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Actualités - Chronologies

Les Quinze multiplient les interventions dans un terrain miné

Les Européens multiplient les interventions auprès des Israéliens et des Palestiniens ainsi que les contacts avec les Américains, pour tenter d’éviter le pire au Proche-Orient, mais rien n’est encore acquis. Ce regain d’activité, encouragé par les États-Unis et qui paraît également un peu mieux accepté par Israël, est en rupture avec l’attitude inhibée des Quinze à l’égard du conflit israélo-palestinien. Signe que les choses bougent : le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et le ministre palestinien de la Coopération internationale Nabil Chaath sont attendus lundi à Luxembourg, où seront réunis les chefs de la diplomatie des Quinze, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques concordantes à Bruxelles. Une rencontre entre les deux hommes – qui se sont vus la dernière fois le 4 avril dernier à Athènes – «n’est pas exclue». La navette le week-end dernier du ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer, qui avait obtenu du dirigeant palestinien Yasser Arafat qu’il annonce un cessez-le-feu «immédiat et sans condition», après l’attentat de Tel-Aviv, avait permis d’éviter un embrasement. Ce week-end, c’est au tour du Premier ministre suédois Goeran Persson, président en exercice de l’Union européenne, et du haut représentant de l’UE pour la politique extérieure Javier Solana d’aller sur place pour aider Israéliens et Palestiniens à consolider l’arrêt de la violence. L’activation de la diplomatie européenne survient alors que les États-Unis, après une période de moindre engagement, reviennent sur le devant de la scène, ce qui conforte les Quinze dans leurs efforts pour aider les uns et les autres à instaurer un cessez-le-feu durable. Certains vont même jusqu’à évoquer une déclaration commune UE-États-Unis sur le processus de paix, ce qui serait une première. Le directeur de la CIA, George Tenet – qui a repris du service – a rencontré jeudi M. Sharon et doit s’entretenir avec Yasser Arafat. Dans l’immédiat, les Européens parent au plus urgent. Selon une source diplomatique à Bruxelles, les Quinze ont mis à la disposition de M. Arafat une «équipe de conseillers chargée de l’aider à faire respecter un cessez-le-feu», ce qui constitue une nouveauté. Les Européens sont aussi encouragés par l’unanimité internationale qui s’est créée autour du rapport Mitchell, lequel recommande tout d’abord l’arrêt des violences, l’adoption de mesures de confiance et la reprise des négociations sur les questions de fond. Cette conjoncture donne du tonus à l’UE, jusqu’à présent ramenée au rôle de bailleur de fonds. «Nous avons aujourd’hui une crédibilité croissante. Le fait que nous sommes présents sur le terrain pour tenter de rapprocher les points de vue nous permet d’inspirer confiance et d’être respectés par les deux parties», a affirmé au journal Le Monde, Javier Solana. Israéliens et Palestiniens divergent sur le calendrier pour sortir de la crise, et chacun interprète à sa façon le rapport Mitchell. Les Palestiniens considèrent que ses recommandations forment un «tout indissociable» alors que pour Ariel Sharon les colonies ont une importance «stratégique» pour la sécurité d’Israël. Le gel des colonies et la lutte de l’Autorité palestinienne contre le terrorisme font partie des «mesures de confiance» préconisées dans le rapport Mitchell. Les Palestiniens exigent en outre des échéances précises et limitées dans le temps pour aboutir à un accord final, ce que refuse Israël. Les Européens conviennent qu’on ne peut pas exiger le retour au calme sans perspectives politiques, et reconnaissent que l’envoi d’observateurs internationaux – également refusé par Israël – sera nécessaire pour s’assurer que les engagements des uns et des autres sont tenus.
Les Européens multiplient les interventions auprès des Israéliens et des Palestiniens ainsi que les contacts avec les Américains, pour tenter d’éviter le pire au Proche-Orient, mais rien n’est encore acquis. Ce regain d’activité, encouragé par les États-Unis et qui paraît également un peu mieux accepté par Israël, est en rupture avec l’attitude inhibée des Quinze à l’égard du conflit israélo-palestinien. Signe que les choses bougent : le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et le ministre palestinien de la Coopération internationale Nabil Chaath sont attendus lundi à Luxembourg, où seront réunis les chefs de la diplomatie des Quinze, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques concordantes à Bruxelles. Une rencontre entre les deux hommes – qui se sont vus la dernière fois le 4...