Échaudée par les mésaventures subies la veille par Amélie Mauresmo et Venus Williams, Martina Hingis n’a pris aucun risque hier pour poursuivre sa route à Roland-Garros. La Suissesse, tête de série numéro 1, a balayé l’Espagnole Gala Garcia Leon 6-1, 6-0, en à peine une heure de jeu pour son entrée en lice dans le tournoi. Affinée, apparemment plus sereine, Hingis semble décidée à ne pas laisser passer sa chance d’enlever enfin le seul tournoi du Grand Chelem qui manque à son palmarès. «Ce qui s’est passé hier (les éliminations de Mauresmo et Williams) m’a aidé à me concentrer sur mon sujet aujourd’hui», a déclaré la Suissesse. «Je n’avais aucune intention de me laisser battre au premier tour d’un tournoi du Grand Chelem», a-t-elle ajouté. En dehors de l’anecdote que constitue cette victoire sur Leon Garcia, 47e mondiale dépassée par les événements, ce premier tour fut pour la Suissesse presque idéal : un jeu perdu, et deux rivales écartées. Au jeu des pronostics d’avant-tournoi, Mauresmo et Williams étaient en effet annoncées comme les principales adversaires de la numéro un mondiale. «C’est toujours difficile d’arriver dans un tournoi comme Roland-Garros. Soudainement, tous les yeux se tournent vers vous et vous n’avez que des amis. Vous n’avez plus aucune intimité et il faut vivre avec ça», a-t-elle dit. Si Mauresmo, qui l’avait battue lors de ses deux derniers tournois sur terre battue, n’est plus de la partie, Hingis conserve de sérieux obstacles sur sa route vers un premier titre, à commencer par Jennifer Capriati, qui l’a dominée en finale des Internationaux d’Australie et plus récemment à Charleston. L’Américaine a elle aussi franchi sans encombre le premier tour face à la Française Émilie Loit. Arantxa Sanchez Vicario, seule joueuse en lice à avoir déjà remporté le tournoi, et sa compatriote Conchita Martinez, finaliste l’an dernier, sont elles aussi toujours présentes dans un tournoi qu’elles affectionnent. Gala Leon est bien loin du niveau des deux chefs de file du tennis espagnol et il n’y a pas grand-chose à dire de sa prestation de mardi : un jeu glané dans la première manche, une balle de break obtenue dans la deuxième. Comme souvent dans ces matches à sens unique, le public en fut réduit à applaudir à tout rompre ses rares points gagnants. Difficile, en conséquence, de juger vraiment du jeu d’une Hingis par trop supérieure. Une raison, peut-être la réconciliation avec sa mère... Hingis, jamais (vraiment) sans sa mère Leur rupture annoncée avait défrayé la chronique : la réconciliation entre Martina Hingis et sa mère est passée plus inaperçue. Elle est désormais consommée et la numéro un mondiale s’entraîne bel et bien avec Mélanie Molitor à Roland-Garros. Ses velléités d’indépendance n’ayant guère été couronnées de succès – elle n’a gagné aucun tournoi toute seule –, la Suissesse a décidé de se retourner vers celle qui la connaît le mieux. «En ce moment, c’est important pour moi que ma mère soit là. Elle me soutient. Tout ce qui compte, pour moi, c’est Roland-Garros. Je ne vois pas plus loin», dit-elle. «Je suis contente qu’elle soit à mes côtés parce qu’il y a des tas de choses à gérer. Dans ma position tout particulièrement, un tournoi du Grand Chelem c’est du business», insiste-t-elle. «Ça n’a rien à voir avec vos états d’âme, votre désir d’indépendance. Toute aide est la bienvenue», conclut-elle. Finie donc la brouille évoquée entre la mère et la fille. L’heure est à la mobilisation générale, vers un seul but : gagner enfin à Paris. «Je suis très heureuse qu’elle soit là. Elle est le meilleur entraîneur que je puisse avoir», assène Hingis. De fait, la séparation annoncée a été de très courte durée. La tête de série numéro un, dont l’objectif est de gagner enfin à Paris après deux finales ratées en 1997 et 1999, a déjà fait appel à celle qui l’a façonnée ces dernières semaines. «Je me suis entraînée avec elle entre les tournois, avant Berlin et Rome, et ici aussi. Je pense que c’est à mon avantage. J’essaie de me donner les meilleures chances», dit-elle. «Je sais qu’avec elle, j’irai plus loin que toute seule. Elle me dit beaucoup de choses sur mon jeu, également. On ne peut pas toujours penser à tout. C’est pour ça qu’on a un coach», assure-t-elle. En 1999, quelque chose s’était brisé en Hingis en finale contre Steffi Graf. Ses larmes de rage et de désespoir sur le court central ont certainement fait du tournoi parisien un défi particulièrement émouvant et éprouvant pour elle. «Vous savez, les champions survivent. C’est ce qu’il y a de bien avec ce sport : vous avez toujours une seconde chance. Elle vient si vous travaillez dur pour ça», lance-t-elle.
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