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Actualités - Biographies

Lady Randa Ghossoub - « sings the blues »

Randa Ghossoub chante. Le blues, la bossa nova, le jazz, Bécaud ou Billie Holliday. Elle chante la musique des autres avec leurs mots mais son âme à elle, ses yeux, ses mains et son souffle profond. Avec des émotions gravées sur sa vie, des bleus, des gris, des noirs et des blancs, comme des notes musicales déposées sur son âme chantante. The lady sings the blues, les yeux humides, imbibés de toutes les images qu’elle a croisées, visages, rencontres, expériences, pays et musiques du monde. Elle a longtemps cherché sa voie, la bonne voie, pris des chemins de traverse, voyagé pour mieux revenir. Sa voix, elle l’a trouvée très jeune. Lorsqu’elle l’a trouvée, elle a compris qu’elle ne pourrait jamais vivre sans musique, sans ce langage qui lui sort des tripes ; sans s’accorder aux rythmes qu’elle aime, sans accorder sa vie à cette passion qui la saisit encore comme au premier jour. Le premier jour, elle s’en souvient encore, en souriant . «J’ai commencé chez les sœurs de Besançons avec “Silent Night”. Je devais être très silencieuse alors ! On chantait, on tirait la révérence, on descendait les escaliers puis on allait s’asseoir à côté de maman». Les nuits de Randa sont devenues bien plus bavardes, depuis. Des mots choisis. Ordonnés par les circonstances et les choses de la vie. Durant la guerre, et pour faire un pied de nez à la violence et à l’ennui, elle fredonne sa première mélodie, accompagnée par un ami et voisin guitariste. Killing me Softly était sans doute de circonstance, tuant le temps en douceur et en musique. Ressortie à l’air libre, elle étend son répertoire, se promène de la country music au jazz, du Rag Time au Retro, du Broumana Cellar au centre-ville, avec le même bonheur, celui de chanter, accompagnée par de bons musiciens. Elle achève ses études de lettres à l’USJ, tente une année de théâtre à l’Iesav, puis s’en va pour le Canada «me recycler» ; elle reprend ainsi ses études et obtient un diplôme en communication d’entreprise à l’Université de Montréal. «J’ai travaillé en tant que rédactrice pour un journal municipal, j’ai un peu chanté, j’ai rencontré de nombreux musiciens, des grandes pointures de la musique, et puis j’ai vécu». Au terme d’un séjour chargé d’expériences, plus ou moins heureuses, Randa a retrouvé le Liban, la voix plus mûre, une voix qui a également vécu. Et la voilà rien que pour nous au restaurant Teatro un dimanche soir sur deux, accompagnant Ziad Rahbani «and his band» pour une belle nuit sous les étoiles de l’émotion. « Entrez dans la lumière » C’est à dix heures précises que Randa déchire le voile de l’ambiance feutrée qui déverse ses couleurs sur la minuscule scène du Teatro ; qu’elle brise en douceur les bruits, assiettes, verres qui tintent, salutations, murmures, retrouvailles et autres mouvements d’une foule hétéroclite qui se retrouve le dimanche soir. Pas évident de faire taire les bavardages, et pourtant… Pourtant, lorsqu’elle entre en scène, dans sa lumière, sobrement vêtue de noir – «J’aime la sobriété sur scène. Je ne suis pas une Spice Girl ni une statue d’ailleurs !» –, les cheveux tirés dévoilant un large front où se devinent les nombreuses lignes de vie parcourues, lorsque Lady Ghossoub offre son sourire en intro, qu’elle caresse le micro et, surtout, lorsqu’elle esquisse les premières notes de I am a Fool to Want you, les vrais mélomanes sourient, les grands émotifs se laissent aller à une tendre chair de poule . Les autres apprennent à se taire, surpris. Et la magie prend. «Au début, je sens une adrénaline qui pompe à fond. C’est comme une impression qui monte, comme un prélude sensuel, une angoisse. Pendant, c’est l’exaltation, après, le relâchement». Avec The Shadow of your Smile, Randa ferme les yeux pour mieux voir la musique, retrouver l’ombre d’un sourire oublié, se laisser pénétrer par le rythme, puis les ouvre à nouveau, «le contact visuel est important, on recherche la sensibilité de l’autre». Sa voix prend une forme physique que l’auditoire pourrait presque effleurer du bout des doigts, qu’il touche déjà du bout du cœur. «Je n’ai pas une grande voix, de grande portée ; j’ai une voix juste, qui touche». Pendant qu’elle chante, des impressions volées circulent, «superbe !», «sa voix possède une âme» ou encore «mais où se cache-t-elle quand elle ne chante pas ici ?». Pour finir avec des applaudissements ravis, qu’elle n’a pas volés. Avant d’embarquer la foule enfin apprivoisée pour la lune, ultime escale de la soirée, et un mémorable Fly me to the Moon. Quelques instants de magie plus tard, retour sur terre où plane un délicieux goût d’inachevé et l’envie de se laisser bercer encore une fois par le blues de cette lady à la voix de velours. À très vite, Randa !
Randa Ghossoub chante. Le blues, la bossa nova, le jazz, Bécaud ou Billie Holliday. Elle chante la musique des autres avec leurs mots mais son âme à elle, ses yeux, ses mains et son souffle profond. Avec des émotions gravées sur sa vie, des bleus, des gris, des noirs et des blancs, comme des notes musicales déposées sur son âme chantante. The lady sings the blues, les yeux humides, imbibés de toutes les images qu’elle a croisées, visages, rencontres, expériences, pays et musiques du monde. Elle a longtemps cherché sa voie, la bonne voie, pris des chemins de traverse, voyagé pour mieux revenir. Sa voix, elle l’a trouvée très jeune. Lorsqu’elle l’a trouvée, elle a compris qu’elle ne pourrait jamais vivre sans musique, sans ce langage qui lui sort des tripes ; sans s’accorder aux rythmes qu’elle aime, sans...