Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Le football palestinien ne voit pas la vie en rose

Le football palestinien, contrairement au football israélien, qui vient d’obtenir à Tel-Aviv un bon résultat nul face à l’Espagne (1-1) lui permettant d’entretenir l’espoir d’une qualification pour la Coupe du monde 2002, ne voit pas la vie en rose. Il y a trois ans, le 8 juin 1998, la Fédération internationale (Fifa) décidait lors de son 51e congrès à Paris d’accueillir la Palestine comme membre à part entière. Une victoire pour la jeune Autorité palestinienne et la Fédération palestinienne de football (PFF), qui a son siège à Gaza. Mais cette reconnaissance internationale ne s’est pas doublée d’une embellie pour le ballon rond en Palestine. Ce sport est pourtant le plus populaire chez les Palestiniens, qui souffrent de voir tous leurs matches importants joués à l’extérieur. Saëb Gendiya, le libero et capitaine de l’équipe, habite à Gaza. «On vit dans la misère», dit-il, désolé, à son domicile dans le quartier populaire de Shejaiah. «Je suis marié avec deux enfants et j’ai une chambre dans la maison de mes parents». Âgé de 26 ans, il est fier du numéro 5 sur son maillot vert qu’il ne quitte pas et tient à montrer là où il s’entraîne : un terrain en bitume, même pas aux dimensions officielles. «Dur pour les articulations», explique-t-il. Comme la plupart des joueurs de la sélection, il a été engagé comme policier par l’Autorité palestinienne, grâce à un montage financier original qui lui permet de toucher une mince allocation. Compte tenu des difficultés pour se déplacer dans et hors les territoires palestiniens, actuellement bouclés par Israël, cela fait plusieurs mois que la formation nationale n’a pu se réunir au complet. «La moitié des joueurs vit en Cisjordanie, l’autre moitié dans la bande de Gaza. Même ici à Gaza, on a dû limiter les entraînements à deux par semaine et ceux du sud mettent quatre heures pour venir», raconte Saëb Gendiya. « Une mission nationale » En bordure d’un terrain stabilisé, aux buts sans filets et entouré d’un grillage percé, se tiennent les bâtiments provisoires de la fédération. Dans la pièce principale, plusieurs fanions de la Fifa, quatre ou cinq coupes, un fax, deux photocopieuses. Au mur, les plans d’un grand complexe autour d’un stade de 25 000 places qui devait être inauguré en mai dernier. «Le chantier est arrêté. Tous les matériaux doivent venir d’Israël, qui a fermé les frontières», indique Ahmed Afifi, président de la fédération. «On est donc obligé d’organiser deux championnats distincts, l’un en Cisjordanie, l’autre dans la bande de Gaza», ajoute-t-il. Joseph Blatter, le président de la Fifa, est venu à Gaza accompagné de Michel Platini, l’ancien capitaine de l’équipe de France. Ce dernier, dans une équipe d’«anciens» champions, a même joué un match contre l’élite de Palestine. De bons souvenirs pour M. Afifi, qui ne tarit pas de remerciements pour l’aide reçue de certains pays étrangers, surtout la France et l’Arabie séoudite. Mais le chemin sera long. Les territoires autonomes palestiniens ne comptent que quatre terrains, deux à Gaza et deux en Cisjordanie. Un seul de ces terrains est doté d’un dispositif d’éclairage. Et le site officiel de la PFF (www.footpal.com) est encore en voie d’achèvement. Alors qu’Israël fait partie de la zone Europe, la Palestine a disputé ses matches de qualification pour le Mondial 2002 à l’étranger, notamment à Hong Kong, du 4 au 25 mars. «Avec tous les affrontements quotidiens, les joueurs étaient très inquiets», se souvient Saëb Gendiya. «On essaie toujours de vider notre tête au moment de jouer, mais comment ne pas ressasser tous ces problèmes ?». La Palestine a finalement terminé deuxième de son groupe derrière le Qatar et a été éliminée. Malgré tout, le grand Saëb y croit. «On vit chaque match comme une mission nationale. Au nom du peuple palestinien qui défend son pays, on veut montrer qu’on existe toujours», lance-t-il.
Le football palestinien, contrairement au football israélien, qui vient d’obtenir à Tel-Aviv un bon résultat nul face à l’Espagne (1-1) lui permettant d’entretenir l’espoir d’une qualification pour la Coupe du monde 2002, ne voit pas la vie en rose. Il y a trois ans, le 8 juin 1998, la Fédération internationale (Fifa) décidait lors de son 51e congrès à Paris d’accueillir la Palestine comme membre à part entière. Une victoire pour la jeune Autorité palestinienne et la Fédération palestinienne de football (PFF), qui a son siège à Gaza. Mais cette reconnaissance internationale ne s’est pas doublée d’une embellie pour le ballon rond en Palestine. Ce sport est pourtant le plus populaire chez les Palestiniens, qui souffrent de voir tous leurs matches importants joués à l’extérieur. Saëb Gendiya, le libero...