Le général Ratko Mladic restera dans l’histoire comme le chef militaire des Serbes de Bosnie qui a commandé le siège meurtrier de Sarajevo et le massacre de milliers de civils musulmans à Srebrenica. Inculpé en 1995 par le Tribunal pénal international (TPI) de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, Mladic, 58 ans, a orchestré le siège de Sarajevo qui a duré trois ans et demi, et fait environ 10 000 morts. Stratège du nettoyage ethnique de Srebrenica, où plus de 7 000 musulmans, présumés exécutés, ont disparu après la chute de l’enclave musulmane en juillet 1995 entre les mains de ses hommes, il s’était voué à la cause de la «Grande Serbie». Né le 12 mars 1943 à Bozinovici (est de la Bosnie), Mladic a 2 ans lorsque son père est tué par les oustachis croates pronazis qui, comme les musulmans, resteront ses ennemis jurés. Colonel au corps de Pristina, au Kosovo, en 1991, il est chargé en juin par Belgrade d’organiser à Knin, en Croatie, le mouvement séparatiste des Serbes de Krajina, qui entraînera le conflit serbo-croate de 1991. La Croatie le tient dès cette époque pour un criminel de guerre, en l’accusant d’avoir décimé des villages dans l’arrière-pays de Zadar, sur la côte dalmate. Devenu leader des milices séparatistes serbes en Croatie, Mladic est promu général en 1992 et nommé commandant des forces serbes de Bosnie après le retrait de l’Armée fédérale de Yougoslavie. Il refuse une Bosnie «unifiée, où les Serbes seraient une minorité», et s’illustre en menant une lutte acharnée durant le conflit en Bosnie pour percer un couloir vital entre les territoires de l’est et de l’ouest du pays contrôlé par les Serbes. Début 1995, une rivalité oppose Mladic, proche de Belgrade, au leader politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, après que Slobodan Milosevic, alors président de Serbie, se fut adressé au chef militaire pour arrêter les combats et signer l’accord de paix. Karadzic, qui avait rompu officiellement avec Milosevic en août 1994, voit dans cette démarche un affront et tente sans succès d’éloigner Mladic. En 1997, sa mise à l’écart est définitive. Présidente de la Republika Srpska (RS), l’entité des Serbes de Bosnie, Mme Biljana Plavsic, qui a succédé à Karadzic, limoge le commandant des forces serbes bosniaques, sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis juillet 1996. Il se retranche alors un temps dans le quartier général de l’armée de la RS, situé dans un bunker à Han Pijesak (environ 60 km au nord-est de Sarajevo), et défie les troupes de l’Otan en Bosnie en menaçant de répandre un bain de sang si on tente de l’arrêter. On l’apercevra à Belgrade quelques mois avant la chute de l’ancien président Slobodan Milosevic et on estime généralement qu’il a regagné le territoire de la RS depuis la chute de l’ex-président yougoslave. Florence Hartmann, porte-parole du procureur du Tribunal pénal international de La Haye Carla Del Ponte, estime même qu’il est sous la protection de l’armée de la RS, qu’il a autrefois commandée.
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