Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a admis hier à la radio israélienne que des divergences étaient apparues lors de sa rencontre mardi avec le président George W. Bush à Washington sur le gel de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens. «Sur le sujet de la colonisation, les Américains ont une position différente de la nôtre, c’est légitime et cela ne porte pas atteinte à nos relations, au contraire. Il fallait que les choses soient dites de façon claire et mises sur la table», a affirmé à la radio militaire M. Sharon qui se trouvait à Washington. M. Sharon a réaffirmé que les constructions devaient se poursuivre dans les colonies pour répondre à la croissance de la population des colons. «Le gouvernement d’union nationale formé en mars s’est engagé à ne pas créer de nouvelles colonies, à ne pas confisquer de nouveaux terrains, il y aura un gel de la construction sauf dans les secteurs déjà constructibles pour répondre aux besoins de la population», a affirmé M. Sharon. Selon le commentateur de la radio, le président Bush a plaidé durant l’entretien avec M. Sharon pour un gel immédiat et total de la colonisation, préconisé par le rapport Mitchell, du nom d’un ancien sénateur américain. Sur la question de l’arrêt total de la violence exigé au préalable par M. Sharon, d’importantes divergences sont également apparues avec le président Bush. Le président américain a estimé, toujours selon la radio, qu’il était possible d’aller de l’avant même si les violences n’ont pas cessé totalement sur le terrain. «Il faut être réaliste : sans un arrêt total de la violence, du terrorisme et des campagnes d’incitation à la violence des Palestiniens, nous ne pourrons pas arriver à la paix», a souligné M. Sharon. Interrogé à la radio publique sur ce qu’il entendait par «arrêt total de la violence», M. Sharon a souligné que cela concernait «les tirs d’obus de mortier, les voitures piégées, le jet de bouteilles incendiaires». Le président Bush a en revanche affirmé qu’il fallait rompre «la spirale de la violence», tout en estimant qu’il fallait profiter des progrès déjà réalisés pour aller de l’avant. «Je reconnais que ces progrès se mesurent en pouces et pas en miles, mais un pouce est mieux que rien», a-t-il souligné. M. Sharon a réaffirmé que «lorsque la violence, le terrorisme et les incitations à la violence cesseront et qu’il y aura eu 10 jours de calme total, nous pourrons passer à la période d’accalmie, et si le calme total règne durant cette période, nous pourrons passer à l’étape des mesures destinées à renforcer la confiance qui devrait durer 3 à 4 mois selon nous».
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