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Actualités - Chronologies

Le Bayern a effacé l’affront du championnat d’Europe -

L’année 2000 avait conduit le football allemand au rancart après la catastrophique prestation de l’équipe nationale au championnat d’Europe des nations. Le Bayern Munich, vainqueur de la Ligue des champions mercredi à Milan devant le FC Valence, au forceps des tirs au but, a effacé cet affront au terme d’une saison de haut vol. Il faut se souvenir en effet de l’accueil réservé par le pays au retour de la pitoyable campagne de l’Euro de juin dernier en Belgique et aux Pays-Bas. «Nous ne voulons plus vous voir !», avait menacé le quotidien populaire Bild, cochant d’une croix rouge toutes les têtes de la Mannschaft (sélection nationale) après son élimination dès le premier tour de la compétition. Pas moins de cinq joueurs actuels du Bayern figuraient parmi cette charrette d’indésirables. C’est dire si le vent a tourné. C’est dire aussi le statut à part de la formation bavaroise au sein du football allemand, dont elle n’est jamais l’exact reflet. Car alors même que l’équipe nationale commençait à prendre l’eau, pendant et après le Mondial-98 en France, le Bayern brillait en Europe. Finaliste en 1999, demi-finaliste l’an dernier, la formation pilotée par l’excellent entraîneur Ottmar Hitzfeld attendait son heure. Le sacre de San Siro mercredi marque ainsi le sommet de l’ère Hitzfeld entamée en 1998. Une palme pour l’ensemble de son œuvre bavaroise, en somme. Trois titres de champion d’Allemagne à la suite (1999, 2000 et 2001) confirmeraient si nécessaire cette distinction méritée. Quoi qu’en disent les thuriféraires du football italien, espagnol ou anglais, jugeant la marque de fabrique allemande insuffisamment glamour. Virus de la gagne Pour le football champagne, il faudra en effet repasser. En Bavière, le succès se construit dans la sueur d’une défense de fer. «Au bout de la douleur», dira le défenseur français Willy Sagnol. Comme lors de la victoire en championnat d’Allemagne acquise samedi dernier à la 93e minute face à Hambourg. Ou celle obtenue à la dernière seconde une semaine plus tôt devant Kaiserslautern. «Il faut nommer Hitchcock membre d’honneur du Bayern», lancera aussi le vice-président Karl-Heinz Rummenigge. Ce virus de la gagne, le remarquable gardien Oliver Kahn l’a lui aussi inoculé à son équipe. Sans doute parce qu’il est de ceux qui ont le plus souffert de la cruelle défaite dans les arrêts de jeu face à Manchester United en 1999. Il faut l’avoir vu bloquer trois tirs au but dans l’épreuve éponyme ou hurler sa joie sur le podium en se saisissant du trophée pour comprendre cet état d’esprit. Le discours incroyablement blessant du président Franz Beckenbauer à l’issue de la correction infligée le 6 mars par Lyon lors du 2e tour de l’épreuve (3-0) a peut-être aussi remobilisé les troupes. «On dirait une équipe de retraités. Si cela continue ainsi, vous pouvez vous chercher un autre travail», avait balancé publiquement le Kaiser à des joueurs meurtris. Depuis, Manchester et le Real sont passés à la trappe bavaroise. Et le club n’a jamais été aussi riche : 150 millions d’euros de chiffre d’affaires cette saison, dont 45 moissonnés en Ligue des champions. De quoi investir dans le rajeunissement des cadres, en vue de «restructurer totalement l’effectif» d’ici à l’été 2002, selon le manager Uli Hoeness. Les trentenaires encore fringants du Bayern, parmi lesquels l’époustouflant international français Bixente Lizarazu, savent ainsi que leurs heures sont comptées. Leur volonté de remporter ce trophée n’en était que plus forte. Valence, de son côté, devra repasser. Sa deuxième défaite consécutive en finale de la Ligue des champions après celle subie devant le Real Madrid condamne cette équipe à l’amertume. Un chemin de croix qu’avait précisément emprunté le Bayern avant d’entrevoir la lumière de San Siro.
L’année 2000 avait conduit le football allemand au rancart après la catastrophique prestation de l’équipe nationale au championnat d’Europe des nations. Le Bayern Munich, vainqueur de la Ligue des champions mercredi à Milan devant le FC Valence, au forceps des tirs au but, a effacé cet affront au terme d’une saison de haut vol. Il faut se souvenir en effet de l’accueil réservé par le pays au retour de la pitoyable campagne de l’Euro de juin dernier en Belgique et aux Pays-Bas. «Nous ne voulons plus vous voir !», avait menacé le quotidien populaire Bild, cochant d’une croix rouge toutes les têtes de la Mannschaft (sélection nationale) après son élimination dès le premier tour de la compétition. Pas moins de cinq joueurs actuels du Bayern figuraient parmi cette charrette d’indésirables. C’est dire si le...