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Actualités - Chronologies

L’arrêt « sans condition » des violences, - une mission quasi impossible

En dépit de l’accueil favorable réservé par les Israéliens et les Palestiniens au rapport Mitchell, l’arrêt «immédiat et sans condition» des violences par les deux parties, qui constitue la base de l’initiative de paix américaine, a tout d’une mission quasi impossible. Il s’agit là d’une condition préalable à tout le reste, c’est-à-dire que sa réalisation conditionne le passage à l’étape suivante, qui consisterait en des mesures concrètes destinées à rétablir la confiance entre les deux camps. Parmi ces mesures figure le gel total de la colonisation juive des territoires, exigé par les Palestiniens, mais que le gouvernement israélien refuse. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est simplement engagé à ne pas autoriser la construction de nouvelles implantations, mais revendique le droit de construire de nouveaux logements dans les colonies existantes pour tenir compte de leur «croissance naturelle», autrement dit des naissances. Dans la pratique, le rapport Mitchell demande donc aux Palestiniens de faire le premier pas en y mettant un terme, les Israéliens n’étant appelés à faire une concession que dans la phase suivante. George Mitchell a ainsi souligné que son rapport n’établissait pas de «lien» entre l’arrêt de la violence et le gel de la colonisation, celui-ci relevant de la deuxième étape, et le secrétaire d’État américain Colin Powell lui a apporté son soutien sur ce point. Dans les milieux gouvernementaux israéliens, on ne cachait pas sa satisfaction. «Il (le rapport) est plus proche de la position israélienne», a affirmé Ephraïm Inbar, directeur du Centre Besa des études stratégiques de l’université Bar-Ilan, près de Tel-Aviv. Pour lui, la signification du rapport Mitchell est simple, même s’il ne se fait pas d’illusion sur le résultat : «Ils (les Palestiniens) ont commencé la violence et ils doivent donc y mettre fin». Officiellement, Israéliens et Palestiniens ont accepté le rapport, et donc l’appel à un arrêt des combats. Mais il est clair qu’ils en font une lecture très différente, notamment sur ce qui est attendu d’eux. La direction palestinienne a affirmé qu’elle accueillait favorablement les recommandations du rapport, «en premier lieu la demande d’un gel des activités de colonisation et de l’arrêt des violences contre les Palestiniens». Les Palestiniens ont toujours présenté l’arrêt total de la colonisation comme une contrepartie à un cessez-le-feu. La question est de savoir si le président palestinien Yasser Arafat acceptera de risquer son autorité et son prestige pour mettre au pas les nombreux groupes armés palestiniens, à commencer par ceux qui évoluent dans la mouvance de son propre mouvement, le Fateh, sans rien obtenir en échange dans l’immédiat. Selon l’analyste palestinien Zaqaria al-Qaq, M. Arafat reste maître de la situation dans son ensemble, c’est-à-dire sur le plan stratégique, mais ne contrôle pas les aspects «tactiques» de l’intifada. «Ce n’est pas comme un interrupteur» qu’on allume et qu’on éteint, explique-t-il à propos d’un arrêt des violences. Le rapport Mitchell demande notamment à M. Arafat de «reprendre immédiatement la coopération en matière de sécurité» avec Israël. En clair, cela veut dire qu’il devrait remettre en prison les militants du Hamas et du Jihad islamique, les deux organisations islamistes responsables de la plupart des attentats à la bombe anti-israéliens, libérés au début de l’intifada. Compte tenu de la radicalisation de la société palestinienne après huit mois d’intifada, cela s’annonce au mieux difficile, au pire politiquement suicidaire. L’ambassadeur des États-Unis à Tel-Aviv, Martin Indyk, l’un des trois diplomates américains chargés par M. Powell de faire appliquer le rapport Mitchell, a lui-même admis lundi que la tâche s’annonçait rude pour M. Arafat. «S’attaquer de front à une rue palestinienne, très en colère, nécessite beaucoup d’énergie et de détermination de la part d’Arafat», a-t-il dit, parlant de «circonstances très risquées».
En dépit de l’accueil favorable réservé par les Israéliens et les Palestiniens au rapport Mitchell, l’arrêt «immédiat et sans condition» des violences par les deux parties, qui constitue la base de l’initiative de paix américaine, a tout d’une mission quasi impossible. Il s’agit là d’une condition préalable à tout le reste, c’est-à-dire que sa réalisation conditionne le passage à l’étape suivante, qui consisterait en des mesures concrètes destinées à rétablir la confiance entre les deux camps. Parmi ces mesures figure le gel total de la colonisation juive des territoires, exigé par les Palestiniens, mais que le gouvernement israélien refuse. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est simplement engagé à ne pas autoriser la construction de nouvelles implantations, mais revendique le droit...