La diplomatie impuissante face - à la spirale de la violence
le 02 juin 2001 à 00h00
La diplomatie internationale, à commencer par celle des États-Unis, apparaît totalement impuissante à stopper la spirale de la violence qui risque d’emporter Israéliens et Palestiniens et menace la stabilité de toute la région. Malgré l’acceptation de principe la semaine dernière par les deux parties du rapport Mitchell sur les moyens de mettre fin aux violences qui ont coûté la vie à près de 600 personnes – dans leur immense majorité des Palestiniens – en plus de huit mois, les déclarations sur une «guerre» imminente se multiplient. Le président russe Vladimir Poutine résumait parfaitement le sentiment général en affirmant récemment que la situation était «quasiment hors de contrôle». Le pessimisme ambiant a été renforcé par l’échec de la première mission dans la région du nouvel envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, Williams Burns, dont l’objectif était de convaincre Israéliens et Palestiniens d’appliquer immédiatement les recommandations du rapport Mitchell. Et rien ne permettait de penser que le pape Jean Paul II, qui a dépêché cette semaine un émissaire spécial, ou le Kremlin, qui fera de même la semaine prochaine, ou encore l’Union européenne parviendront à réussir là où Washington a échoué. Malgré deux rencontres de M. Burns avec le président palestinien Yasser Arafat pour le convaincre de mettre fin aux attaques anti-israéliennes, celles-ci ont continué de plus belle. Un nouvel attentat à la voiture piégée, le quatrième en moins d’une semaine, a ainsi eu lieu mercredi. Quatre colons ont en outre péri après le départ de M. Burns (trois mardi et un jeudi) dans des embuscades tendues par des Palestiniens sur les routes de la Cisjordanie occupée, portant à son paroxysme la colère de l’extrême droite et des colons. Ceux-ci, ulcérés, ne cessent d’accroître leur pression sur le Premier ministre Ariel Sharon pour qu’il mette fin au «cessez-le-feu unilatéral» qu’il a proclamé le 22 mai et qu’il donne l’ordre à Tsahal (l’armée israélienne) de passer à l’action contre les «terroristes». Selon un sondage publié vendredi par un quotidien, 53 % des Israéliens sont opposés au maintien de ce cessez-le-feu. Pour l’heure, M. Sharon, qui s’est fait invectiver à plusieurs reprises par des colons, n’a pas cédé. Mais il a indiqué à plusieurs reprises que sa patience avait des limites. «Israël ne peut pas faire preuve de retenue indéfiniment», a-t-il ainsi déclaré jeudi à l’émissaire du pape, le cardinal Pio Laghi. L’opinion qui prévaut en Israël est que M. Sharon, qui effectue de lundi à jeudi une tournée en Europe, maintiendra ce cessez-le-feu jusqu’à son retour à Jérusalem. M. Burns lui-même a laissé percer un certain désarroi jeudi au Caire, en déclarant craindre que les efforts visant à faire appliquer le rapport Mitchell «ne soient dépassés par les événements sur le terrain».
La diplomatie internationale, à commencer par celle des États-Unis, apparaît totalement impuissante à stopper la spirale de la violence qui risque d’emporter Israéliens et Palestiniens et menace la stabilité de toute la région. Malgré l’acceptation de principe la semaine dernière par les deux parties du rapport Mitchell sur les moyens de mettre fin aux violences qui ont coûté la vie à près de 600 personnes – dans leur immense majorité des Palestiniens – en plus de huit mois, les déclarations sur une «guerre» imminente se multiplient. Le président russe Vladimir Poutine résumait parfaitement le sentiment général en affirmant récemment que la situation était «quasiment hors de contrôle». Le pessimisme ambiant a été renforcé par l’échec de la première mission dans la région du nouvel envoyé...
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