Le soutien public de Shimon Peres à Ariel Sharon a donné lieu à une altercation entre le ministre israélien des Affaires étrangères et son ancien protégé Yossi Beilin durant une réunion du comité central du Parti travailliste, rapporte le quotidien israélien Haaretz. Le ministre des AE, Shimon Peres, avait déclaré que «l’investissement dans l’économie palestinienne plutôt que dans les routes de contournement aurait davantage garanti la sécurité d’Israël». Il avait en outre fait l’éloge de M. Sharon et du Likoud en affirmant «que ce n’est pas facile pour eux dans le cadre de la cohabitation». M. Peres avait même pris la défense du Premier ministre qui est, selon lui, «accusé à tort». Le ministre des AE a également affirmé dans son allocution qu’il s’agit «d’un gouvernement d’union nationale et non pas d’un gouvernement de paralysie nationale», selon le journal. Le ministre des Sciences, de la Culture et des Sports, Matan Vilani, avait félicité à son tour Ariel Sharon pour sa «retenue» face à la «violence palestinienne», selon le quotidien israélien. Prenant aussitôt la parole, l’ancien ministre de la Justice, Yossi Beilin, a averti les deux ministres que «joindre le fan club de Sharon serait une grave erreur», estimant que le Parti travailliste sert à la fois d’échappatoire et de vitrine au Premier ministre, selon Haaretz. «Si Sharon ne peut pas se payer le luxe d’une action militaire, il se justifie vis-à-vis de l’aile droite de son camp en évoquant la menace qui pèse sur le gouvernement d’union nationale. Et s’il prépare la prochaine guerre du Liban, il se servira assurément des travaillistes pour expliquer au monde qu’il n’avait pas d’autre choix sinon d’engager la “grande bataille”», a soutenu M. Beilin. À la fin de l’allocution de Yossi Beilin, Shimon Peres a immédiatement réclamé un droit de réponse. «Le Parti travailliste n’était pas un simple figurant dans l’ancien gouvernement, et pourtant, la paix n’a pas été conclue. Alors un peu de modestie s’il vous plaît !», a-t-il suggéré à M. Beilin, ajoutant qu’ils devaient «rester unis face à Arafat». Shimon Peres s’est en outre prononcé contre la «diabolisation» de Yasser Arafat en expliquant que la source du problème est d’ordre économique. «Si nous continuons à ignorer les aspects socio-économiques du problème politique, si nous n’améliorons pas le niveau de vie de millions de Palestiniens, nous ne pourrons jamais résoudre le conflit», a-t-il conclu.
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