Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a promis hier des sanctions exemplaires contre les personnes impliquées dans les émeutes de Kabylie, qu’il a qualifiées d’actes de «sédition». Lors d’un discours prononcé à l’occasion de la Journée du Coran, Bouteflika a toutefois ignoré la principale revendication des manifestants kabyles, qui réclament le retrait de la gendarmerie de la principale région berbère d’Algérie. «Des sanctions sévères sont inévitables, des sanctions qui soient claires et adaptées aux violations de la loi, d’où qu’elles viennent», a-t-il déclaré à la radio algérienne. La gendarmerie nationale est tenue pour responsable de la mort de 51 manifestants depuis le meurtre en garde à vue le 18 avril d’un jeune Kabyle, dont la mort a déclenché une vague d’agitation dans cette région traditionnellement rebelle à l’est d’Alger. Des manifestations ont éclaté depuis à Tizi Ouzou, Bedjaïa et Bouira, où les principaux bâtiments publics ont été saccagés ou incendiés par les émeutiers, a affirmé le ministère de l’Intérieur. Quelque 280 manifestants ont également été blessés. Selon un responsable de la sécurité algérien, un gendarme a été tué et un millier d’autres blessés. Bouteflika, qui ne s’était exprimé publiquement qu’une seule fois au sujet de cette crise, est revenu dimanche sur la question alors que se prépare pour jeudi une grande manifestation à Alger, à l’appel du Front des forces socialistes (FFS), un parti kabyle. « Ceux qui ont attisé la sédition » Lundi dernier, au moins un demi-million de jeunes berbères avaient manifesté dans les rues de Tizi Ouzou, la principale ville de Kabylie, pour demander le retrait de la gendarmerie. Les manifestants avaient jugée insuffisante la première mesure de Bouteflika en vue d’apaiser la colère de la population. Le président avait ordonné à une commission d’enquêter sur ces violences, une décision jugée dilatoire par la presse et les partis d’opposition. Dimanche, il a réaffirmé que les sanctions seraient prises sur la base du rapport de cette enquête. Le rapport «sera publié dans le détail afin que les mesures judiciaires et légales puissent être prises contre ceux qui ont attisé à la sédition et ont soufflé sur les braises de la division», a promis Bouteflika, sans préciser s’il s’agissait des manifestants ou des gendarmes présents en Kabylie. Selon de nombreux Algériens, les émeutes ont été déclenchées par certains généraux afin de détourner l’attention de l’opinion publique des luttes intestines au sein de l’armée et des accusations d’atteintes aux droits de l’homme. Bouteflika n’a toutefois pas dit s’il envisageait de mettre la Kabylie sous contrôle direct de l’armée. Selon certains commentateurs, la demande de retrait de la gendarmerie met Bouteflika face à un dilemme. S’il devait ordonner le retrait, cette région montagneuse serait livrée aux infiltrations de la guérilla islamiste, mais s’il fait le pari d’un essoufflement progressif de la protestation, l’opposition kabyle, pacifique, risque de se radicaliser, expliquent-ils. En commentant la crise kabyle, le président algérien a estimé dimanche qu’«après l’abominable épreuve du terrorisme, il s’agit d’une autre épreuve causée par une minorité». Dix années de conflit civil ont opposé les forces gouvernementales aux rebelles islamistes, faisant 100 000 morts depuis 1992.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a promis hier des sanctions exemplaires contre les personnes impliquées dans les émeutes de Kabylie, qu’il a qualifiées d’actes de «sédition». Lors d’un discours prononcé à l’occasion de la Journée du Coran, Bouteflika a toutefois ignoré la principale revendication des manifestants kabyles, qui réclament le retrait de la gendarmerie de la principale région berbère d’Algérie. «Des sanctions sévères sont inévitables, des sanctions qui soient claires et adaptées aux violations de la loi, d’où qu’elles viennent», a-t-il déclaré à la radio algérienne. La gendarmerie nationale est tenue pour responsable de la mort de 51 manifestants depuis le meurtre en garde à vue le 18 avril d’un jeune Kabyle, dont la mort a déclenché une vague d’agitation dans cette...