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Actualités - Chronologies

Le Dr Harold Shipman aurait tué 236 de ses patients

Une enquête publique a été ouverte hier à Manchester pour tenter d’éclaircir l’une des plus sombres énigmes de l’histoire criminelle britannique : combien de dizaines ou de centaines de ses patientes le «bon» docteur Shipman a-t-il tué ? Condamné à la prison à vie pour 15 meurtres en janvier 2000, Harold Shipman, 55 ans, est d’ores et déjà le plus grand tueur en série britannique. Mais le nombre total de ses victimes pourrait être vertigineux. Au moment de son arrestation, il y a trois ans, le nombre de décès enregistrés à son cabinet atteignait une moyenne d’un par semaine. Un rapport gouvernemental publié l’an dernier estimait vraisemblable que le docteur Shipman ait tué environ 236 de ses patients, presque exclusivement des femmes. Mais la présidente de l’enquête publique, Dame Janet Smith, a annoncé que 466 décès suspects survenus pendant ses 25 années de pratique de la médecine seraient examinés, et peut-être même 152 supplémentaires. Caroline Swift, l’une des juristes participant à cette enquête, s’est efforcée hier de dresser, à grands traits, le portrait du mystérieux médecin de famille, qui jouissait de l’estime de ses patients et de leurs familles. Harold Shipman, qui a commencé à travailler en mars 1974 à Todmorden (nord), avait d’emblée impressionné ses collègues par «son enthousiasme et sa connaissance des techniques médicales modernes», a-t-elle déclaré. Mais très vite, il était apparu qu’il commandait des doses «anormalement élevées» d’un médicament antidouleur, la péthédine. Une première enquête n’avait toutefois pas révélé de faute professionnelle. «Il semble que le Dr Shipman jouisse de l’estime (de ses collègues) et il est décrit comme très efficace, compétent», avait conclu un rapport de police. Mais les commandes anormalement élevées de ce médicament avaient continué. La police avait à nouveau enquêté et Harold Shipman avait reconnu être devenu dépendant de cette drogue. «Je n’ai pas l’intention de revenir à une pratique générale (de la médecine) ou de travailler à un poste où je pourrais obtenir de la péthédine», avait-il alors affirmé. En février 1976, il avait été reconnu coupable de 82 infractions à la législation sur les stupéfiants. Selon Caroline Swift, le chiffre de 700 ampoules de péthédine – soit quelque 700 000 milligrammes – avait été avancé. Le Conseil de l’ordre des médecins n’avait toutefois pas pris de sanction contre le Dr Shipman. Et en octobre 1977, moins de deux ans après avoir promis qu’il ne reviendrait pas à un exercice de la médecine généraliste, Harold Shipman avait commencé à travailler au sein d’un cabinet médical à Hyde, près de Manchester. «Il travaillait dur et est devenu populaire auprès des malades», a noté Caroline Swift. En 1992, il s’était installé à son compte et, très vite, sa popularité était telle que les gens faisaient la queue pour une consultation. À l’exception de quelques personnes qui le trouvaient arrogant, «la majorité de ses malades et de ses collègues le tenait en haute estime, pensant sincèrement que la santé de ses patients était sa priorité», a souligné Mme Swift. Ce n’est qu’en 1998 que les premiers soupçons sont apparus sur le nombre anormalement élevé de décès parmi ses malades les plus âgés et les circonstances étrangement similaires de leur mort.
Une enquête publique a été ouverte hier à Manchester pour tenter d’éclaircir l’une des plus sombres énigmes de l’histoire criminelle britannique : combien de dizaines ou de centaines de ses patientes le «bon» docteur Shipman a-t-il tué ? Condamné à la prison à vie pour 15 meurtres en janvier 2000, Harold Shipman, 55 ans, est d’ores et déjà le plus grand tueur en série britannique. Mais le nombre total de ses victimes pourrait être vertigineux. Au moment de son arrestation, il y a trois ans, le nombre de décès enregistrés à son cabinet atteignait une moyenne d’un par semaine. Un rapport gouvernemental publié l’an dernier estimait vraisemblable que le docteur Shipman ait tué environ 236 de ses patients, presque exclusivement des femmes. Mais la présidente de l’enquête publique, Dame Janet Smith, a...