers ne sont pas liés», assure Bob Richardson.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Qu’elle soit désignée ou non comme ville organisatrice des Jeux olympiques d’été de 2008, Toronto a bien l’intention de faire la fête vendredi pour célébrer des années d’efforts et de mobilisation. Parodiant la phrase célèbre de Pierre de Coubertin, le fondateur des Jeux modernes, John Bitove, président du comité de candidature de la capitale économique du Canada, estime que l’essentiel est d’avoir participé à la course à la nomination. «Trop souvent, on ne prend pas le temps dans une vie de fêter ce que l’on a accompli. Dans la vie, tout n’est pas seulement affaire de victoire ou de défaite, même si on voudrait gagner à chaque fois», dit-il. Voilà pourquoi les habitants de Toronto ont bien l’intention de se rassembler vendredi devant l’écran géant installé face à la gare centrale pour...