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Actualités - Chronologies

En marge du 2e congrès de pathologie cardio-vasculaire - La relation médecin-malade

Au récent congrès de l’Association franco-libanaise de pathologie cardio-vasculaire, tenu à Beyrouth du 30 mai au 2 juin 2001, le Pr J. P. Delahaye, au cours de sa conférence inaugurable, a traité d’un thème particulièrement important autant pour les hommes de sciences que pour chacun d’entre nous : la relation médecin-malade; comment se vit-elle à l’aube du troisième millénaire ? Qu’une personnalité médicale de l’envergure du Pr Delahaye choisisse de développer ce sujet, au début d’une ère qui s’annonce pleine de changements, constitue une occasion de réflexion privilégiée autant pour les spécialistes que pour un plus large public. Ancien professeur de cardiologie à l’Université de Lyon 1 et président honoraire de la Société française de cardiologie, le Pr Delahaye a réussi à cerner avec autant d’érudition que d’humanisme une relation que les grands bouleversements et progrès scientifiques appellent à évoluer. Comme le précise cet éminent spécialiste, la triple approche éthique, déontologique et juridique est appelée à s’élargir. Ne pouvant reproduire in extensio le texte de cette magistrale intervention, nous nous limitons à certains passages d’un intérêt incontestable pour chacun d’entre nous... «La relation médecin-malade suscite aujourd’hui l’intérêt des philosophes, des juristes et, bien évidemment, aussi celui des médecins, indique le Pr Delahaye. Au cours de la dernière décennie, le débat s’est cristallisé autour de l’opposition entre le modèle “paternaliste” basé sur le principe “faire du bien dans l’intérêt d’autrui” et le principe du respect de l’autonomie du malade». Or, ces deux principes s’avèrent plus complémentaires que contradictoires. La relation médecin-malade ajoute d’autres valeurs à celles de responsabilité (exaltée par le modèle «paternaliste» et le principe de l’autonomie du malade). Paternalisme et autonomie Selon le Pr Delahay, le modèle paternaliste ne peut être acceptable aujourd’hui. L’efficacité accrue des traitements limite les situations de grande dépendance ou celles où la décision du médecin était d’un poids capital. L’évolution, les progrès et les performances thérapeutiques rendent aussi pareilles circonstances de moins en moins fréquentes. Même si le paternalisme médical persiste dans certaines circonstances ou dans certains environnements, le patient n’est plus le personnage passif, peu informé, se déchargeant totalement sur le médecin de toute démarche concernant sa santé. D’ailleurs, même dans des cas extrêmes, les codes de déontologie insistent sur le respect de la décision du patient, en précisant toutefois «lorsqu’il est apte d’exprimer sa volonté». Autrement, seule l’urgence justifie l’initiation des soins appropriés sans le consentement du malade ou de son représentant légal, s’il n’est pas en état d’exprimer sa volonté. «Il convient d’ajouter, précise le Pr Delahaye, que dans certaines situations particulières, certaines personnes préfèrent renoncer, en toute liberté, à leur autonomie décisionnelle, se remettant au médecin traitant, le chargeant ainsi d’une responsabilité accrue». Afin d’éviter, dans certaines circonstances, que l’autonomie ne devienne une contrainte, elle est révocable, selon les vœux légitimes de toute personne inapte à comprendre des notions concernant son état ou des informations y ayant trait. Le code des droits du malade Publiée en 1972 par l’American Hospital Association, la charte des droits du patient («Patient’s Bill of Rights») s’est référée, la première, à l’ensemble des dispositions les concernant. En 1981, la déclaration de l’Assemblée médicale mondiale de Lisbonne a annoncé que «tout adulte compétent a le droit d’accorder ou de refuser son consentement à toute démarche, qu’elle soit dans le domaine diagnostic ou thérapeutique». Le patient a également droit à une information nécessaire, lui permettant de prendre une décision. Ce qui implique la connaissance précise de l’objectif d’une exploration, d’un traitement, d’un examen, mais aussi des effets de leurs résultats et des conséquences d’un refus du traitement proposé. En 1995, le code de déontologie médicale a confirmé que «le médecin doit à la personne qu’il examine, soigne ou conseille une information claire, loyale et appropriée sur son état, les investigations et les soins proposés. En ajoutant que le consentement de la personne examinée ou soignée doit, dans tous les cas, être recherché au préalable». Les mêmes dispositions et les mêmes termes sont repris dans la charte du patient hospitalisé, concernant l’information due au malade et la nécessité de son approbation. «Le soignant se doit, confirme en insistant le Pr Delahaye, de restituer toute sa liberté de vivant au soigné, pour demeurer dans la situation du face-à-face éthique, sans profiter de la faiblesse d’un homme pour exercer un pouvoir sur lui». Les difficultés, certes, existent et on sait combien les principes abstraits prêtent le flanc à des interprétations incertaines ou ambiguës. Les modèles théoriques, par ailleurs, ne cernent pas tous les aspects de la relation médecin-malade, rappelle l’auteur.
Au récent congrès de l’Association franco-libanaise de pathologie cardio-vasculaire, tenu à Beyrouth du 30 mai au 2 juin 2001, le Pr J. P. Delahaye, au cours de sa conférence inaugurable, a traité d’un thème particulièrement important autant pour les hommes de sciences que pour chacun d’entre nous : la relation médecin-malade; comment se vit-elle à l’aube du troisième millénaire ? Qu’une personnalité médicale de l’envergure du Pr Delahaye choisisse de développer ce sujet, au début d’une ère qui s’annonce pleine de changements, constitue une occasion de réflexion privilégiée autant pour les spécialistes que pour un plus large public. Ancien professeur de cardiologie à l’Université de Lyon 1 et président honoraire de la Société française de cardiologie, le Pr Delahaye a réussi à cerner avec...