Jack Welch, patron de General Electric, s’est impliqué directement pour tenter d’arracher le feu vert de Bruxelles au rachat d’Honeywell par son groupe, en tentant d’en faire une affaire d’État. Sans sa décision en octobre dernier de racheter le groupe diversifié Honeywell, le mythique patron de General Electric serait déjà depuis plus de deux mois à la retraite. Au lieu de cela, ce fils de cheminot devenu megastar du business, a décroché son téléphone pour appeler la Maison-Blanche et filé en Europe négocier ce qu’il appelait en octobre «le plus grand deal dans l’histoire de GE». Face aux réticences de la Commission européenne, Jack Welch fait remonter le dossier très haut. Il y a quelques jours, Jack Welch a appelé Andrew Card, le secrétaire général à la Maison-Blanche pour lui demander le soutien du président américain George W. Bush qui doit s’embarquer pour une tournée européenne, selon le quotidien Wall Street Journal dans son édition jeudi. Le dossier de la fusion GE-Honeywell et les négociations avec la Commission européenne sont «un sujet que l’administration américaine peut aborder à la réunion» entre George W. Bush et l’Union européenne, avait fait savoir le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, avant le sommet jeudi à Göteborg. Il n’en a rien été. À l’issue de la réunion entre le président américain et l’Union européenne, le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy a assuré que le sujet n’avait pas été abordé. Certes, mais le dossier a été discuté juste au niveau inférieur et notamment par Pascal Lamy et son homologue américain Robert Zoellick. «J’en ai discuté avec mes collègues européens», avait souligné mercredi Robert Zoellick, représentant au Commerce du président Bush, en notant que «les États-Unis ont un intérêt fort dans un traitement juste» de cette fusion par les Européens. «À l’évidence c’est un dossier important», avait concédé Robert Zoellick sans cacher qu’une affaire touchant des entreprises américaines débordait sur le politique. «Une intervention politique c’est quelques chose qui peut toujours se passer, qui s’est déjà passée, mais la Commission ne veut pas en être impressionnée», reconnaît Amelia Torres, porte-parole de Mario Monti, le commissaire européen à la concurrence «Toutes les fusions sont traitées de la même façon, les considérations sont celles de la concurrence, peu importe le siège de la société concernée», poursuit cette porte-parole. Ce côté inflexible s’est ressenti dans les propos de Jack Welch jeudi. À l’évidence Jack Welch est ressorti découragé mercredi de ses deux rencontres avec Mario Monti. Jeudi, Jack Welch a affiché son pessimisme sur les chances de réussite de son dernier coup de poker. «Les demandes incroyables de la Commission européenne vont bien au-delà», de ce que General Electric peut accepter, a déploré Jack Welch. Un commentaire pris comme un renoncement par Bruxelles qui souligne qu’«aussi longtemps que la notification de fusion ne sera pas retirée, la Commission poursuivra sa procédure d’examen».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jack Welch, patron de General Electric, s’est impliqué directement pour tenter d’arracher le feu vert de Bruxelles au rachat d’Honeywell par son groupe, en tentant d’en faire une affaire d’État. Sans sa décision en octobre dernier de racheter le groupe diversifié Honeywell, le mythique patron de General Electric serait déjà depuis plus de deux mois à la retraite. Au lieu de cela, ce fils de cheminot devenu megastar du business, a décroché son téléphone pour appeler la Maison-Blanche et filé en Europe négocier ce qu’il appelait en octobre «le plus grand deal dans l’histoire de GE». Face aux réticences de la Commission européenne, Jack Welch fait remonter le dossier très haut. Il y a quelques jours, Jack Welch a appelé Andrew Card, le secrétaire général à la Maison-Blanche pour lui demander le soutien...