L’Administration Bush, apparemment incapable de freiner la spirale de la violence entre Israël et les Palestiniens, paraît décidée à réexaminer sa politique à l’égard de ce conflit qui s’enlise. Ni l’envoi au Proche-Orient du chef de la CIA George Tenet ni même la tournée dans la région du secrétaire d’État Colin Powell n’ont permis une avancée vers un retour des parties à la table des négociations. «L’idée prédominante aujourd’hui à Washington est de repenser complètement la politique américaine dans cette région», explique le professeur Mary-Jane Deeb, une spécialiste des relations entre les États-Unis et le Proche-Orient. C’est pourquoi, estime-t-elle, «l’Administration n’a pas pour l’instant d’autre choix que de marquer le pas». En tout état de cause, le rapport de la commission Mitchell pour la fin des violences devrait rester la base de travail de l’Administration Bush, afin de préserver la fragile trêve péniblement instaurée par George Tenet le 13 juin. Officiellement, les responsables américains tentent de garder bonne figure. «Nous faisons tout ce que nous pouvons pour travailler avec les parties et les inciter à calmer la situation», a affirmé mardi le porte-parole du département d’État Richard Boucher. Mais selon des fonctionnaires du département d’État, se disant, jeudi dans le New York Times, «très, très déçus», la tentation est de prendre une certaine distance avec le conflit afin de réévaluer la situation. «Nous avons dépêché Tenet, nous avons dépêché Powell, nous n’allons plus envoyer personne», a assuré au quotidien un haut responsable sous couvert d’anonymat. Depuis son retour de la région, samedi dernier, Colin Powell ne s’est à aucun moment entretenu par téléphone ni avec le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat ni avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Mais, de plus en plus, des indices révélant à Washington une certaine exaspération à l’égard du chef du gouvernement israélien font surface. Richard Boucher a ainsi récemment critiqué sans ambiguïté les raids ciblés menés par Israël contre les Palestiniens. «Nous pensons que cette politique n’est pas juste et nous l’avons dit, publiquement et en privé, à de nombreuses reprises, de façon très claire», a déclaré le porte-parole du département d’État. L’ambassadeur américain en Israël, Martin Indyk, qui doit prochainement quitter son poste, a lui aussi fustigé mercredi soir à la télévision israélienne ces liquidations. Pour Andrew Killgore, ancien ambassadeur américain au Qatar, «le fait qu’Ariel Sharon soit Premier ministre rend nos relations avec Israël très embarrassantes». «Les Israéliens vont devoir admettre qu’ils ne peuvent prendre toute la Cisjordanie et la bande de Gaza», a-t-il affirmé. En attendant que l’État hébreu parvienne à cette conclusion, les États-Unis pourraient «vouloir reconsidérer leur rôle» dans la région, a-t-il estimé. Le plus probable, estime pour sa part Ann Joyce, qui publie la revue du Middle East Policy Council, un groupe d’experts du Proche-Orient, est que l’Administration «va insister sur une application du rapport Mitchell afin de tenter de réaliser quelques petits progrès» sur le terrain. Selon elle, le président Bush va continuer à soutenir de façon voilée la politique du gouvernement Sharon en raison de sa volonté de ne pas se mettre à dos le puissant lobby juif au Congrès. Mais, conclut-elle, «à court terme, l’avenir semble bien sombre».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Administration Bush, apparemment incapable de freiner la spirale de la violence entre Israël et les Palestiniens, paraît décidée à réexaminer sa politique à l’égard de ce conflit qui s’enlise. Ni l’envoi au Proche-Orient du chef de la CIA George Tenet ni même la tournée dans la région du secrétaire d’État Colin Powell n’ont permis une avancée vers un retour des parties à la table des négociations. «L’idée prédominante aujourd’hui à Washington est de repenser complètement la politique américaine dans cette région», explique le professeur Mary-Jane Deeb, une spécialiste des relations entre les États-Unis et le Proche-Orient. C’est pourquoi, estime-t-elle, «l’Administration n’a pas pour l’instant d’autre choix que de marquer le pas». En tout état de cause, le rapport de la commission...