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Actualités - Chronologies

Le canal de Panama, symbole de la rivalité avec Taïwan

Panama et l’importance de son canal pour les pays asiatiques sont l’un des meilleurs symboles de la lutte diplomatico-commerciale que se livrent à distance Taïwan et la Chine en Amérique centrale où le président taïwanais Chen Shui-bian est une visite officielle de neuf jours. Panama où réside en communauté chinoise forte de 200 000 personnes, issue de la période de la construction du canal au début du XXe siècle, a noué depuis 1949 des relations diplomatiques avec Taïwan et reconnu l’indépendance de l’île. Cette position à permis au Panama de bénéficier d’investissements taïwanais qui se sont élevés à 450 millions de dollars pour les seules cinq dernières années. Le projet le plus ambitieux (100 millions de dollars) a été mené par le groupe Evergreen dirigé par le Taïwanais Chang Yung-fa. Evergreen, sixième dans le classement des compagnies maritimes utilisant le canal, a construit un immense port pour containers, à Coco Solo, près de l’entrée «Atlantique» du canal, en obtenant une concession d’une durée de 40 ans. Le projet a été érigé sur une ancienne base navale américaine de 74 hectares. La moitié des 120 navires d’Evergreen dispose d’un pavillon panaméen et son président est à présent l’un des membres de la commission d’experts chargée d’analyser les moyens mis en œuvre pour la modernisation du canal. En marge de la construction du port, la compagnie taïwanaise a fait bâtir deux immenses tours dans la capitale panaméenne et un luxueux restaurant, l’Evergarden, exposé vers l’océan Pacifique. Le gouvernement taïwanais devrait également signer prochainement un nouvel accord pour la création d’une zone industrielle dans l’ancien camp militaire américain de Davis, le long du canal. Mais depuis 1995, en raison de l’attrait hautement stratégique sur le plan commercial du canal, Pékin est passé outre le soutien de Panama envers Taïwan en ouvrant, à défaut d’une représentation diplomatique, un bureau de développement commercial chino-panaémen, dirigé par M. Li Jong Lu. «En certaines occasions, j’appelle M. Li Jong Lu, monsieur l’ambassadeur», concède le ministre panaméen des Affaires étrangères, Jose Miguel Aleman. «Mais comme je le lui ai déjà indiqué, Panama n’a pas à se situer dans le différend entre Pékin et Taipei. C’est un problème qui leur appartient», a déclaré le ministre. Les investissements chinois ont réellement démarré deux ans avant le départ des Américains (31 décembre 1999), lorsque le conglomérat de Hong Kong, Hutchinson Whampoa Ltd, appartenant à l’homme d’affaires Li Kaching, très lié aux autorités de Pékin, s’est porté acquéreur de deux concessions portuaires pour une période de 25 ans renouvelable. L’une, à usage industriel, est située à l’entrée côté «Pacifique» du canal et la seconde se trouve dans l’ancien port de Cristobal (Atlantique), exclusivement destinée aux navires de croisières. Avec à la base un investissement de 123 millions, le port de Cristobal inauguré en octobre par la présidente panaméenne Mireya Moscoso accueille chaque mois plusieurs milliers de touristes à qui il est proposé 16 000 mètres carrés de galeries marchandes, bénéficiant d’un statut de zone franche. «Pour l’instant, Pékin n’a pas réussi à briser les liens diplomatiques très étroits qui existent entre Panama et Taïwan. Mais Panama résistera-t-il encore longtemps à la pression exercée par la Chine», s’interroge un diplomate européen en poste à Panama, illustrant l’âpreté de la lutte diplomatico-commerciale que se livrent les deux pays dans l’isthme panaméen.
Panama et l’importance de son canal pour les pays asiatiques sont l’un des meilleurs symboles de la lutte diplomatico-commerciale que se livrent à distance Taïwan et la Chine en Amérique centrale où le président taïwanais Chen Shui-bian est une visite officielle de neuf jours. Panama où réside en communauté chinoise forte de 200 000 personnes, issue de la période de la construction du canal au début du XXe siècle, a noué depuis 1949 des relations diplomatiques avec Taïwan et reconnu l’indépendance de l’île. Cette position à permis au Panama de bénéficier d’investissements taïwanais qui se sont élevés à 450 millions de dollars pour les seules cinq dernières années. Le projet le plus ambitieux (100 millions de dollars) a été mené par le groupe Evergreen dirigé par le Taïwanais Chang Yung-fa....