Le leader du Bloc national, M. Carlos Eddé, a estimé que le budget que vient de voter le Parlement comprend des chiffres irréalistes aussi bien au chapitre des recettes qu’à celui des dépenses. Selon lui, les recettes de l’État ne dépasseraient pas les 3 milliards de dollars, tandis que les dépenses se situeront aux alentours de 7,5 milliards. Entre les chiffres avancés par le budget et ceux de M. Eddé, il existe un écart d’un «petit» milliard de dollars. Voici le texte du communiqué publié par le leader du BN à ce sujet : «Avec six mois de retard et une série de longues séances parlementaires houleuses, au cours desquelles le gouvernement avoue une incapacité d’appliquer la loi relative aux écoutes téléphoniques et confirme l’existence d’un trafic illicite de communications téléphoniques internationales, aux dépens du Trésor libanais, les députés approuvent une loi de finances aussi opaque que mal préparée. Je relève les anomalies suivantes : «1. Au total, les dépenses atteindraient 6,57 milliards de dollars pour des recettes de 3,25 milliards. À regarder de plus près, il est certain que les recettes sont quelque peu gonflées et surtout les dépenses très sous-estimées. Compte tenu des recettes enregistrées au cours des deux derniers exercices et pour les premiers 5 mois de l’année en cours, les revenus de l’État ne dépasseraient pas les 3 milliards de dollars, alors que du côté des dépenses, le budget ne prend pas en compte les coûts des projets du CDR sous prétexte qu’ils sont financés par des prêts externes, ni le déficit de l’EDL pour qui on prévoit un rééquilibrage par des contrats d’approvisionnement en fuel oil à long terme, ni les avances aux municipalités, supposées couvrir certaines dépenses prises en charge jusqu’à présent par le Trésor, ni les contributions obligatoires de l’État à la CNSS sous prétexte que cette institution enregistre des excédents. Sans oublier les éventuels imprévus, surtout si l’on engage des programmes d’indemnisation pour les licenciements de salariés dans le secteur public. En tenant compte de tous ces agrégats et dans la meilleure des hypothèses, les dépenses réelles dépasseraient la barre des 7,5 milliards de dollars. «2. Le budget prévoit un service de la dette aux environs de 2,85 milliards de dollars, soit près de 10 % de la dette cumulée. Ce montant est nettement insuffisant pour financer les seuls intérêts de l’endettement public, dont la moyenne dépasse les 13 %, sans compter les remboursements des dettes qui viennent à échéance en cours d’exercice. Pour mieux tenir compte du déficit public, le ministre des Finances nous avait annoncé lui-même une augmentation de notre endettement de près de 4 milliards de dollars pour 2001. «3. Autre risque de dilapidation des deniers du contribuable : l’approbation par les parlementaires d’une annexe au chapitre des dépenses pour un total de 1,8 milliard de dollars pour “un plan équilibré de développement des régions”, à financer par des protocoles et des de prêts externes non utilisés. Nous ne disposons d’aucun élément chiffré pour cette rallonge, qui représenterait en fait des promesses de partage politique entre les différents pôles du pouvoir. En l’absence d’une budgétisation précise, ces dépenses supplémentaires s’accompagneraient probablement de gaspillages et présentent de grands risques de dérives financières. «Espérons que les donateurs externes seront plus attentifs et plus précautionneux que nos dirigeants, supposés être les agents fiduciaires du contribuable libanais, au même titre que le banquier vis-à-vis de son déposant».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le leader du Bloc national, M. Carlos Eddé, a estimé que le budget que vient de voter le Parlement comprend des chiffres irréalistes aussi bien au chapitre des recettes qu’à celui des dépenses. Selon lui, les recettes de l’État ne dépasseraient pas les 3 milliards de dollars, tandis que les dépenses se situeront aux alentours de 7,5 milliards. Entre les chiffres avancés par le budget et ceux de M. Eddé, il existe un écart d’un «petit» milliard de dollars. Voici le texte du communiqué publié par le leader du BN à ce sujet : «Avec six mois de retard et une série de longues séances parlementaires houleuses, au cours desquelles le gouvernement avoue une incapacité d’appliquer la loi relative aux écoutes téléphoniques et confirme l’existence d’un trafic illicite de communications téléphoniques...